La fédération du PCF des Deux-Sèvres (79) a été la première, en juin, à rejoindre la France insoumise, le mouvement initié par Jean-Luc Mélenchon. « Un choix qui découle directement de la volonté des militants de donner des perspectives politiques aux luttes sociales du printemps dernier », souligne Bruno Bonin, le secrétaire départemental du PCF 79. Révolution lui a demandé de nous détailler comment cela s’était passé et quelles en étaient les conséquences pour le PCF départemental. Voici ses explications.


Lors des luttes du printemps dernier contre la loi Travail, les militants communistes des Deux-Sèvres (79) ont été de toutes les manifestations, drapeaux rouges en étendards. Leur présence faisait en creux ressentir plus cruellement l’absence ou la moindre implication des autres partis.

Forts de cette mobilisation, les communistes du département ont décidé de donner une perspective politique aux luttes en cours, tout en rassemblant au-delà de leurs rangs, respectant en cela la volonté du dernier congrès du PCF. Naturellement, beaucoup se sont tournés vers Jean-Luc Mélenchon, qui, dès février, avait affirmé sa singularité politique avec une volonté réelle d’ouverture dans le cadre de la France insoumise. Ces militants refusaient ainsi la stratégie du strapontin accordé au PCF par le PS.

Certains camarades se sont regroupés dès le mois de mai, pour créer un « groupe d’appui » de la France insoumise à Niort. Ils furent soutenus par la fédération du PCF 79, après décision en assemblée générale. Ce collectif s’est très vite étoffé, recrutant dans les cortèges et les entreprises. Cette dynamique s’appuyait sur le programme de la France insoumise alors en cours d’élaboration, fruit actualisé de L’Humain d’abord, le programme du Front de Gauche en 2012.

Aujourd’hui, dans les Deux-Sèvres, les « groupes d’appuis » de la France insoumise sont au nombre de 19. Ils maillent une grande partie du territoire départemental. 170 personnes venues de tous horizons (syndicalistes, membres du Parti de Gauche, d’Ensembles !, du PCF, socialistes en rupture de ban, citoyen.nes issus du monde associatif, des Nuits Debout, ou encore citoyen.nes militant pour la première fois) les composent et travaillent ensemble.

Le parti progresse

Lors des réunions, des porte-à-porte, des distributions sur les marchés, les insoumis.es non communistes, souvent sans expérience militante, découvrent avec surprise et bienveillance les militants communistes, loin des clichés.

Preuve de cette dynamique, le PCF, localement, engrange les adhésions : pas moins de 28 nouveaux camarades ont décidé de rejoindre le PCF 79 – ce qui, dans cette petite fédération, représente une croissance de 30 % ! Et ce sur une ligne politique claire : rupture avec le système et avec ses zélés serviteurs du PS, pour construire une vraie alternative…

La campagne que nous menons est donc la démonstration concrète du rassemblement entre ceux qui souhaitent conserver leur carte du PCF et qui n’ont aucune intention de la rendre, ceux qui ne souhaitent pas en prendre – et ceux qui, du fait de la dynamique, font le premier pas pour adhérer au parti.

Depuis des années, de renoncements en petits arrangements avec le PS, notre Parti meurt à petit feu. Aujourd’hui, avec la France insoumise, il a une chance historique de renverser la table. Saisissons-là !

Bruno Bonin – Secrétaire départemental du PCF 79

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