Aux quatre coins du monde, les vagues de chaleur se succèdent et battent des records d’intensité. Les riches s’en protègent aisément ; les pauvres vivent un calvaire. En France, le personnel soignant des hôpitaux – qui manquent de lits et d’effectifs – redoute un été dantesque.

La situation climatique favorise évidemment les feux de forêt. La triste « saison des incendies » commence très tôt et pourrait battre tous les records, elle aussi. L’« exceptionnel » devient la norme et s’aggrave d’année en année.

Cynisme

Du fond de leurs logements et bureaux climatisés, les politiciens bourgeois cherchent à cacher leur impuissance et, surtout, la responsabilité du capitalisme dans la crise environnementale. Leur cynisme n’ayant aucune limite, ils y voient aussi une occasion de justifier de nouvelles coupes budgétaires et de nouvelles contre-réformes.

Ce fut le cas dans la foulée de la canicule d’août 2003 : la mort de 15 000 personnes âgées avait servi de prétexte à la suppression d’un jour férié. L’objectif officiel était de financer la « solidarité publique » avec les personnes plus fragiles et les plus dépendantes. L’objectif réel était d’augmenter les profits du patronat et les recettes de l’Etat sur le dos des travailleurs.

23 ans plus tard, les grands médias diffusent la même petite musique : « s’il faut investir massivement dans des rénovations et des climatisations, alors il faudra couper drastiquement dans d’autres dépenses, dans les retraites, la sécurité sociale, l’assurance chômage, l’Education nationale, etc. »

Le mouvement ouvrier doit évidemment s’y opposer de toutes ses forces. C’est aux capitalistes, et à eux seuls, de financer les investissements requis !

Par ailleurs, lors des canicules, le mouvement syndical doit lutter pour le contrôle ouvrier de la production : dans le secteur privé comme dans le secteur public, les salariés doivent décider si, quand et comment ils travaillent. Ils doivent imposer leur volonté sur l’aménagement des horaires et des conditions de travail. Il y va de leur santé et, parfois, de leur vie même. Si nécessaire, la production doit être suspendue et les salaires maintenus.

« Après moi le déluge ! »

Nous devons lutter pour toutes les mesures permettant de protéger notre classe des effets de la crise climatique et environnementale. Mais nous devons aussi nous attaquer aux causes d’un problème qui prend des proportions toujours plus effroyables.

La cause la plus fondamentale, à laquelle sont liées toutes les autres, est parfaitement claire : c’est la course aux profits, qui est le moteur du système capitaliste et la raison d’être des parasites géants qui la dominent. Pour gagner des parts de marché et augmenter leurs marges bénéficiaires, les capitalistes n’hésitent pas à empoisonner l’eau, l’air et la nourriture, à polluer l’ensemble des écosystèmes, à émettre des milliards de tonnes de gaz à effet de serre, et ainsi de suite.

Dans ce domaine comme dans les autres, il est vain d’espérer une salutaire « prise de conscience » de la classe dirigeante. En effet, les lois du capitalisme s’imposent aux capitalistes eux-mêmes. Marx le soulignait déjà – à propos de l’exploitation éhontée des travailleurs – dans un passage du Capital qui s’applique parfaitement à l’attitude de la bourgeoisie vis-à-vis de la crise environnementale :

« [Le] capital […] est aussi peu ou tout autant influencé dans sa pratique par la perspective de la pourriture de l’humanité et finalement de sa dépopulation, que par la chute possible de la terre sur le soleil. Dans toute affaire de spéculation, chacun sait que la débâcle viendra un jour, mais chacun espère qu’elle emportera son voisin après qu’il aura lui-même recueilli la pluie d’or au passage et l’aura mise en sûreté. Après moi le déluge ! Telle est la devise de tout capitaliste et de toute nation capitaliste. […] Il est vrai qu’à prendre les choses dans leur ensemble, cela ne dépend pas non plus de la bonne ou mauvaise volonté du capitaliste individuel. La libre concurrence impose aux capitalistes les lois immanentes de la production capitaliste comme lois coercitives externes. »

Planification socialiste

Les « lois immanentes de la production capitaliste », qui menacent l’humanité d’une barbarie généralisée, ne pourront être abolies qu’en abolissant le capitalisme lui-même. Ce système chaotique et pourrissant doit être remplacé par une planification rationnelle et démocratique de la production. La « transition écologique », à l’échelle mondiale, requiert des investissements d’une envergure colossale – c’est-à-dire incompatible avec la misérable soif de profits qui, sous le capitalisme, dirige l’allocation des ressources humaines et matérielles.

La « planification écologique » défendue par LFI et son candidat, Jean-Luc Mélenchon, n’est qu’une formule creuse si elle ne repose pas sur une planification économique. Or celle-ci suppose la conquête du pouvoir par la classe ouvrière et l’expropriation de tous les grands leviers de l’économie : banques, industrie, distribution, transports, etc.

La civilisation humaine ne peut être sauvée que par la victoire de la révolution socialiste mondiale. Cette idée simple suscite le même sourire condescendant chez tous les ex-communistes, ex-révolutionnaires, ex-marxistes qui sont profondément démoralisés – et qui, pour cette raison, s’imaginent être devenus de grands « réalistes ». Le PCR ne s’intéresse pas à ces poids morts du mouvement ouvrier. Nous nous adressons d’abord aux dizaines et centaines de milliers de jeunes qui cherchent une alternative à l’enfer capitaliste.

Ce système prive la jeunesse d’un avenir digne de ce nom. Ses éléments les plus conscients, les plus radicalisés, comprennent l’urgence de la situation et la nécessité d’une rupture radicale avec l’ordre établi. Il faut les organiser, les souder, les armer des idées authentiques du marxisme. C’est à cette tâche que travaillent notre parti et l’Internationale communiste révolutionnaire (ICR). Pour nous y aider, rejoignez-nous !


Sommaire

Le socialisme : une urgence climatique - Edito du n°102

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Retour sur notre interventions dans les manifs du mois de juin

Participez à l'école mondiale du communisme de l'ICR !

La crise de la chimie française

Assistante d'éducation dans un collège en pleine canicule

Submerger le SAMU pour "désengorger" les urgences ?

Meurtre de Lyhanna : la faillite de l'Etat bourgeois

La lutte contre le racisme et les tâches du mouvement ouvrier

Nouvelle offensive de l'Union européenne contre les migrants

La débâcle de l'impérialisme américain en Iran

Sous pression de l'impérialisme, Cuba s'avance vers la restauration du capitalisme

La "Révolution des flamants roses" balaie l'Albanie

La démission de Starmer et la crise du capitalisme britannique

Victoire de l'extrême droite en Colombie

Coupe du monde 2026 : business as usual ?

La Révolution espagnole de 1931-1937

Hommage à la Catalogne : le témoignage de George Orwell

Réchauffement climatique : comment le capitalisme détruit la planète

Le marxisme : un "productivisme" ?

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