Le 9 avril dernier, le Parlement ukrainien (la Rada) a voté l’interdiction de la propagande et des symboles communistes. Tous les monuments « communistes » (statues, etc.) qui n’ont pas encore été détruits par les fascistes devront être démolis. De même, toutes les villes, rues, quartiers, places, ponts, etc., qui portent le nom d’un dirigeant communiste devront être rebaptisés. Les chants et drapeaux communistes seront interdits, sous peine de 5 à 10 ans de prison.

Cette loi a été proposée par Oleg Lyashko, dirigeant du Parti Radical (extrême droite), et adoptée par 254 voix, la majorité se situant à 226 voix.

Pour justifier cette loi, le gouvernement recourt à la vieille manœuvre consistant à mettre nazisme et communisme dans le même sac. Le préambule de la loi explique qu’elle vise à « condamner les régimes criminels et totalitaires communistes et nationaux-socialistes (nazis) », à « interdire la négation du caractère criminel de ces régimes totalitaires, ainsi que la propagande et les symboles » communistes ou nazis, et enfin à « éliminer les menaces contre la souveraineté, l’intégrité territoriale et la sécurité de l’Ukraine. »

Bien sûr, la « condamnation » du nazisme n’est qu’une feuille de vigne pour masquer la condamnation du communisme. En effet, en même temps qu’elle votait cette loi, la Rada en votait une autre réhabilitant des douzaines d’organisations ukrainiennes, sous le titre de « combattants de la liberté », y compris celles qui ont collaboré avec l’occupant nazi pendant la Seconde Guerre mondiale – et qui ont perpétré des massacres de Juifs, de Polonais et d’autres minorités. C’est le cas, par exemple, de l’Organisation des Nationalistes Ukrainiens et de l’Armée Insurgée Ukrainienne. Leurs symboles sont largement utilisés, aujourd’hui, par des organisations d’extrême droite et de paramilitaires fascistes qui, en outre, font partie intégrante de l’appareil d’Etat ukrainien.

Quelques jours avant le vote du 9 avril, Dmytro Yarosh, le dirigeant du parti « Secteur Droit », qui se considère comme un héritier du collaborateur nazi Stephan Bandera, a été nommé Conseiller du Chef d’Etat-major des forces armées ukrainiennes.

A ce jour, les symboles des organisations collabos nazies et coupables de génocides sont protégés par la loi, laquelle punit toute négation publique de leur « rôle » dans la « lutte pour l’indépendance de l’Ukraine au cours du XXe siècle. »

La loi du 9 avril prévoit également de déclasser les célébrations du 9 mai, le « Jour de la Victoire », qui commémore la défaite des Nazis face à l’Armée rouge en Ukraine, en 1945. Une « journée de la mémoire et de la réconciliation » est créée, le 8 mai, pour « commémorer toutes les victimes de la Seconde Guerre mondiale » – y compris, donc, ceux qui se sont battus du côté des Nazis. Le 9 mai restera férié, mais les symboles soviétiques seront interdits. Dans la mesure où c’est l’Union Soviétique qui a joué le rôle décisif dans la défaite du Nazisme, on se demande ce que pourra bien signifier cette célébration, si les symboles soviétiques sont bannis.

Tout ceci a été voté par la Rada dans le cadre d’une nouvelle tentative d’interdire le Parti Communiste d’Ukraine, à la veille des célébrations du 70e anniversaire du Jour de la Victoire.

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