Jeudi 22 octobre à 10 heures, le syndicat CGT du site de Geodis Calberson, à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), filiale de la SNCF, appelle à un rassemblement devant le siège du groupe ferroviaire pour défendre les salariés et les élus CGT victimes de répression syndicale et de licenciements abusifs.
Plus de 20 salariés ont été licenciés en huit mois ! Le dernier en date est Djibril, responsable du secteur quai, licencié pour « faute simple » : en réalité, la direction utilise des prétextes fallacieux et lui reproche de ne pas avoir respecté des normes de sécurité « techniquement impossibles », comme nous l’a expliqué Laurent, délégué CGT du site, que nous avons contacté. Quelques semaines plus tôt, c’était Issa, secouriste, qui était licencié sans preuve ni avertissement préalable. Chaque semaine ou presque, un nouveau salarié est licencié.
A cela s’ajoutent le mépris quotidien de la direction envers les salariés, du harcèlement et des remarques racistes répétées. Dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux, un responsable du site interdit aux salariés de prendre des congés le jour de l’Aïd et déverse sa haine raciste sur eux : « On est en France, on n’est pas dans un pays musulman, je vous le dis on va pas passer la journée au soleil. Demain et après-demain, tout le monde travaille. Vous voulez fêter l'Aïd, retournez en Algérie, en Tunisie, au Maroc, au Sénégal, au Mali… ».
Ces attaques contre les salariés ont deux objectifs. D’une part, la direction cherche à réduire la masse salariale et à casser les droits des travailleurs. L’entreprise a récemment investi dans un nouveau projet à Champagne-sur-Oise, dont l’objectif est de recourir quasi-exclusivement à la sous-traitance – au détriment d’emplois directs et des conditions de travail. Il s’agit donc d’un plan social déguisé, comme le souligne la CGT Calberson.
D’autre part, ces licenciements s’inscrivent dans un contexte de répression syndicale, après plusieurs années de lutte. Entre 2015 et 2025, les travailleurs ont mené quatre grèves dures et reconductibles. La dernière, en mars 2025, a duré trois semaines et a été suivie par 96 % des salariés. Elle leur a permis d’arracher 100 à 150 euros d’augmentation de salaire et des jours de congé supplémentaires.
Dans un communiqué écrit après la victoire de cette grève, l’Union départementale CGT des Hauts-de-Seine déclarait « Cette lutte montre que par la détermination, et par la grève, […] les victoires sont possibles. […] Elle donne de l’espoir pour tous les autres salariés qui luttent dans le département et en France. ». C’est bien cet espoir que la direction veut briser. Elle cherche à faire payer aux salariés leur détermination et à donner une leçon à tous ceux qui ont osé se battre pour leurs droits. Les cas de licenciements concernent en particulier ceux qui ont participé à la grève de 2025, comme Issa et Djibril. Les délégués syndicaux, eux, sont harcelés. Hassen, délégué CGT du site, a ainsi été mis à pied deux fois cette année pour des motifs bidons. Le 7 octobre il a par exemple été sanctionné pour le simple fait d’avoir informé la direction de l’affichage d’un tract syndical !
Les pratiques de la direction de Geodis ne sont pas isolées. La multiplication des licenciements et la répression syndicale menacent tous les travailleurs du secteur. C’est pourquoi la CGT Geodis Calberson appelle les syndicats de cheminots à s’unir aux salariés de Geodis et à participer au rassemblement de jeudi devant le siège de la SNCF. Le Parti communiste révolutionnaire sera présent et appelle tous ses lecteurs et ses sympathisants à participer au rassemblement.
Une attaque contre l’un est une attaque contre tous !
