A Toulouse, il est 18h 30. Beaucoup de personnes sont tranquillement en train de discuter, place du Capitole.

Les jeunes sont les plus nombreux, ils discutent calmement, ils jonglent, beaucoup sont assis.

Tout d’un coup les forces de l’ordre bloquent toutes les rues entourant la place du capitole. Il y en a 8. Ils se mettent à hurler. Nous n’avions aucune issue, la panique s’empare de tout le monde, nous sommes comme un troupeau de bétail, les robocops hurlant, encerclant et frappant de leur bâton les personnes qui s’approchaient d’eux.

Une fois la panique installée, ils ont ouvert une des rues de la place tout le monde s’est engouffré dans cette rue pas très large, des gens tombaient, ceux qui voulaient les aider à se relever se faisaient matraquer par les flics, toujours hurlant, quelques bouteilles sont jetés sur les flics.

Et puis beaucoup sont partis. Moi aussi : j’ai 60 ans et j’ai passé l’âge de me faire massacrer par ces cons.

Mais j’étais ulcérée et révoltée. Et après j’entends dans les médias qu’il y a eu des incidents à Toulouse provoqués par les jeunes.

C’est un mensonge, ce sont les flics qui ont provoqué des incidents, ce sont eux les casseurs et les délinquants.

La racaille ce sont ceux qui les envoient, préfets, maires et bourgeois qui pensent que la place centrale de la ville n’appartient qu’à ceux qui ne contestent pas leur ordre.

Il n’y a aucune justification à cette brutalité si ce n’est de déligitimer le mouvement de contestation, de faire passer tous les jeunes pour des casseurs, de faire peur à tous ceux qui n’ont pas vus les faits et qui sont prêts à croire que les jeunes sont des hordes dangereuses et contentes d’en découdre avec les forces de l’ordre.

Et les jeunes de banlieues sont accusés injustement.

C’est une honte, et j’aimerais que toutes les organisations dénoncent cette situation, que les élus municipaux fassent une déclaration au conseil municipal, que la région et le conseil général s’insurge ; et je propose que nous réinvestissions la place du capitole en organisant un pique-nique géant soit à la fin de la prochaine manif soit un autre jour.

Cette place nous appartient, aux jeunes comme aux adultes aux banlieusards comme au centre ville. Et lorsque personne ne dégrade les lieux il n’y a aucune raison de nous en chasser. C’est ignoble et si les jeunes deviennent enragés, il sont légitimes dans leur révolte, quand on les traitent ainsi .

Je suis ulcérée.

Brigitte

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