Dans cette première partie d’un triptyque, Adam Booth analyse le développement de l’économie collaborative, très présente dans les médias à travers des entreprises comme AirBnB ou Über. Ces nouveaux modèles sont annoncés comme porteurs d’une nouvelle phase exceptionnellement dynamique au sein du capitalisme. La réalité s’avère cependant bien éloignée de cette promesse utopique.

« Plus ça change, plus c’est la même chose. » Alphonse Karr.


La seconde décennie du XXIe siècle est riche de technologies et d’innovations, des voitures sans conducteur aux imprimantes 3D, en passant par la montée des objets connectés, reliant hommes et équipements à travers le globe. Les techno-utopistes et les capitalistes libertaires nous ont promis un monde d’abondance, un système de production et de distribution ultra efficace et une vie de loisirs. Pourtant, quel est le lot des 99 % de la population ? Crises écologiques, stagnation séculaire et inégalités insupportables.

Pour la grande majorité, le progrès technique n’a pas été suivi d’une amélioration des conditions de vie, ni d’une augmentation des salaires ou d’une réduction du temps de travail hebdomadaire. Malgré l’incroyable potentiel scientifique et technique que la société tient du bout des doigts, les problèmes les plus fondamentaux – maladies, pauvreté, logement — ne sont pas près d’être résolus.

Loin d’être satisfaits par ce que le capitalisme a à offrir en 2015, après 7 ans de crise économique mondiale, des millions de personnes se soulèvent, s’organisent et se rebellent contre les gouvernements et les élites qui défendent ce système sénile.

La propagande continue, néanmoins. Lors du boom d’après-guerre, grâce à l’industrialisation de masse et à l’automatisation, d’aucuns ont affirmé que, « maintenant, nous sommes tous la classe moyenne ». Aujourd’hui, en dépit des sombres projections des plus sérieux économistes bourgeois, on nous dit que le prochain changement « révolutionnaire » est au prochain tournant. On raconte que, bientôt, nous serons tous des entrepreneurs capitalistes libres et libérés !

Tel est le mythe qui est répandu à travers le monde capitaliste avancé alors qu’une « nouvelle » forme d’économie est censée naître des cendres de la crise de 2008 : l’économie « collaborative », ou économie « à la demande ».

Certains parmi les utopistes et libertaires évoqués plus haut affirment, pleins d’optimisme, que nous assistons à la naissance d’une ère nouvelle, une cure de jouvence du système capitaliste. D’autres, comme Paul Mason dans son nouveau livre Postcapitalism, ont mis plus sobrement en avant les contradictions qui émergent de la rencontre entre nouvelles technologies de l’information et économie « collaborative », dans les limites du capitalisme, c’est-à-dire dans les limites de la propriété privée, des moyens de production et d’échanges, et  de la production pour le profit.

Mais qu’en est-il réellement ? Nous trouvons-nous à l’aube d’une ère nouvelle, dopée aux smartphones, avec une pléthore de services à la demande, juste à portée d’applications, de clicks et de paiements express ? L’économie collaborative représente-t’elle un changement fondamental dans l’organisation et le fonctionnement de nos sociétés ? La nature du travail et des emplois a-t’elle été radicalement améliorée grâce à la combinaison des technologies de l’information, à l’automatisation et à la mise en réseau d’une densité sans pareil ?

À portée de souris et d’écran tactile

AirBnB et Über en sont les exemples les plus connus, mais ne représentent que la partie émergée de l’iceberg de l’économie « collaborative » — ou « à la demande ». Après des chambres (ou encore des maisons voire des appartements entiers), il est désormais possible de « partager » tout et n’importe quoi, des voitures aux vélos en passant par les outils et les manuels scolaires.

De la même manière, il n’y a pas que des courses de taxi que l’on peut commander à tout moment ; il existe désormais des applications pour les demandes de nettoyage (Handy), d’approvisionnement en nourriture (Instacart) ou de livraison de repas (Deliveroo), à votre porte en quelques minutes. Des compagnies telles que TaskRabbit se chargent ainsi de mettre en relation une armée d’« exécutants » (taskers), prêts à effectuer n’importe quel travail manuel – assembler un meuble, réparer un ordinateur, livrer des colis, tondre un gazon —, avec ceux qui demandent de tels services.

