Cet article a été publié le 10 juin dernier, en anglais, sur le site web marxist.com. Nous l’avons traduit dans son intégralité. Certains événements qui y sont décrits étant en train de se produire au moment de la publication initiale, il se peut que des développements aient eu lieu depuis, ceux-ci n’étant évidemment pas traités ici.


La Coupe du Monde de football, qui se tient dans 12 villes du Brésil, débutera d’ici quelques jours. Environ 500 000 touristes sont attendus pour cet événement. Cependant, au lieu des célébrations et de la réjouissance nationale dans un pays longtemps reconnu pour ses traditions de football, il y a énormément de tension alors que s’amorce le tournoi.

Tout le pays a été ébranlé par des vagues de grèves de différentes sections de la classe ouvrière, mettant en l’avant leurs demandes durant les préparatifs menant au tournoi. Des demandes pour des augmentations de salaire ont mené à des grèves dans plusieurs secteurs, allant des conducteurs d’autobus aux policiers, en passant par les opérateurs de métro et les enseignants, ce qui a plongé de nombreuses villes du pays dans le chaos et la congestion dans les transports.

La jeunesse, les sans-abri, les autochtones et les habitants de bidonvilles dans les favelas ont aussi organisé des manifestations. Les dépenses généreuses engendrées par la Coupe du Monde font violemment contraste avec la pauvreté et la piètre qualité des services dont les masses dépendent. Cette situation a eu de grandes répercussions dans la société brésilienne. Les masses ont confronté cette hypocrisie évidente ; s’il y a 14 milliards à dépenser sur des stades et d’autres dépenses qui y sont liées, comment le gouvernement peut-il refuser de financer le transport, la santé, l’éducation, le logement et des salaires décents pour les travailleurs ?

L’incompétence des autorités concernant la construction des stades et les projets d’infrastructures qui ont été retardés ou simplement annulés, les dépassements de coûts tout comme la mort de travailleurs de la construction, toutes ces choses ont contribué à discréditer le gouvernement plus encore. Il y a une véritable panique au sein du gouvernement de coalition de la présidente Dilma à l’aube du tournoi.

Les manifestations et les grèves présentes se produisent un an seulement après la lutte inspirante ayant fait trembler le Brésil à l’été 2013. Les manifestations de l’an passé, qui avaient initialement débuté suite à une hausse du prix des billets d’autobus de 20 centavos (9 cents), étaient les plus importantes depuis la chute de la dictature militaire en 1985. L’an dernier, ces manifestations ont fait descendre dans la rue plus d’un million de personnes le 17 juin seulement.

Les révoltes présentes ne peuvent être comprises que comme une continuation de cette lutte. En effet, une manifestation a même été appelée pour le 19 juin de cette année afin de souligner l’anniversaire de la lutte de l’été 2013. Plusieurs des demandes mises de l’avant à l’époque – financement des transports publics, éducation et santé – sont également mises de l’avant aujourd’hui.

Ce qui était supposé être la « Journée au Soleil » du Brésil s’est finalement avéré être son contraire pour la classe dirigeante et Dilma Rousseff. Les festivités de la Coupe du Monde sont devenues un point focal pour toute la colère et la frustration de la société brésilienne.

Une Coupe du Monde pour qui ?

La présentation de la Coupe du Monde était censée être pour le Brésil une démonstration de sa montée comme puissance économique. Cependant, cette croissance économique n’a pas été partagée entre tous. En effet, le Brésil est l’un des pays les plus inégalitaires sur le globe. Il y a deux Brésils ; celui pour les riches, qui ont pris la plus grosse part du gâteau de la richesse croissante au pays, et celui pour les travailleurs qui ont été largement laissés de côté.

Les éruptions dans la société sont le reflet de ces réalités contrastées. Par exemple, toutes les mesures sont prises pour apaiser les patrons de la FIFA. Peu importe leurs demandes quant aux dépenses, aux infrastructures ou aux divers arrangements, tout est immédiatement accepté. Entretemps les problèmes de la population sont ignorés, et leurs conditions de vie se détériorent.

Pendant que de riches touristes et figures politiques du monde entier se font offrir la plus grande sécurité avec quelque 860 millions de dollars qui y sont dépensés, les masses vivent dans des conditions de violence et de criminalité constantes. Des quartiers entiers ont été déracinés, les habitants évincés et les maisons démolies pour paver la voie aux développements liés au tournoi de football.

Chaque droit démocratique est bafoué pour satisfaire aux exigences de la FIFA. 100 000 policiers et 60 000 soldats ont été mobilisés pour s’assurer de la sécurité durant les matchs et pour réprimer les protestataires. 20 000 gardes privés supplémentaires ont été engagés pour protéger plusieurs installations et stades.
Des favelas (bidonvilles) en entier ont été occupées par les « unités de pacification » de la police ou de l’armée. Un exemple impressionnant est celui d’une favela située près du centre de Rio de Janeiro où vivent 130 000 Brésiliens frappés par la pauvreté. Cette favela a été occupée par 2 700 soldats durant les préparatifs pour le tournoi et le sera aussi pendant la Coupe du Monde.

