A la fin de l’été, les incendies sont courants dans l’Ouest des Etats-Unis. Mais cette année, ils ont été particulièrement puissants. Ceux qui ont ravagé les abords de San Francisco ont donné à la ville des airs apocalyptiques. Les fumées se sont propagées jusqu’en Europe. Depuis la mi-août, ces incendies ont tué plus de 30 personnes, ont détruit plusieurs millions d’hectares de forêts et ont entrainé l’évacuation de plus de 240 000 personnes.

La sécheresse, le manque de précipitations, le vent et la foudre sont autant d’éléments qui font naître de nombreux foyers distants de plusieurs centaines de kilomètres. Les pompiers doivent alors affronter plusieurs dizaines d’incendies dans des régions escarpées, difficiles d’accès. A cela s’ajoutent les contraintes sanitaires liées à la pandémie, qui compliquent énormément leur travail. Les camps de base ont dû être reconfigurés pour limiter les risques de contagion. Beaucoup de pompiers viennent avec leur tente individuelle.

Ces incendies ne cessent de battre de nouveaux records : près de 2 millions d’hectares sont partis en fumée, soit le double du record précédent. 3,5 % de la Californie a  brûlé. Cet immense Etat américain vient de connaître cinq des sept plus grands incendies de son histoire. Or la saison des feux est loin d’être terminée : elle peut durer encore plusieurs mois.

Des « pompiers-prisonniers »

Pour aider les pompiers californiens complètement débordés par l’ampleur des incendies, des renforts sont venus de tous les Etats-Unis, et même de pays étrangers. Près de 19 000 pompiers sont mobilisés.

De plus, cette année, la Californie manque cruellement de pompiers par rapport aux années précédentes. En effet, il manque de nombreux « pompiers-prisonniers ». Ceux-ci gonflent les effectifs des pompiers depuis les années 40, et représentent environ 20 % des effectifs californiens. Or, cette année, 10 000 prisonniers ont été libérés afin que les prisons californiennes, surpeuplées, ne soient pas ravagées par le virus. Malgré cela, plus de 12 000 prisonniers et surveillants ont été contaminés.

Les « pompiers-prisonniers » sont payés quelques dollars de l’heure : une « rémunération » d’esclaves. Pourtant, la Californie a un PIB de 3000 milliards de dollars et abrite 165 milliardaires. Si c’était un pays, cet Etat serait la cinquième puissance économique mondiale ! Il ne manque donc pas de moyens.

Cette aggravation des incendies en Californie, mais aussi dans le reste du monde, est principalement due au réchauffement climatique, à la faiblesse des précipitations et à l’austérité qui règne dans les services publics de lutte contre les incendies. En conséquence, on peut s’attendre à ce que le triste record établi, cette année, soit battu très prochainement.

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