Souvent confondues, les économies « collaborative » et « à la demande » affichent pourtant des différences claires et fondamentales. Elles ont toutes deux pris leur essor dans une même période, soutenues par la prolifération de smartphones, d’applications et par une population jeune, interconnectée et technophile. Néanmoins, l’économie collaborative a pour objet le soi-disant « partage » de biens, tandis que l’économie « à la demande » concerne la fourniture de services.

Le potentiel révolutionnaire offert par de telles technologies est évident. Plutôt que de produire inutilement des maisons ou des voitures qui ne seront utilisées qu’une infime partie de leur durée de vie, nous pouvons partager efficacement nos ressources et maximiser ainsi leur usage. Grâce à la possibilité de disposer d’une large gamme de services, à portée de quelques effleurements d’écran tactile, ceux disposant du temps et du savoir-faire pourront efficacement répondre aux besoins d’autres utilisateurs individuels.

Le monde orwellien de l’économie « collaborative »

Alors qu’apparaissent clairement le potentiel et les possibilités dont regorgent les économies « collaborative » et « à la demande », dans les limites du capitalisme elles ne constituent pas une révolution.

Le capitalisme, comme Karl Marx l’explique dans son œuvre majeure, Le Capital, se définit comme un système universel de production et d’échange de marchandises. Une marchandise est soit un bien, soit un service produit pour être échangé (pas pour une consommation individuelle ou collective). Si les marchandises ont existé de tout temps, il n’y a que sous le capitalisme que leur production s’est généralisées.

Un second concept inhérent à celui de marchandise est celui de la propriété privée, autre pilier du système capitaliste. Pour qu’un produit soit offert à l’échange, il faut d’abord qu’il appartienne au producteur ou au propriétaire qui est à l’origine de l’échange.

L’ensemble des échanges entre propriétaires de marchandises constitue le marché capitaliste. L’argent et le crédit lubrifient ce système et permettent de garder les marchandises en circulation. Au final, en lien avec la question de la propriété privée, nous voyons apparaître la force motrice du capitalisme : la compétition entre des producteurs individuels à la recherche de profit, obtenu par l’exploitation de la classe ouvrière.

Voilà donc les éléments fondamentaux du système capitaliste : la production et l’échange de marchandises ; la propriété privée ; le marché ; l’argent et le crédit ; le profit et les relations entre travail salarié et capital.

Quels aspects du capitalisme ont donc été « révolutionnés » par les économies « collaborative » ou « à la demande » ? Comme The Guardian le souligne, les profits n’ont certainement pas disparu :

« Rejoindre l’économie collaborative comme fournisseur de services – logement, transport ou n’importe quoi d’autre souhaité par le marché — vous donne l’opportunité de gagner de l’argent tout en faisant partie d’un “mouvement”. Voilà qui est terriblement séduisant, n’est-ce pas ?...

Mais ne vous y laissez pas prendre : c’est un business. Et vous l’oublierez à vos dépens, quel que soit votre rôle dans l’économie collaborative.

Voilà la vérité : aucune des entreprises qui ont surgi pour servir l’économie collaborative n’est… une organisation sans but lucratif. Bien au contraire : leur objectif est de réaliser des profits dans une économie collaborative bien moins formelle que celle qui existait auparavant…

… on ne devient pas une des plus puissantes sociétés de capital-risque au monde, comme AirBnb, et on n’acquiert pas une valeur de 10 milliards de dollars (plus que certaines chaînes d’hôtels) si l’on n’est qu’une partie d’un “mouvement”. Non, dans le cas présent, on a trouvé un moyen pour que la position d’intermédiaire rapporte très gros, et cela, ce sont les premières leçons du capitalisme pour les nuls. Pas un “mouvement”. »

La propriété privée existe toujours, bien évidemment. Essayez simplement de rester dans un appartement AirBnB après la date prévue et vous verrez ce qui arrivera. Nous avons toujours affaire à une économie de marché, avec de l’argent échangé contre des biens et des services, des marchandises donc. Si cela est du « partage », alors on pourrait tout aussi bien faire entrer l’entièreté des secteurs et des industries capitalistes dans la catégorie économie collaborative [NDT sharing economy, économie du partage, en anglais], vu que le soi-disant « partage » désigne ici l’échange de marchandises contre de l’argent, trait caractéristique et fondamental de tous les marchés.