Il serait suffisant aussi de simplement souligner le prix des billets pour les matchs, des prix variant entre 300 et 6 000 $. La majorité des Brésiliens vivent avec un revenu mensuel de 215 $ et ne peuvent même pas rêver d’acheter des billets. Le fait que le football occupe une position importante dans la culture brésilienne rend ces faits encore plus insultants.

Une peinture murale est devenue virale sur internet, celle-ci montrant un jeune garçon très mince assis à une table et pleurant devant un ballon de football servi dans son assiette. Les sentiments des masses sont aussi reflétés dans la chanson populaire disant que tous les Brésiliens méritent de vivre dans des conditions qui répondent aux « standards de la FIFA ». Au cours du dernier mois, le support pour le tournoi a chuté rapidement. Selon un sondage du Pew Research Centre, 61 % des Brésiliens croient que d’accueillir la Coupe du Monde était une mauvaise idée puisque cela a détourné les ressources allouées aux services publics, tandis que 72 % des Brésiliens sont mécontents de la situation dans le pays. Les masses se demandent : pour qui faisons-nous tout cela ?

Les travailleurs entrent en scène

Cette situation a mené les travailleurs à mettre de l’avant leurs demandes pour l’augmentation des salaires et pour de meilleures conditions de travail. Ils refusent d’accepter les restrictions légales et les décisions de la cour concernant le droit grève et le droit de manifester durant la Coupe du monde. Les sommes d’argent dépensées pour l’événement sont très claires pour les gens. Les travailleurs en sont donc venus à se questionner à savoir pourquoi le gouvernement refuse alors leurs demandes.

Les grèves se sont répandues à travers le pays. À São Paulo, il y eut grève des enseignants, des travailleurs du métro ainsi que des conducteurs d’autobus. Cela a créé une congestion monstre dans la plus grande ville brésilienne, ce qui a seulement empiré en raison de la grève des policiers de la route.

À Rio de Janeiro, les enseignants, les ingénieurs et les agents de sécurité des banques ont débrayé. Il y eut également une grève très revendicatrice des conducteurs d’autobus à Rio. À Salvador les policiers et les conducteurs d’autobus ont été en grève, tandis qu’à Belo Horizonte, des milliers de travailleurs municipaux, incluant les éboueurs, ont été en grève depuis le début de mai. À Recife, les policiers et les pompiers ont été en grève. Il y eut également de la grogne au sein de la police militaire et leurs familles pour des pensions plus élevées.
En ce moment, on dénombre approximativement 60 conflits de travail. Les grèves des policiers se sont répandues dans 14 États, incluant 6 villes où se dérouleront des parties lors de Coupe du monde. De plus, près de 4 millions de travailleurs sont toujours en négociation de leur contrat de travail.

Les travailleurs d’aéroport et les pilotes d’avion ont menacé d’actions de grève au cours des prochaines semaines. La police fédérale et la police d’État ainsi que les officiers à l’immigration ont eux aussi brandi la menace de la grève et ont déclaré qu’ils refusaient d’obéir à une injonction les empêchant d’en faire autant durant le Mondial.

En plus du mouvement des travailleurs, il y a une mobilisation importante des autres secteurs de la société. À São Paulo, il y a eu une manifestation de 25 000 personnes organisée par le Homeless Workers Movement qui a procédé à une occupation de terres, demandant à ce que ces terres soient utilisées pour le logement. Le 27 mai dernier, une manifestation de 2 500 autochtones a eu lieu à Brasilia.

Il y a également eu des émeutes dans les favelas en réponse aux meurtres des policiers. Dans une favela près des plages de Copacabana (là où l’équipe de football anglaise est logée), des émeutes et des affrontements avec les policiers ont éclaté en réponse au meurtre par la police d’un danseur connu de la région.

Les universités ont également été fermées tôt afin d’éviter qu’elles deviennent des centres où la jeunesse pourrait s’organiser. Malgré cela, d’importantes campagnes en faveur de la gratuité scolaire, de la santé et des transports ont commencé dès 2013 dans plusieurs villes du pays.

La grève du métro et la répression d’État

La grève du métro de São Paulo a peut-être été la plus importante des grèves. Les travailleurs du métro sont tombés en grève le 5 juin en demandant des hausses de salaire. Le métro est le moyen de transport le plus important afin d’atteindre le stade où le match d’ouverture sera joué. Les travailleurs ont défié un ordre de la cour qui déclarait la grève illégale sur la base du fait que le métro est un « service essentiel ». Le syndicat a également été frappé d’une amende devant augmenter de 220 000 $ pour chaque journée additionnelle de grève.

