Dans un récent article du Mercury News, des scientifiques américains faisaient état de leur utilisation du « financement participatif » via internet pour mobiliser l’argent nécessaire à leurs projets de recherche. En effet, depuis la crise économique de 2008, la recherche américaine a vu fondre les financements fédéraux et venant de fondations privées. Par exemple, le budget des agences fédérales n’est revenu à son niveau de pré-crise qu’en 2014. Au niveau mondial, l’évolution des dépenses des différents pays en recherche et développement montre clairement une érosion progressive de la part des Etats-Unis.

En dépit de cette réalité, il y a eu – et il y a encore – beaucoup d’illusions, en France et ailleurs, sur le modèle américain en matière de recherche scientifique. Il faut dire que les tenants de l’austérité et de la privatisation du savoir ont tout intérêt à maintenir cette illusion pour imposer des réformes drastiques dans ce domaine. Par exemple, en France, on assiste à la destruction méthodique des grands organes publics de financement tels que l’INSERM ou le CNRS, qui sont remplacés par un organe de financement « sur dossier » : l’AERS. Enfin, toujours dans la droite ligne du brevetage à l’américaine, l’Etat français et les directions universitaires ont pesé de tout leur poids sur les laboratoires pour les inciter à vendre au plus offrant leurs savoir-faire et leurs découvertes pour assurer leur financement.

Le recours au « financement participatif » par des chercheurs américains montre l’impasse financière dans laquelle se trouve le développement scientifique dans leur pays comme à l’échelle mondiale. Cette impasse dissipe le mirage qui ferait de l’Amérique le nirvana de la recherche – et du modèle capitaliste (compétition et privatisation du savoir) le moteur de la recherche et de l’innovation. Enfin, elle met en lumière que la crise actuelle du capitalisme est une véritable atteinte à l’avenir de la société humaine en empêchant la recherche d’avancer.

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