Quels sont donc les aspects « révolutionnaires » de cette économie « collaborative » ? En réalité, il n’y a aucun partage. Le partage implique une certaine forme de réciprocité altruiste et/ou une propriété commune. Une telle réciprocité était (et est encore) présente chez les ancêtres de compagnies comme AirBnB ; par exemple, la communauté des CouchSurfers permet à des voyageurs de trouver gratuitement un lit pour la nuit, grâce à la sympathie des autres membres.

Non, ce que nous voyons ici n’est pas du partage. Il n’y a pas eu abolition de la propriété privée ni établissement d’une propriété collective. Au contraire, on assiste à la transformation de masse de produits privés et de biens consommés en services loués.

L’astuce de l’économie « collaborative » a été de changer le nom des choses, mais pas les choses elles-mêmes. La location et le travail salarié, qui existent depuis l’aube du capitalisme, ont simplement été rebaptisés en « collaboration ». La propriété privée et toutes les lois capitalistes qui en découlent n’ont été ni abolies ni modifiées. L’économie « collaborative » est un échange classique de marchandises qu’on a paré d’un nouvel éclat et d’une touche fantaisiste, tendance et moderne, pour l’ère internet. C’est un monde d’euphémismes dont le Big Brother de la classique dystopie d’Orwell, 1984, serait fier.

Anthony Kalamar, dans un article paru sur OpEdNews.com, décrit cet esprit contemporain de « partage » comme du « partage-washing » [NDT sharewashing dans le texte original], un gentil masque souriant de « partage » derrière lequel les entreprises cachent leur véritable nature : la recherche du profit. Lors de cette manœuvre, la possibilité d’une véritable économie collaborative – une société socialiste fondée sur la propriété commune et un plan de production – est mise de côté. Si ces entreprises peuvent parfois aider à réduire le gaspillage dans certains secteurs, au niveau social elles contribuent surtout à l’élargissement du marché.

« La différence fondamentale entre les promesses de l’économie collaborative actuelle et le torrent d’entreprises de partage-washing qui cherchent à se cacher derrière ce déguisement, est que ces dernières nécessitent inéluctablement un échange monétaire, pour le profit, en contradiction flagrante avec n’importe quelle définition du partage que votre mère a pu vous apprendre un jour…

Cela détruit la promesse même d’une économie fondée sur le partage en détournant les mots utilisés pour la décrire, transformant ainsi une réponse cruciale à la crise écologique imminente en un label supplémentaire, qui viendra renforcer la même logique économique dévastatrice qui nous a entraînés dans cette crise…

Pendant plus d’un siècle, il n’a été question que de croissance : trouver de nouveaux marchés, de nouveaux produits, trouver les façons d’inciter les gens à consommer ces produits... Elle doit croître cette économie ! Et toutes les entreprises de partage-washing à but lucratif mentionnées ci-dessus croissent aussi. Elles ne barrent pas la route aux poids lourds de la croissance de l’économie classique ; au contraire, elles les rejoignent car elles partagent la même logique de l’économie de marché : la croissance sans fin pour le profit. Ces chambres supplémentaires, ces sièges vides, ces mains inoccupées, une fois mis sur le marché, peuvent être transformés en argent. Les relations sociales qui auraient pu être caractérisées par un partage véritable sont ramenées à l’âge du calcul pécuniaire et de la logique de la croissance ». (Kalamar, Sharewashing is the new greenwashing — nous soulignons)

