Les excellentes relations entretenues entre la France et la dictature du Qatar sont connues de longue date. Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, l’Émir du Qatar, était l’invité d’honneur du défilé du 14 juillet en 2008. Il est vrai que François Hollande développe davantage les relations de la France avec l’Arabie Saoudite qu’avec le Qatar. Par ailleurs, les échanges avec le Qatar ont baissé de 25 % en 2012, en raison de la diminution des importations de gaz naturel et de pétrole. Toutefois, le Qatar reste le troisième client et fournisseur de la France dans la péninsule arabique. Les exportations françaises concernent des biens d’équipement, des livraisons d’Airbus et le commerce courant. Les capitalistes français ont réussi à conquérir des marchés au Qatar dans l’aéronautique, le luxe, le traitement des eaux, la distribution, la construction et l’armement.

Mais les bonnes relations franco-qatariennes ne se résument pas à une simple collaboration économique. La coopération militaire, déjà formée en 1994 par un accord de défense qui constitue l’un des piliers de la relation bilatérale, a été renforcée par l’engagement conjoint des aviateurs français et qatariens pendant la guerre en Libye en 2011. Cette intervention militaire, pour appuyer les bataillons de djihadistes actifs au sol, fut financée notamment par le Qatar. De plus, la gendarmerie française forme la « Force de sécurité intérieure » de l’Émirat, c’est-à-dire les forces de répression au service de la dictature, et a apporté un soutien remarqué à la sécurisation des Jeux Asiatiques de Doha de 2006. L’Émir souhaite d’ailleurs renouveler cette coopération pour la Coupe du monde de football de Doha de 2022.

En ce qui concerne cet événement futur et selon des documents confiés au journal britannique The Guardian par l’ambassade du Népal à Doha, au moins 44 ouvriers népalais employés sur les chantiers de construction des sites ont trouvé la mort entre le 4 juin et le 8 août dernier. Ces ouvriers, plutôt jeunes, ont été victimes de problèmes cardiaques et d’accidents de travail. Cette tragédie n’est pas étonnante compte tenu des conditions d’esclavage moderne dans lesquelles ces travailleurs sont exploités. Plus de 90 % de la main-d’œuvre qatarienne est composée d’immigrés et 1,5 million d’ouvriers supplémentaires devraient être recrutés pour construire les stades, les routes et les hôtels qui couvriront l’événement.

Les Népalais constituent 40 % de ces travailleurs qui, par 50 degrés, se voient refuser l’accès à l’eau potable et vivent dans des conditions sanitaires déplorables. Ils dorment jusqu’à douze dans une chambre d’hôtel insalubre. Le voyage depuis leur pays d’origine leur coûte très cher et les oblige à s’endetter à des taux exorbitants, jusqu’à 36 %, afin de payer les agences qui organisent leur transfert. Une fois arrivés, ils sont payés avec plusieurs mois de retard et leurs papiers d’identité leur sont confisqués pour les empêcher de repartir. Cependant, cette barbarie moderne ne semble pas émouvoir l’occupant de l’Élysée, ni les capitalistes français qui réalisent d’énormes profits au Qatar, profits dont le volume s’explique par les conditions de travail inhumaines infligées aux travailleurs du pays !

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