Les policiers ont aussi été envoyés pour réprimer les grévistes en utilisant les gaz lacrymogènes, les grenades assourdissantes et les balles de plastique. Un porte-parole du syndicat a affirmé que trois travailleurs ont été blessés durant cette attaque. En réponse à cela, le syndicat a déclaré que la grève se poursuivrait « indéfiniment ». Le président du syndicat, Altino Melo dos Prazeres, a même brandi la menace que « si la répression se poursuit, nous allons parler à tous les secteurs. Si nos gens saignent, nous allons demander de l’aide des travailleurs du métal, des travailleurs de la banque, et nous allons avoir une journée de grève générale lors de l’ouverture de la Coupe. »

La grève elle-même a obtenu un support significatif au sein de la population, et des manifestations de solidarité ont eu lieu à São Paulo. Cela inclut des organisations sociales comme le Landless Workers Movement (MST) qui a rejoint les travailleurs du métro dans leurs manifestations.

Les travailleurs sont clairement enhardis par l’humeur de colère et de mobilisation généralisée. Le ralentissement économique des deux dernières années a créé une insécurité importante. Le gouvernement de Dilma Rousseff et du PT ont montré leur claire intention de procéder à des mesures d’austérité. En plus, l’inflation annuelle de plus de 6 % ronge constamment les salaires des travailleurs.

La situation amène une radicalisation et une humeur de militantisme chez les travailleurs. Ils sentent à juste titre qu’ils doivent payer pour la crise du capitalisme et pour le ralentissement économique du pays, et sentent donc le besoin de tenir bon. Les travailleurs voient l’hypocrisie du gouvernement qui dépense pour la Coupe du Monde tout en refusant de faire des concessions salariales, et sentent qu’ils ont le levier additionnel pour entrer en action maintenant.

La réponse du gouvernement de Dilma Rousseff a été de militariser la société avec des dépenses massives dans la sécurité. Cela veut dire l’utilisation de toutes les mesures légales pour stopper les manifestations et les grèves. Cela veut dire l’occupation de plusieurs favelas. Des ordres de la cour sont constamment utilisés pour déclarer certaines grèves illégales en menaçant d’amendes plusieurs syndicats. Ceci inclut une campagne d’intimidation et de harcèlement des organisations de gauche telles que « Brazilian Marxists of Esquerda Marxista », qui a fait face à des visites de la police militaire et qui a subi le bombardement de ses bureaux.

Cependant, rien de tout cela n’a ralenti le mouvement. Ces mesures ne servent qu’à exposer encore un peu plus Dilma Rousseff et le Parti travailliste, et ne font que faire grandir la colère et la hargne des travailleurs et de la jeunesse. Rappelons que c’était précisément la brutale réponse de la police aux manifestations de l’été 2013 qui ont fait que le petit mouvement a pris des proportions immenses et a gagné la faveur populaire.

Les travailleurs vont au-delà des leaders réformistes

Le gouvernement du PT ne cesse de se discréditer aux yeux des travailleurs. Le PT est un parti historiquement lié au mouvement syndical organisé. Le précédent leader du PT et précédent président du Brésil, Lula da Silva, était un syndicaliste et un travailleur du métal.

Cependant, la politique de collaboration de classe et les politiques réformistes des dirigeants du PT entraînent des trahisons. Les dépenses excessives liées à la Coupe du Monde et les lois anti-démocratiques et la répression demandées par les gangsters de la FIFA sont seulement les plus récentes trahisons des dirigeants du PT. Les politiques du parti des dernières années ont été la privatisation des secteurs publics ainsi que l’octroi de contrats lucratifs aux multinationales dans le secteur des ressources naturelles. Le parti a gouverné durant une période d’expansion massive des inégalités dans la société brésilienne.

Chez la jeunesse, il y a une colère et une amertume significatives envers les dirigeants du PT. C’était précisément le PT qui était responsable de l’envoi de la police militaire pour réprimer et asperger de gaz lacrymogènes les manifestants lors des mouvements de masse liés à l’augmentation des tarifs d’autobus de l’été 2013. Cet état de colère envers le PT et la présidente Dilma se répand jusqu’à la classe ouvrière plus large et jusqu’au mouvement ouvrier organisé.

En effet, la présidente Dilma et le patron de la FIFA Sepp Blatter ont annoncé qu’ils ne feraient pas de discours lors de la cérémonie d’ouverture de la Coupe du Monde. Ils craignent de se faire huer par la foule (comme c’est arrivé durant la Coupe des Confédérations il y a un an). Ce sera la première fois de l’histoire que la cérémonie d’ouverture n’inclura pas de discours du ou de la chef d’État. Le PT se discrédite en protégeant les intérêts des riches. Cette situation mène à une plus grande volonté des travailleurs de mener la lutte, incluant la lutte contre le PT lui-même.

