L ors des élections municipales du 8 décembre dernier, le mouvement révolutionnaire vénézuélien a remporté une nouvelle victoire face à l’oligarchie et l’impérialisme. Le Parti Socialiste Unifié du Venezuela (PSUV) et ses alliés du Grand Pôle Patriotique (GPP) ont recueilli 5,1 millions de voix (49,2 % des suffrages), contre 4,4 millions de voix pour l’opposition (42,7 %). Si on ajoute les candidats bolivariens extérieurs au GPP, le résultat des forces progouvernementales s’élève à plus de 54 % des suffrages. Le taux de participation était de 58,9 %, contre 54 % lors des élections régionales de décembre 2012.

L’opposition, avec à sa tête Henrique Capriles, avait présenté cette élection comme un référendum contre le gouvernement. Son objectif était de faire élire 100 maires. Au final, l’opposition n’a remporté que 67 mairies, contre 234 pour le PSUV et ses alliés.
Cette victoire n’était à priori pas évidente. En septembre, les sondages indiquaient une érosion du soutien au gouvernement. Ce qui a permis de remobiliser sa base, ce sont les mesures prises contre la spéculation et le sabotage économique. Des marges de plus de 1000 % ont été découvertes dans certains magasins, par exemple dans la chaîne d’informatique et d’électroménager Daka. En arrêtant des capitalistes et en forçant de grands magasins à vendre leurs produits à des prix justes, le gouvernement a fait ce que les masses révolutionnaires attendaient depuis longtemps : s’attaquer à ceux qui sabotent l’économie.

Après avoir tenté un coup d’Etat et un lock-out patronal en 2002-2003, l’opposition contre-révolutionnaire sabote systématiquement l’économie, suivant en cela l’exemple de l’opposition chilienne entre 1971 et 1973. Tout en rendant certains produits de base rares et chers, l’opposition accuse le gouvernement d’en être responsable, dans l’espoir de miner sa base dans la population.

De fait, cette stratégie a eu un certain impact sur le moral des masses révolutionnaires. Le problème est que le gouvernement s’est longtemps contenté de mesures de contrôle des changes, tout en cherchant un terrain de « conciliation » avec la bourgeoisie (ou ses éléments prétendument « progressistes » et « patriotes »). Mais ce que veut l’oligarchie, c’est reprendre le contrôle de l’Etat, des revenus du pétrole – et, surtout, en finir avec la mobilisation révolutionnaire du peuple.

Comment les capitalistes vénézuéliens pourraient-ils accepter d’investir dans un pays où les masses sont debout, luttent, font grève, ici constituent des conseils d’usine, là réclament l’expropriation de leur entreprise sous contrôle ouvrier ? La classe capitaliste se sent menacée par la révolution, avec laquelle elle ne se réconciliera jamais. Il n’y a pas au Venezuela d’« aile progressiste de la bourgeoisie ». C’est ainsi que les masses révolutionnaires perçoivent les choses – et elles attendent des mesures fortes de la part du gouvernement.

La dénonciation par le président Maduro de la « guerre économique » menée par les organisations patronales, et les mesures concrètes de contrôle de stocks de marchandises, pour les revendre à des prix justes, ont été accueillies avec enthousiasme par les pauvres et les travailleurs, comme un pas dans la bonne direction. C’est l’explication fondamentale des résultats électoraux du 8 décembre dernier. Mais le gouvernement ne pourra pas se contenter de ce type de contrôles ; ce ne sera pas suffisant. Le meilleur contrôle, c’est celui de la classe ouvrière organisée. L’oligarchie n’abdiquera pas tant qu’elle n’aura pas écrasé la révolution. Elle est en guerre, et pour gagner cette guerre, nous devons en finir avec l’aile droite du PSUV et les éléments corrompus au sein de l’appareil d’Etat. Toute conciliation sera un recul de la Révolution et un renforcement de l’opposition. Il faut passer à l’offensive et de manière décisive – en expropriant l’oligarchie !

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