Le secteur de la chimie est en crise profonde. Déjà en octobre 2024, un rapport de France Chimie soulignait que, depuis 2022, le taux moyen d’utilisation des capacités de production était inférieur à 75 % et qu’au moins 15 000 emplois directs étaient menacés. Depuis, les annonces de plans sociaux et de fermetures de sites se sont multipliées. Dans la seule « vallée de la chimie », près de Lyon, les entreprises Vencorex, Polytechnyl, Symbio, Kem One et Arkema ont ainsi annoncé ces derniers mois plusieurs plans sociaux supprimant au total plus d’un millier d’emplois directs.

Concurrence et gabegie

La chimie fournit des produits indispensables à la plupart des branches de l’industrie : automobile, bâtiment, pharmacie, agroalimentaire, etc. Elle est donc très dépendante du niveau général de l’activité économique.

La crise de 2008 a provoqué une chute de la demande mondiale et renforcé la concurrence entre capitalismes rivaux. La chimie française s’est retrouvée prise en étau entre plusieurs concurrents : les Etats-Unis, très compétitifs grâce au gaz de schiste ; la Chine, qui a considérablement subventionné son industrie ; les pays du Golfe, qui ont développé de vastes complexes pétrochimiques compétitifs grâce à leur accès direct à des hydrocarbures à bas coût.

De leur côté, les grands groupes français ont cherché à préserver leurs profits en fermant les sites les moins rentables de métropole et en concentrant leurs investissements là où les coûts de production sont plus faibles. Dans les années 2010, sept raffineries françaises ont fermé, tandis que Total développait ses capacités de raffinage et de pétrochimie en Arabie saoudite.

Depuis, la crise générale de l’industrie européenne s’est accélérée, notamment suite à la hausse du coût de l’énergie provoquée par les sanctions économiques contre la Russie. La production industrielle européenne a par exemple chuté de 2 % sur l’année 2024, ce qui a encore réduit la demande en produits chimiques.

Dans le même temps, les groupes chinois ont continué de gagner des parts de marché en Europe et, contrairement aux entreprises européennes, ils bénéficient toujours du gaz et du pétrole bon marché en provenance de Russie. Récemment, l’explosion des prix du gaz consécutive à la fermeture du détroit d’Ormuz a encore frappé le secteur, même si l’ampleur des dégâts reste encore à mesurer.

Pourtant, la chimie représente toujours plus de 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires annuel et demeure l’un des premiers secteurs exportateurs du pays, ainsi que l’un des rares à conserver une balance commerciale excédentaire. Où passe donc tout cet argent ?

Les grands groupes du secteur ont privilégié les dividendes et la spéculation au détriment des investissements nécessaires à la modernisation de l’appareil productif. C’est là la véritable raison du déclin de l’industrie chimique française. L’Etat a massivement versé de l’argent public aux industriels du secteur pour les inciter à investir, mais ces sommes faramineuses ont principalement servi à remplir les poches des actionnaires.

Campagne d’agitation

Depuis 2024, les luttes se sont multipliées dans le secteur de la chimie – que ce soit contre les licenciements ou pour obtenir des augmentations de salaire – chez Vencorex, Solvay, Kem One, Arkema Jarrie, BASF France, ExxonMobil Port-Jérôme, Yara France, Cerexagri, etc. Le 25 juin, à Kem One Saint-Fons, une grande journée de mobilisation avait aussi été appelée pour dénoncer les fonds spéculatifs rapaces qui se gavent sur la crise industrielle. Ces luttes montrent que de nombreux travailleurs souhaitent se mobiliser. Ce qui leur manque, c’est une coordination d’ensemble autour d’un programme et d’une stratégie cohérents.

Dans ces luttes, la Fédération nationale des industries chimiques (FNIC CGT) défend la seule perspective capable de mettre fin à la casse de l’industrie et aux plans sociaux : la nationalisation du secteur sous le contrôle des travailleurs. La direction confédérale de la CGT devrait défendre ce programme, le généraliser à toute l’industrie, et organiser une vaste campagne d’agitation devant tous les sites menacés, qui se comptent aujourd’hui par centaines dans l’industrie française. Il faut expliquer clairement aux travailleurs que seul un vaste mouvement de grèves reconductibles et coordonnées, peut permettre de l’emporter.

Malheureusement, le document d’orientation adopté lors du dernier congrès de la CGT ne va pas dans cette direction. Il marque au contraire l’approfondissement de la dérive droitière de la direction confédérale. Il revient donc aux structures et aux militants les plus combatifs de la CGT de s’organiser pour défendre ce programme et cette stratégie – et les mettre en œuvre.

Tu es communiste ? Rejoins-nous !

Un membre du PCR s'implique directement dans le travail du parti. Cela signifie recruter d'autres communistes et les organiser dans des cellules communistes, tout en étudiant la théorie marxiste et en diffusant les idées communistes dans le mouvement. Le parti fournira des ressources politiques, des conseils et des outils pour t'aider dans cette activité.

Un soutien du PCR contribue à la construction du parti en payant une cotisation mensuelle, et n'est pas obligé de participer activement au travail quotidien du parti. Tu recevras un abonnement PDF au journal mensuel du parti, Révolution.

Nous sommes entièrement autofinancés. L'argent récolté nous permet de financer nos locaux, de développer notre maison d'édition et notre journal, d'imprimer des affiches et des tracts. En mettant en place une cotisation mensuelle, tu nous aideras à construire un authentique Parti Communiste Révolutionnaire !