Cet été, deux mois après son élection, Sarkozy a mis en application son programme rétrograde en présentant son projet de « franchises médicales », applicable au 1er janvier 2008. Cette contre-réforme aggravera davantage les inégalités, le coût des soins devenant toujours plus lourd à supporter pour tous ceux qui vivent dans la pauvreté ou s’en approchent inéluctablement.

Il faudra désormais payer une « petite somme », une franchise, qui ne sera plus remboursée par la sécurité sociale : 50 centimes pour chaque boîte de médicaments, 50 centimes par acte paramédical et 2 euros par recours au transport sanitaire. Ces franchises seront – dans un premier temps… – limitées à hauteur de 50 euros par an.

Les cyniques de droite justifient les choses ainsi : « Il n’y a pas de quoi se plaindre ! Au maximum, cela ne coûtera pas plus que 50 euros par an, et il faut bien que chacun y mette du sien pour résorber le déficit de la sécurité sociale ». Mais il faut rappeler que les franchises médicales de Sarkozy viennent s’ajouter aux mesures déjà existantes, notamment mises en place par le sinistre Douste-Blazy. La plupart des gens en ont déjà fait l’expérience : forfait d’1 euro pour chaque consultation médicale ; augmentation du forfait hospitalier à 16 euros par jour ; seuil de 8 euros sur les actes médicaux supérieurs à 96 euros ; parcours de soins à respecter sous peine de sanction financière.

Pour répondre à ceux qui soutiennent que cela reste un sacrifice négligeable, prenons un exemple tiré d’un tract de la CGT, qui part de l’hypothèse d’un acte chirurgical mineur, avec hospitalisation de 3 jours. Voici l’addition : 16 euros pour un acte dépassant 96 euros ; bilan sanguin : 50 centimes ; 3 boites de médicaments : 1,50 euros ; forfait hospitalier : 48 euros. Bref, pour trois jours d’hospitalisation, le malade devrait débourser 68 euros.

Entre les différents forfaits et les dépassements, chaque personne doit dépenser en moyenne 240 euros par an. On estime également à 900 000 le nombre de personnes qui doivent dépenser au moins 1000 euros par an pour se soigner.

Depuis 1967, date du « ticket modérateur », la Sécurité Sociale ne rembourse plus l’intégralité des soins médicaux. Et avec les franchises qui se sont succédées pour diminuer la prétendue « surconsommation médicale », les assurés ont dû payer toujours plus de leur poche. Et désormais, Sarkozy pousse le vice jusqu’à interdire que les mutuelles – pour ceux qui en ont – remboursent les 50 euros des franchises.

Selon Sarkozy, son projet de franchises médicales permettrait de financer un plan contre la maladie d’Alzheimer. Il viserait également à résorber le « trou de la Sécu », qui est évalué aujourd’hui à quelques 12 milliards d’euros. Or en réalité, ce prétendu « trou » a été creusé du fait que de nombreuses cotisations n’ont pas été reversées.

La droite au pouvoir tente encore de faire culpabiliser la population en agitant le spectre du déficit public, qui serait dû à des « abus médicaux » et une surconsommation de médicaments. Elle appelle les malades à la « responsabilisation ». Mais là aussi, il faut rappeler que les propriétaires des laboratoires pharmaceutiques s’engraissent sur le dos de la Sécurité Sociale, facturant leurs médicaments à des prix scandaleux au regard du prix des médicaments génériques.

Quand la Sécurité Sociale a été créée, en 1945, c’est le principe de solidarité qui prévalait. Chacun cotisait selon ses moyens et recevait selon ses besoins. Les intérêts des capitalistes ne peuvent plus tolérer cette solidarité, et, à travers leur meilleur représentant, Nicolas Sarkozy, n’offrent que l’alternative du « chacun pour soi », les plus riches pouvant se payer des soins et des mutuelles privées, cependant qu’il ne reste aux pauvres qu’à prier pour ne pas tomber malades.

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