L’écrivain Tom Slee abonde dans ce sens dans un article pour le magazine de gauche radicale, the Jacobin :

« L’aile entrepreneuriale de ces mouvements domine les initiatives fondées, elles, sur un esprit de communauté. Cette tension a mené à un changement de modèle économique, s’éloignant de plus en plus de l’idée originelle de partage au sein d’un groupe, alors que les modèles économiques de l’économie de partage devenaient intéressants pour de grandes entreprises…

L’“économie collaborative” s’est rapidement éloignée du partage collaboratif pour aller vers des emplois précaires et déréglementés – la conséquence directe d’un financement par capital-risque et des exigences de croissance qu’il entraîne. De tels projets ne nous rapprochent pas de la société plus équitable que nous voulons voir dans un futur proche. »

L’essor des rentiers

L’économie « collaborative » se caractérise donc par la transformation de la propriété en rentes. En échange, les entreprises qui font fonctionner ces échanges entre pairs, croisant offre et demande, prélèvent une partie de la rente comme profit. À cet égard il y a donc une autre différence de taille entre l’économie « collaborative » et celle de l’archétype du capitalisme : les profits des capitalistes sont une tranche de la plus-value créée lors de la production ; les entreprises au cœur de l’économie « collaborative », elles, tirent leur profit d’une partie de la rente, qui est elle-même une partie de la plus-value générée par la production réelle.

Marx explique dans le Capital que le travail est générateur de toute nouvelle valeur économique. La plus-value est simplement le travail non payé aux travailleurs, la valeur créée par les travailleurs au-delà du prix de leur travail, empochée donc gratuitement par le capitaliste.

Cette plus-value est ensuite divisée en profits, intérêts et rentes. Les propriétaires de l’argent (banquiers et financiers), qui prélèvent les intérêts, et les propriétaires fonciers, qui prélèvent la rente, ne créent pas de valeur ajoutée et ne font que redistribuer la valeur (et la valeur ajoutée) qui a déjà été créée dans le processus de production de marchandises.

Avec la montée de l’économie « collaborative », on assiste donc au développement d’un capitalisme parasitaire de rente, à une large échelle. La principale « révolution » de l’économie « collaborative » a été de transformer la propriété personnelle en propriété privée, c’est-à-dire de transformer la propriété personnelle de dizaines de millions d’individus ordinaires en une source de profit pour les capitalistes. Pour le dire simplement : c’est la conversion massive de la petite propriété personnelle en capital.

Alors qu’AirBnB ou d’autres entreprises pourraient aider à une meilleure allocation de certaines ressources, elles ne réinvestissent pas leurs profits pour résoudre les problèmes de pénurie là où il y en a. En d’autres termes : elles ne font rien pour développer les forces productives.

Le cas d’AirBnB en est un parfait exemple. Cet acteur majeur de l’économie « collaborative » bénéficie in fine du manque de logements et d’hébergements à des prix abordables. Mais plutôt que de réinvestir ses profits pour résoudre le problème, comme ce serait le cas dans un plan de production socialiste, AirBnB les dilapide en publicité et marketing pour augmenter ses parts de marché. Ceci est la base de son modèle économique tout entier.

En parallèle, il existe de nombreux exemples qui illustrent comment AirBnB, loin d’aider à résoudre la crise du logement, est responsable de son exacerbation. De nombreux propriétaires, qui louaient auparavant à des locataires de longs termes, préfèrent désormais encaisser du cash et transforment leur propriété en un bien de location de court terme ou en maison de vacances, à des taux bien plus élevés que ceux du marché de la location de long terme. Les locataires se trouvent donc poussés hors des quartiers qu’ils pouvaient autrefois habiter et l’offre de logements disponibles diminue. Plutôt que d’allouer efficacement les ressources, AirBnB contribue à en renforcer la rareté.

