Mecachrome est une entreprise française de sous-traitance aéronautique, dont la maison-mère est située à Toulouse. Dans l’usine tunisienne, la direction mène aujourd’hui une répression féroce contre la toute jeune section syndicale. 

Mecachrome s’est implantée en Tunisie il y a près de vingt ans, à la suite du plan Power 8, vaste plan social où Airbus a réorganisé sa production et sa sous-traitance à l’échelle européenne, préférant s’installer dans des pays « à bas coût », pour la main d’œuvre : dans la même zone industrielle, à côté de Mecachrome Tunisie, on trouve Airbus Atlantic, Figeac Aéro, Latelec...

En novembre dernier, quelques salariés tunisiens ont décidé de monter une section syndicale à Mecachrome : ils se sont affiliés à l’UGTT (Union générale tunisienne du travail), la principale centrale syndicale de Tunisie, et ont demandé l’ouverture d’un dialogue avec le patronat autour de leurs salaires et de leurs conditions de travail. Rien de plus normal, donc, pour ces salariés, qui ont agi en toute légalité.

Mais la direction de l’entreprise n’a pas reconnu la section syndicale comme légitime. Cela n’a pas découragé les travailleurs : les 15 et 16 décembre, un gros mouvement de grève (suivi à 70 %) a éclaté, autour des revendications professionnelles des salariés. A nouveau, la direction a refusé  toute discussion… puis est passée à l’action : quinze jours plus tard, 12 salariés ont appris leur licenciement par voie d’huissier, pour des motifs bidons. Le courrier mentionne une grève illégale, et accuse ces salariés d’avoir empêché certains collègues d’aller travailler. Dans ces 12 licenciés, on trouve 7 syndiqués, et des travailleurs ayant beaucoup d’ancienneté dans l’usine. Pendant ce temps, les salariés proches du syndicat sont soumis à des intimidations quotidiennes, et rapportent une ambiance de travail très compliquée. Enfin, lundi 26 janvier, 7 salariés étaient convoqués par la police, et évoquaient des poursuites probables.

Internationalisme

Ces attaques n’ont pas brisé la détermination des ouvriers de Mecachrome : fin janvier, le mouvement de grève se poursuivait. Mais c’est aussi la solidarité qu’ils reçoivent de l’autre côté de la Méditerranée qui les aide à tenir : en effet, aussitôt après avoir appris la répression dont souffrait les ouvriers tunisiens, la section CGT de Mecachrome à Launaguet (31) s’est lancée activement dans une campagne de soutien. Les syndicalistes ont informé leurs collègues, échangé sur cette situation avec eux. Manu, délégué CGT, que nous avons interrogé, rapporte : « la solidarité entre les ouvriers n’est pas quelque chose d’acquis : le patronat fait tout pour la casser, pour nous monter les uns contre les autres, avec des primes au mérite, etc. Mais malgré ça, pas mal de collègues ont réagi positivement, ont été choqués de ce qui se passait en Tunisie. »

La campagne de solidarité de la CGT Mecachrome repose notamment sur des photos de soutien, envoyées par de nombreux syndicats CGT, mais aussi des militants de gauche, des élus de la FI ou des associations. Manu explique : « notre campagne de photos de soutien a eu un peu d’écho dans le mouvement ouvrier toulousain, mais on souhaite que cette campagne soit plus connue dans la ville. Nos collègues tunisiens nous rapportent que ces images leur font chaud au cœur, renforcent leur détermination, et on vous invite à y participer. » Le syndicaliste ajoute : « on voudrait envoyer un signal depuis la capitale française de l’aéronautique. En 2014, puis en 2021, les ouvrières de Latelec en Tunisie ont reçu beaucoup de soutien depuis la France, après avoir subi des plans de licenciements. On aimerait constituer un soutien au-delà de notre syndicat, à l’image de ces mobilisations de soutien avec les collègues tunisiennes de Latelec. » 

Pour Manu, « ce qui se passe à Mecachrome est caractéristique du comportement des entreprises françaises en Tunisie ». Les salariés tunisiens rapportent que la direction de Mecachrome agit ouvertement au mépris du droit du pays, et collabore avec la police locale. Mais comme l’ont montré les cas en France de Timothée Esprit (FNIC CGT) ou de Jean-Paul Delescaut (UD CGT 59), entre autres, sous le capitalisme, les libertés démocratiques et syndicales ne sont garanties nulle part. Dans leur lutte contre la répression patronale, les travailleurs des pays dominés par l’impérialisme doivent pouvoir compter sur l’action des travailleurs des pays impérialistes – car ils partagent les mêmes intérêts objectifs fondamentaux.

Une lutte, en France, contre Mecachrome et l’ensemble du patronat français est aussi une lutte contre ceux-là mêmes qui exploitent férocement les travailleurs en Tunisie et ailleurs. Dans l’aéronautique comme dans les autres secteurs, à Toulouse comme ailleurs, les organisations du mouvement ouvrier doivent serrer les rangs, et avancer un mot d’ordre très simple : une attaque contre l’un d’entre nous est une attaque contre tous les travailleurs !

Solidarité totale avec les travailleurs de Mecachrome en Tunisie !

Pour participer à la campagne de solidarité avec les grévistes de Mecachrome Tunisie, contactez le syndicat CGT Mecachrome Toulouse par mail : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou sur les réseaux sociaux.

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