C’est une idée en vogue dans les milieux académiques : le « progrès » serait une vue de l’esprit, un préjugé naïf hérité du XIXe siècle. Il ne serait pas possible de repérer un progrès dans l’histoire de l’humanité, ni même un fil conducteur. Des systèmes socio-économiques se succèdent : voilà tout. Et à la limite, ils « se valent » tous.

Le marxisme réfute ce relativisme absolu. Nous affirmons que, prise dans son ensemble, l’histoire de l’humanité a marqué un progrès colossal. Et le critère de ce progrès n’est pas subjectif. Il est objectif : c’est la croissance des forces productives de l’humanité, qui s’est appuyée sur les développements de la science et de la technologie.

Ce progrès est précisément le moteur de l’histoire, le facteur le plus déterminant – en dernière analyse – dans la succession des systèmes socio-économiques. Comme l’écrivait Marx : « Les rapports sociaux sont intimement liés aux forces productives. En acquérant de nouvelles forces productives, les hommes changent leur mode de production, et en changeant le mode de production (...), ils changent tous leurs rapports sociaux. Le moulin à bras vous donnera la société avec le suzerain ; le moulin à vapeur, la société avec le capitaliste industriel. » [1]

L’essor et la chute des différents systèmes socio-économiques (esclavagisme, féodalisme, capitalisme) peuvent être expliqués en termes de capacité – ou d’incapacité – à développer les forces productives. Par exemple, le système féodal imposait d’étroites limites à l’expansion du commerce et de l’industrie. En balayant le féodalisme, les « révolutions bourgeoises » – comme la Révolution française de 1789-94 – ont ouvert la voie à la domination des rapports de production capitalistes, lesquels ont permis, pendant toute une période, de développer les forces productives à une vitesse et à des niveaux inédits.

Cependant, le capitalisme a fini par se transformer en un obstacle à la croissance des forces productives [2]. D’où, notamment, la grande crise de 2008. Aussi faut-il renverser le capitalisme, lui substituer un système socio-économique supérieur, le socialisme, qui permettra de développer harmonieusement les forces productives (sans pourrir la planète). En outre, pour la première fois de l’histoire, le socialisme permettra d’accroître la productivité du travail humain sans recourir à l’exploitation de classe. Tout le monde bénéficiera du progrès, et non plus seulement une minorité d’exploiteurs.

Ainsi, pour les marxistes, l’histoire ne dessine pas une ligne droite et ascendante. Il y a des phases de progrès, mais il y a aussi des phases de crise, de stagnation, et même de régression (comme aujourd’hui). Par ailleurs, l’histoire n’obéit pas à un « grand plan » prédéterminé. Il n’existe aucune garantie absolue que la révolution socialiste mondiale l’emportera. Et si le capitalisme parvient à se maintenir encore quelques décennies, l’humanité sombrera dans la barbarie. D’où l’urgence de construire une puissante Internationale marxiste qui jettera le capitalisme dans les poubelles de l’histoire.


[1] Misère de la philosophie (1846)

[2] C'est d'ailleurs la base matérielle des philosophies qui rejettent l'idée de progrès. Elles reflètent le fait que, sous le capitalisme, le progrès s'est arrêté.

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