« Je me suis engagé à ce que la cause du quinquennat soit celle de l’égalité entre les femmes et les hommes, et notamment l’élimination complète des violences faites aux femmes », déclarait Emmanuel Macron en novembre 2017. Près de neuf ans plus tard, les violences faites aux femmes se sont au contraire aggravées, comme toutes les formes d’oppression qui les frappent. La crise du capitalisme, mais aussi les politiques d’austérité menées par les gouvernements successifs, en sont les principales raisons.
La situation actuelle
De janvier 2017 à décembre 2024, 1058 féminicides ont été perpétrés en France (les chiffres pour 2025 ne sont pas encore publiés à l’heure où nous écrivons). En 2024, 272 400 cas de violences conjugales ont été recensés, dont 84 % des victimes sont des femmes. En matière de violences sexuelles, 98 % des victimes sont des femmes. Depuis 2016, le nombre de signalements de violences conjugales a presque doublé.
Pour autant, ces chiffres restent largement sous-estimés. Selon l’enquête Vécu et ressenti en matière de sécurité publiée en 2022 par le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure, 9 personnes sur 1 000 déclaraient avoir subi des violences de la part de leur partenaire ou ex-partenaire au cours de l’année, mais seules 14 % des victimes avaient signalé les faits aux forces de l’ordre. L’INSEE estimait que seuls 0,6 % des viols avait débouché sur une condamnation en 2020.
Certains secteurs de l’économie sont très majoritairement occupés par des femmes : elles représentent 95 % des aides à domicile, 96 % des secrétaires et 98 % des assistantes maternelles, par exemple. Ces métiers, souvent faiblement rémunérés, contribuent à expliquer qu’en moyenne les femmes perçoivent 23,5 % de moins que les hommes. Mais, même à poste et temps de travail équivalents, l’écart demeure de 4 % !
Enfin, les femmes accomplissent toujours la grande majorité des tâches domestiques : en moyenne 3 heures par jour contre 1 h 45 pour les hommes. Pour les tâches parentales, c’est 1 h 35 pour les mères contre 41 minutes pour les pères.
Notre programme
La crise du capitalisme frappe particulièrement les femmes. Les politiques d’austérité et la destruction des services publics alourdissent le fardeau domestique qu’elles subissent. Parce qu’elles gagnent moins, ce sont le plus souvent elles qui abandonnent leur travail pour s’occuper des enfants lorsqu’aucune place en crèche n’est disponible, par exemple. Confinées à la sphère domestique et plus dépendantes économiquement de leur mari, elles sont également davantage exposées aux violences conjugales. Les budgets austéritaires adoptés par les gouvernements de Macron – et les précédents – constituent donc des attaques directes contre les femmes de la classe ouvrière, en même temps que contre l’ensemble des travailleurs.
C’est aussi la crise du capitalisme qui pousse la classe dirigeante à promouvoir le sexisme – comme toutes les discriminations – pour diviser et affaiblir la classe ouvrière et pour distraire l’attention des travailleurs.
Le mouvement ouvrier doit opposer à toutes ces attaques une réponse de classe, en mobilisant femmes et hommes de la classe ouvrière contre l’oppression spécifique qui frappe les femmes et contre le système capitaliste qui exploite tous les travailleurs.
Cela implique de lutter pour des revendications immédiates : l’application stricte du principe « à travail égal, salaire égal » ; une augmentation massive des budgets des maternités et des services publics de la petite enfance ; un accès gratuit à la contraception ; l’abrogation de la clause de conscience en matière d’IVG ; le financement massif et l’amélioration de la prise en charge des victimes de violences domestiques et sexuelles ; et, plus largement, toute mesure qui permettrait d’alléger le double fardeau qui pèse sur les femmes de notre classe.
Mais on ne pourra ouvrir la voie à la pleine émancipation des femmes qu’en mettant fin à leur esclavage domestique, à travers des investissements massifs dans des infrastructures publiques : crèches, écoles, laveries, cantines, etc. Un tel programme est incompatible avec le capitalisme et la course aux profits. Il nécessite de renverser le système capitaliste, pour mettre en place une économie nationalisée et planifiée démocratiquement. La lutte pour la libération des femmes est une lutte contre le capitalisme !

