Le gouvernement est très fier de sa nouvelle mesure « pour la jeunesse » : depuis le 1er septembre, les étudiants boursiers ne payent que 1 euro – et non plus 3,30 euros – le repas dans les restaurants et cafétérias du Crous. Cette mesure devrait durer au moins un an. Elle concerne 780 000 boursiers et représente un budget de 50 millions d’euros.

On peut se demander si cette baisse des tarifs ne sera pas amortie par la hausse des prix pour les étudiants non boursiers, ou par la hausse des loyers des résidences universitaires, et plus généralement sur les prix de l’ensemble des services dispensés par le Crous.

Quoi qu’il en soit, il y a déjà un problème : les moyens alloués aux Crous restent inchangés. Or la crise sanitaire oblige les établissements du Crous à diminuer leur capacité d’accueil : un siège sur deux est condamné. Au final, cela engendre des files d’attente interminables, devant les restaurants et cafétérias, alors que la durée des pauses entre les cours reste inchangée. Résultat : beaucoup d’étudiants renoncent à manger au Crous, y compris des étudiants boursiers.

Le repas Crous à 1 euro est un cache-misère. Cette annonce vise notamment à faire passer la pilule des dizaines de milliards d’euros de subventions et d’allègements fiscaux dont bénéficient les grands patrons (« plan de relance »). Concernant le Crous, ce qui est urgent, c’est l’embauche de personnels et l’extension des infrastructures (restaurants, logements, etc.). Par exemple, le manque de moyens et de personnels entraîne d’énormes retards dans le traitement des dossiers de bourse, ainsi qu’une augmentation du taux d’erreur. Mais sur cette question, le gouvernement est aux abonnés absents.

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