La procédure complémentaire de Parcoursup s'est achevée le 21 septembre. Elle consistait à remplir les places vacantes avec les milliers de candidats laissés de côté par la procédure principale.

Les chiffres officiels définitifs annoncent 955 candidats sans affectation, cette année, contre 3729 l'année dernière (avec la plateforme APB). Seulement, le gouvernement « oublie » de préciser que des milliers de candidats ont laissé tomber la procédure. Les 40 000 jeunes classés comme « inactifs » et les 180 000 qui ont abandonné la plateforme (sur 812 000 candidats) ne sont pas pris en compte dans les chiffres du Ministère. En fait, le gouvernement a laissé tomber une personne sur quatre ayant candidaté pour Parcoursup.

Des candidats ont été plongés dans une situation anxiogène tout l'été, ont été forcés de se connecter quasi-quotidiennement sur la plateforme pour être sûrs de ne laisser échapper aucune proposition – tout ça pour, finalement, faire face à la sélection et voir leur premier choix s'envoler. Voilà l'origine du bilan désastreux de Parcoursup.

Un avenir par défaut

Ajoutons que la procédure complémentaire est intervenue après la rentrée dans la plupart des universités. Des étudiants vont donc devoir déménager dans l'urgence, trouver un logement et tout laisser tomber (famille et amis) du jour au lendemain, pour démarrer un cursus qu'ils n'ont pas choisi et dont ils ont déjà raté les deux premières semaines.

Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, a déclaré : « c'est quand on choisit sa formation qu'on a le plus de chance de réussir ». Cette vérité générale sert à masquer les faits. Car dans les faits, les 45 000 candidats de la procédure complémentaire ont été obligés de rejoindre une filière qui ne les intéresse pas. C'est le cas aussi de 27 % des candidats de la procédure principale qui annoncent avoir validé leur vœu par défaut. Contrairement à ce que clame la ministre, Parcoursup n'a pas donné le choix aux étudiants. Au contraire, il les a sélectionnés et orientés dans des filières dont ils ne veulent pas. Cela ne peut qu'aboutir à une augmentation des taux d'échec.

Les oubliés de Parcoursup ne doivent pas rester isolés. Ils doivent participer à la construction du front le plus large possible – travailleurs, étudiants, chômeurs, retraités – contre le gouvernement réactionnaire de Macron et pour un gouvernement de la gauche radicale, qui devra abroger la sélection à l'université et s'en prendre de façon décisive au pouvoir de la classe dirigeante.

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