Depuis toujours les McDonalds de la cité phocéenne sont connus pour la combativité de leurs salariés. En avril 2014 et en février 2017, déjà, des grèves ont fait fermer pendant plusieurs jours des restaurants de la chaîne américaine, dans le centre-ville comme dans la périphérie de Marseille.

Ces luttes ont permis d’arracher de meilleures conditions de travail dans certains McDo de la région. Elles ont fait émerger des militants syndicaux qui se concertent, entre les différents restaurants, et créent un rapport de force plus favorable aux salariés. De véritables bastions syndicaux se sont formés. Ils ont été les pionniers dans la reconnaissance de « l’unité économique et sociale » de plusieurs McDo ayant le même propriétaire. Ils ont ainsi obtenu de nombreux avantages sociaux auxquels les salariés n’ont pas droit dans la plupart des McDo du pays : comité d’entreprise, participation aux bénéfices, treizième mois contractualisé pour tous, congés enfants malades et même chèques vacances.

C’est le cas des salariés du fast-food de Saint-Barthélemy, situé dans les quartiers Nord de la ville. Ils sont au centre d’une lutte, ces trois derniers mois, contre la décision de l’entreprise de vendre les six McDo de la région à un autre propriétaire franchisé, qui possède déjà huit restaurants du géant américain à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône. Le restaurant de Saint-Barthélémy, quant à lui, est censé être cédé à une société de restauration « halal asiatique ».

Selon Jean-Pierre Brochiero, l’actuel franchisé du McDonald’s de Saint-Barthélémy, ce restaurant serait déficitaire, avec 3,3 millions d’euros de pertes depuis 2009. Mais pour Christophe Lomonaco, ex-directeur du restaurant, ce McDonald’s a gagné 500 000 euros par an grâce à la L2, une autoroute urbaine de Marseille qui contourne le centre-ville. Sur les six McDo cédés par Jean-Pierre Brochiero, cinq vont rester sous l’enseigne américaine.

Seul celui de Saint-Barthélémy va changer d’enseigne. Pourquoi ? Non parce qu’il n’était pas « rentable », mais parce que McDonald veut en finir avec ces salariés et leurs conquêtes sociales, avant que le mouvement ne fasse tache d’huile. C’est donc une stratégie anti-syndicale, destinée à se débarrasser des représentants de salariés en place. Pour McDo, tous les coups sont permis : intimidations, harcèlement, etc. Ainsi, le camarade Kamel Guemari, délégué syndical au McDonald’s de Sainte-Marthe (Marseille) et animateur de la lutte, a fini par craquer et a failli s’immoler par le feu après un épisode de violence contre les salariés. Le 5 août, un commando d’une dizaine de personnes armées de couteaux a agressé les travailleurs de Saint-Barthélemy en lutte.

Nous adressons notre solidarité à Kamel et à tous les travailleurs de McDo en lutte. Ils ont fait preuve d’une résistance exemplaire. Cette lutte devrait être étendue au niveau national, dans tous les McDo, et dans tout le secteur de la restauration rapide, en solidarité avec les McDo de Marseille et pour gagner de nouveaux droits.

Travailler plus et sans droits, c’est le modèle Macron. Et c’est contre ce modèle qu’il faut préparer une rentrée encore plus chaude que cet été marseillais chez McDonald’s.

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