Il y a un besoin urgent d’unifier la lutte de la classe ouvrière et de la jeunesse. Au lieu de manifestations et de grèves disparates, il faut qu’il y ait une lutte unifiée qui pourrait emmener des centaines de milliers, voire des millions de personnes dans le combat pour des hausses de salaire et pour le transport public, la santé et l’éducation gratuites. Le CUT (Unified Workers » Central) dispose d’un énorme pouvoir social, étant donné qu’il représente environ 7,5 millions de travailleurs. L’appel par les travailleurs de métro de São Paulo est tout à fait correct, une grève générale d’une journée est nécessaire pour défier la baisse des salaires réels, l’austérité et les mesures répressives anti-démocratiques.

Cependant, les dirigeants du CUT sont aussi liés aux politiques réformistes du PT et ont présentement des perspectives étroites qui ne vont pas plus loin que la collaboration avec les patrons. L’alliance du PT, du CUT avec les organisations des capitalistes est un obstacle de taille qui empêche l’avancement des luttes des travailleurs et des autres classes laborieuses du Brésil.

Le capitalisme en crise : le Brésil au bord de l’explosion

La période passée d’une économie florissante au Brésil signifiait que le gouvernement du Parti travailliste du président Lula pouvait offrir des concessions aux travailleurs. Les conventions collectives comportaient généralement des hausses de salaire, tandis que les programmes de lutte à la pauvreté ont sorti des millions de personnes de cet état. Cette situation a créé une certaine stabilité sociale, en plus de rendre Lula assez populaire.

Entre 2004 et 2008, le taux de croissance avoisinait les 5 %. Malgré une brève chute en 2009 à -0,3 % à la suite de l’effondrement financier, le Brésil a rebondi à 7,5 % en 2010. Plusieurs commentateurs ont présenté le Brésil comme une économie miracle.

Depuis lors, le taux de croissance s’est effondré et se tient en deçà de 2 % et selon les prévisions, la baisse va se poursuivre. Le miracle brésilien s’est transformé en cauchemar. Alors que les marchés exportateurs, particulièrement la Chine, l’Europe et les États-Unis, ralentissent, les répercussions se font sentir au Brésil. Ceci fait partie du processus dans les soi-disant « économies émergentes » des pays du BRICS et des autres pays qui ont vu une baisse rapide de leur croissance au cours des dernières années.

Le ralentissement économique signifie que la base matérielle qui permettait les concessions à la classe ouvrière s’est amoindrie significativement. Le taux de chômage est en voie d’augmenter. La croissance au Brésil était aussi dépendante de l’expansion du crédit. L’endettement du gouvernement et des ménages est très élevé. Dilma a donc fait de la responsabilité fiscale un axe majeur de sa politique.

Au lieu de concessions, le Parti travailliste sera forcé de mettre en place l’austérité et de composer avec une hausse du chômage et du coût de la vie s’il refuse de rompre avec le capitalisme. Ceci est la logique même du réformisme dans une ère de crise du capitalisme. Si vous acceptez le système capitaliste, il faut également administrer ses crises, ce qui signifie attaquer la classe ouvrière. Ce sont ces attaques qui expliquent la colère et le manque de confiance grandissants qui se développent contre les leaders du PT.

Un récent sondage montrait que 84 % des Brésiliens voient Lula, le précédent président du pays, d’un bon œil. Cependant, Dilma, qui a jusqu’à tout récemment profité d’une popularité similaire est bien vue par seulement 48 % de la population. La crise du capitalisme montre l’inhabilité du réformisme à protéger la classe ouvrière, et pousse les réformistes à entrer en collision avec les travailleurs. L’usage de la répression d’État par le PT au cours des derniers jours (et l’été dernier) contre les syndicats et la jeunesse est une démonstration flagrante de cette dynamique.

Ces événements ont des effets profonds sur la conscience des masses brésiliennes. La jeunesse et une couche croissante des travailleurs se radicalisent. En comparant les manifestations d’aujourd’hui à celles de l’été 2013, la différence majeure est l’entrée dans la lutte de la classe ouvrière. Ceci est un avertissement de ce qui est à venir.

Si les travailleurs ont certainement participé au mouvement en 2013, ils ne sont cependant pas entrés dans la lutte de manière décisive et de manière organisée. L’implication de puissants syndicats, engagés dans des actions de grèves collectives, donne maintenant au mouvement un caractère ouvrier distinct. Cela crée les possibilités pour que le mouvement devienne plus fort et puisse aller beaucoup plus loin. La lutte historique amorcée en 2013 a maintenant atteint un niveau plus élevé.

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