La situation des travailleurs en France s’est nettement dégradée ces dernières années, sous l’impact de la dégradation de l’économie, mais aussi des attaques des gouvernements successifs.

Inflation

La crise du Covid, la guerre en Ukraine et, plus récemment la guerre au Moyen-Orient, ont été les étincelles successives d’une inflation galopante : 15,4 % entre 2021 et 2025. Une hausse que les salaires sont très loin d’avoir compensée. A la mi-2025, les salaires réels – c’est-à-dire en prenant en compte l’inflation – n’avaient regagné qu’un peu plus de la moitié des pertes qu’ils ont subies en 2022 et 2023, lorsque la hausse des prix était la plus forte.

Surtout, l’inflation moyenne n’est pas celle que subissent les ménages modestes. L’inflation en France est calculée par l’Insee selon un « panier moyen » qui ne reflète pas la consommation des couches les plus démunies. Les 20 % les plus pauvres consacrent en effet une part plus importante de leur budget au logement, aux transports et à l’alimentation.

Or, ce sont précisément trois des postes de dépenses qui ont connu la plus forte inflation. Le panier alimentaire « entrée de gamme » a augmenté de 28 % entre 2022 et 2024 ; les loyers de plus de 10 % depuis 2020 ; dans le même temps, le gazole a augmenté de 35 %. Quant aux transports en commun, ils ont suivi le même mouvement : à Paris, le Pass Navigo mensuel est passé de 70 euros en 2015 à 90,80 euros en 2026.

Les foyers les plus pauvres sont donc contraints de faire des choix, au détriment de leur santé. En 2023, 24 % des Français déclaraient être contraints de sauter des repas. De nombreux ménages ont drastiquement réduit la viande, le fromage, les fruits et les légumes frais, dont les prix ont tous fortement augmenté. Entre 2021 et 2024, la consommation alimentaire a d’ailleurs reculé de 6,3 % en volume.

Chômage, précarité et inégalités

La situation de l’emploi se dégrade également. Après plusieurs années de stagnation, le chômage est reparti à la hausse et s’établit (officiellement) à 7,9 %, soit 0,6 point de plus sur un an. Le recours aux minima sociaux est massif : fin 2023, 6,9 millions de personnes, soit 10 % de la population, conjoints et enfants à charge compris, sont couvertes par les minima sociaux.

Le gouvernement continue de marteler que des emplois ont été créés massivement ces dernières années, mais ce sont souvent des emplois courts et mal payés. Le CDI recule depuis plusieurs décennies face aux formes d’emploi précaires : les CDD et l’intérim représentent aujourd’hui près de 10 % de l’emploi total, contre 4,5 % en 1982. En 2024, près de 90 % des CDD et des missions d’intérim duraient moins d’un mois.
Résultat de cette précarité croissante : en 2023, 2,3 millions d’actifs vivaient sous le seuil de pauvreté. Pour l’ensemble de la population, ce chiffre s’établissait à 9,8 millions.

Les inégalités de patrimoine sont également considérables. 24 % des ménages détiennent environ les deux tiers du parc immobilier. A cause de la hausse des taux d’intérêt, l’accès à la propriété de son logement est devenu beaucoup plus difficile – pour ne pas dire impossible – pour de nombreux ménages. La part de la population propriétaire de son logement a augmenté de manière continue de 1980 à 2010, mais elle stagne depuis autour de 58 %.

Quant au nombre annuel de ménages expulsés de leur logement, il a augmenté de plus de 220 % en 20 ans tandis que le nombre de SDF a plus que doublé en 15 ans.

L’inégalité jusqu’à la mort

Cette inégalité se répercute même sur l’espérance de vie. En France, celle-ci atteint 85,9 ans pour les femmes et 80,3 ans pour les hommes. Mais l’espérance de vie en bonne santé est bien plus basse : autour de 64 ans – soit… l’âge de départ à la retraite ! L’inégalité entre riches et pauvres se prolonge jusqu’à la mort : entre les 5 % les plus modestes et les 5 % les plus aisés, l’écart d’espérance de vie atteint 9 ans pour les femmes et 13 ans pour les hommes.

Ce tableau d’ensemble montre la profonde dégradation de la condition des travailleurs en France : un pouvoir d’achat en baisse, des dépenses essentielles qui pèsent de plus en plus lourd, une précarité qui progresse d’année en année et un accès au logement toujours plus difficile. Pour une partie croissante de la population, travailler ne permet plus de vivre, de se loger et de se nourrir dignement.

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