L’exemple d’Über illustre les mêmes aspects. Voilà une compagnie qui exploite les graves difficultés de transport dans de nombreuses villes à travers le monde. Über ne réalloue pas ses bénéfices dans les transports publics : comme AirBnB, l’entreprise écoule ses profits en publicité et marketing. Bien évidemment, comme Über est une compagnie privée à but lucratif, cela est parfaitement sensé. Über, AirBnB et d’autres ne font que suivre la logique et les lois du système capitaliste, mû par la compétition et la recherche du profit.

De la même façon, les entreprises de l’économie « à la demande », en considérant leurs travailleurs comme « indépendants » plutôt que comme « employés », évitent toute obligation de formation ou de fourniture d’équipement. Plutôt que d’investir pour améliorer les compétences et les outils de la force de travail « à la demande », et aider ainsi à augmenter la productivité du secteur, ces entreprises ne font que tirer le maximum du chômage de masse ainsi que du travail improductif et sous-payé qui frappe des pans entiers de la société, conséquence directe de la crise du capitalisme. Au lieu d’aider au développement des forces productives, ces compagnies profitent des symptômes de la stagnation de nos sociétés.

Dans ce contexte, il existe une autre différence de taille entre l’économie « collaborative » et un véritable plan socialiste de production : alors que l’économie « collaborative » pourrait allouer les ressources plus efficacement et réduire le gaspillage dans un secteur, le rôle d’une démocratie ouvrière et d’une économie planifiée est de diriger et d’allouer les ressources (qui sont finalement du temps de travail social) à toute l’économie, selon les manques et les besoins de la société.

Sous le capitalisme, ce sont les signaux envoyés par les prix et le marché qui définissent le partage des ressources, en premier lieu en orientant les investissements. Néanmoins, ceci n’a pas lieu sur la base des besoins, mais sur un décalage entre l’offre et la demande de certaines marchandises, et sur la possibilité pour les capitalistes de réaliser des profits élevés en injectant du capital dans tel ou tel secteur.

Dans les secteurs où l’économie « collaborative » émerge, l’allocation des ressources peut donc se faire plus efficacement. Mais les compagnies qui gouvernent cette économie (ou, bien sûr, l’économie capitaliste en général) n’ont pas pour but de s’attaquer aux besoins sociaux. Elles recherchent uniquement le profit. L’allocation des ressources vers différents secteurs et à travers toute l’économie est donc laissée à l’anarchie du marché, hautement inefficace, d’où résultent les contradictions du système capitaliste : chômage de masse et surtravail ; pénurie de logements et maisons vides ; austérité et surcapacité couplée à des montagnes de capitaux inactifs, dans les mains des grandes entreprises. Loin d’être un système efficace, les contradictions internes propres au capitalisme impliquent un véritable gaspillage des ressources.

Le fait que les investisseurs injectent de l’argent dans l’économie « collaborative » — une pure économie de rente – est une autre manifestation de l’immense spectre de la surproduction (« surcapacité ») qui hante l’économie mondiale. Soutenues par des niveaux inédits d’inégalités, des montagnes de profits s’amoncellent dans les mains des 1 %. Mais avec les niveaux de surproduction atteints aujourd’hui, il y aurait peu à gagner à investir ces profits dans la production réelle. D’où l’augmentation de la spéculation, la croissance des bulles d’actifs et la montée de l’instabilité sur les marchés financiers (comme la récente chute du marché boursier de Shanghai).

Le développement d’une économie de rente par l’essor de l’« économie collaborative » n’annonce donc pas une nouvelle phase dynamique du capitalisme. Bien au contraire, elle témoigne de l’impasse atteinte par ce système, dans le développement des forces productives que sont l’industrie, la science, la technique et la technologie.

En résumé, la soi-disant économie « collaborative », loin de marquer l’avènement d’une nouvelle ère de collaboration, d’égalité et de propriété commune, n’est que l’excroissance d’un capitalisme parasitaire, excroissance parée d’un peu de rouge à lèvres pour la rendre plus attirante. Comme les prostituées qui cachaient les symptômes de leur maladie avec du maquillage, transformant leurs boutons en grains de beauté, le capitalisme pourrissant, en pleine décadence, essaye de travestir ses caractéristiques les plus abjectes en objet de vénération.

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