La construction du « mur de sécurité » par le gouvernement Sharon se poursuit. Malgré la décision de la Cour Internationale de Justice, malgré une résolution de l’Assemblée Générale de l’ONU, l’Etat israélien accentue son oppression des Palestiniens, avec le soutien de l’impérialisme américain.

La « clôture de sécurité » est la dernière offensive des capitalistes israéliens pour priver les Palestiniens de leurs droits nationaux les plus élémentaires. Le principal objectif de l’Etat sioniste est la création de deux réserves équivalentes aux « bantoustans » de l’Afrique du Sud au temps de l’apartheid. D’un côté, une bande de Gaza pacifiée et étroitement surveillée, et de l’autre un territoire délimité par un mur entourant 42% de la Cisjordanie d’avant 1967.

Les préparatifs du soi-disant « retrait » israélien de Gaza se sont déjà traduits par les meurtres de nombreux leaders et activistes palestiniens, ainsi que par la destruction au bulldozer de douzaines de maisons, près de la frontière égyptienne. Après son « retrait », l’armée israélienne contrôlera toujours l’espace aérien de la bande de Gaza, ses eaux territoriales et ses frontières ! Les 1,3 millions de Palestiniens, dont 60% sont sans emploi et dont 80% vivent sous le seuil de pauvreté, cesseront alors officiellement d’être un « problème » pour Israël.

En Cisjordanie, la construction du mur a signifié la destruction de centaines de foyers, l’arrachage d’arbres et la confiscation de terres. Le mur rendra possible l’expansion et une défense améliorée des colonies sionistes en Cisjordanie, ainsi que la construction de 1000 nouveaux logements, annoncée le 17 août. Quand le démantèlement des colonies de Gaza sera éventuellement achevé, leurs habitants seront réinstallés sur des terres saisies à des Palestiniens de Cisjordanie. Pour de nombreux Palestiniens, le mur signifiera être coupé de sa ferme, de son école, d’un hôpital, de sources d’eau. La situation économique et sociale est appelée à s’aggraver profondément après l’achèvement du mur. Le taux de chômage s’élèvera bien au dessus des 40% actuels.

Le mur séparera les villages. Il isolera également l’une de l’autre les deux enclaves palestiniennes. Les habitants de Cisjordanie et de Gaza seront enfermés derrière des clôtures, des miradors, des caméras de surveillance, et deviendront les « citoyens de l’Autorité Palestinienne ». Cette institution corrompue, anti-démocratique et brutale sera chargée de contrôler la population et de la réprimer au moindre signe de protestation. La responsabilité du chômage, des équipements de base, du droit et de la sécurité sera alors reportée sur l’élite palestinienne. Le monde aura ainsi le spectacle d’un pays dévasté où le sort des Palestiniens sera à mettre sur le compte leurs propres « dirigeants » incapables et corrompus. Le peuple palestinien, de plus en plus paupérisé, deviendra un vaste réservoir de main d’œuvre bon marché, et sera livré à la surexploitation des capitalistes israéliens.

La politique de bantoustans séparera également les deux territoires palestiniens de Jérusalem. En poursuivant cette politique de « développement séparé » - c’est-à-dire d’apartheid -, l’Etat israélien et ses alliés impérialistes n’auront pas à supporter la responsabilité d’une situation qu’ils auront créée.

Les Sionistes ont promis aux survivants de l’Holocauste une Patrie qui serait un endroit sûr pour vivre et travailler. Cette promesse n’a manifestement pas été tenue par leurs descendants. Les Juifs se sentent menacés et sont amenés à soutenir des politiciens extrémistes. Dans le même temps, du côté palestinien, le désespoir nourrit les actions contre-productives des kamikazes.

La seule solution s’offrant aux travailleurs et aux peuples opprimés de la région, qu’ils soient Arabes, Juifs, Kurdes ou Turcs, est de mener un combat commun pour le socialisme au Moyen Orient. Le renversement de la classe dirigeante israélienne et des valets de l’impérialisme dans les pays Arabes, qu’ils soient cheiks, rois, ou « présidents héréditaires », ouvrirait la voie à l’abolition des frontières artificielles qui divisent les peuples de la région. La seule « feuille de route » vers la paix et la fin de l’exploitation est celle qui vise à établir une Fédération d’Etats Socialistes du Moyen Orient.

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