Le président brésilien, Michel Temer, est impliqué dans une affaire de « corruption passive » qui lui aurait rapporté 135 000 euros. Cependant, la demande de mise en accusation vient d’être rejetée par le Parlement. Les mêmes députés avaient approuvé la destitution de l’ex-présidente Dilma Roussef (PT) en 2016. Ainsi fonctionne la « justice » capitaliste. La priorité du patronat brésilien est de lancer des contre-réformes drastiques. C’est la mission de Temer ; il fallait donc le maintenir à son poste.

Nous ne défendons pas la politique menée par les gouvernements de Lula et Dilma, entre 2003 et 2016. Ils ont capitulé face aux exigences de la bourgeoisie brésilienne. Le PT vient d’élire une nouvelle direction, mais sa politique n’a pas changé. Ce parti se refuse toujours à la moindre autocritique des gouvernements Lula et Dilma – et se contente d’une timide bataille institutionnelle contre le putschiste Temer. Mais il est significatif que, malgré cela, la classe dirigeante brésilienne fasse tout pour empêcher Lula de se présenter à la prochaine élection présidentielle (octobre 2018).

En juillet, Lula a été condamné à neuf ans de prison pour corruption et blanchiment d’argent. Une confirmation de cette condamnation en appel invaliderait sa candidature à la présidentielle. Là encore, la « justice » brésilienne joue un rôle directement politique. Son problème n’est pas la corruption de Lula, mais le fait qu’il conserve une certaine popularité dans les masses – et pourrait bien remporter l’élection, s’il peut se présenter. A l’inverse, s’il en est empêché, cela pourrait précipiter une explosion sociale.

Néanmoins, après des années de trahison, le PT demeure profondément discrédité. L’opposition au gouvernement Temer se construit surtout dans la rue et dans les luttes, comme on l’a vu lors de la puissante grève générale d’avril dernier, qui a impliqué 35 millions de salariés. Depuis 2013, un processus de radicalisation a pénétré toute la société – en particulier la jeunesse, qui est en première ligne des mobilisations. Cela pourrait aboutir à une cristallisation politique autour du PSOL (Parti pour le socialisme et la liberté), qui est plus à gauche que le PT. Nos camarades d’Esquerda marxista (« Gauche marxiste ») et son organisation de jeunesse Liberdade e Luta (« Liberté et lutte ») constituent une tendance officielle du PSOL. Ils y développent un programme marxiste qui, dans le contexte actuel, rencontre un écho croissant.

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