En février, des documents publiés par WikiLeaks ont révélé les agissements de l’entreprise Areva (énergie nucléaire) en Centrafrique – et notamment son implication dans une affaire de corruption pour l’achat de trois mines d’uranium, en 2007. Ces documents apportent des preuves supplémentaires du pillage de l’Afrique par les entreprises françaises, privées comme publiques. Areva est en effet détenue à près de 90 % par l’État français. Or cette multinationale est aujourd’hui en grande difficulté : elle accuse près de 10 milliards d’euros de pertes et se prépare à licencier près de 9500 personnes.

Ressources énergétiques

Cette affaire de corruption, malheureusement banale, est à reliée à la présence de près de 900 soldats français en Centrafrique. Dans le cadre de l’opération Sangaris, la France est intervenue dans ce pays en décembre 2013, officiellement pour désarmer des milices et empêcher des massacres de populations civiles. En réalité, l’opération visait surtout à remettre en place un gouvernement directement inféodé à Paris, après la chute de François Bozizé, début 2013. Les violences contre les civils n’ont pas cessé. De nombreux viols ont notamment été commis par des casques bleus et des soldats français.

Loin des déclarations de François Hollande dans sa réponse à « l’appel à l’aide d’un peuple qui souffre », la véritable motivation de cette intervention était de protéger l’approvisionnement des centrales nucléaires françaises, « l’indépendance énergétique » française étant largement dépendante de l’uranium du Niger et de Centrafrique. Certains documents publiés par Wikileaks révèlent en outre que des entreprises chinoises ont essayé de s’implanter en Centrafrique, à partir de 2007, pour y rechercher des gisements de pétrole, faisant ainsi concurrence à une autre grande firme française : Total. La Chine, alors en plein développement économique, était à la recherche de sources d’approvisionnements en énergie pour son industrie. Depuis, la crise économique a provoqué une contraction générale des marchés et a encore aggravé la lutte entre les différentes puissances impérialistes pour le contrôle de ressources (comme l’uranium centrafricain) ou de marchés (Total a le quasi-monopole de la vente d’essence en Centrafrique).

L’interventionnisme français 

L’impérialisme français est en déclin depuis les années 1990. La part des exportations françaises de marchandises a ainsi chuté de 4,7 % à 3,1 % sur le marché mondial entre 2000 et 2013. Confrontée à des concurrents plus dynamiques (comme la Chine), la bourgeoisie française a eu largement recours à des interventions militaires, comme en 2013 au Mali et en Centrafrique – ou encore en 2011 en Côte-d’Ivoire. 3500 soldats français sont cantonnés en permanence dans plusieurs pays africains. Cette présence militaire permet de protéger les investissements des entreprises françaises et d’assurer la fidélité des dirigeants locaux à l’égard de Paris – le tout au frais du contribuable : les deux premiers mois de l’opération Sangaris ont par exemple coûté près de 100 millions d’euros.

Cet interventionnisme militaire de l’impérialisme français n’est pas un signe de force, mais plutôt de faiblesse. Il cherche à contrecarrer un affaiblissement économique. En comparaison, l’impérialisme allemand n’a que très peu de soldats en dehors de ses frontières – et la dernière intervention militaire britannique en Afrique subsaharienne remonte à l’an 2000.

Les travailleurs de France ont des ennemis communs avec les travailleurs d’Afrique : les mêmes dirigeants de multinationales qui exploitent et pillent ici comme là-bas. Pour les combattre, le mouvement ouvrier français doit aussi lutter contre l’occupation militaire de l’Afrique et appeler au retrait de tous les soldats français présents outre-mer.

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