https://www.flickr.com/photos/yuped/328919390 par stef niKo, CC BY-SA 2.0

Peu après son élection, Macron promettait que plus personne ne dormirait dans la rue « avant la fin 2017 ». Neuf ans après cette belle promesse, tous les indicateurs sont au rouge : la France compte 350 000 sans-abris, deux fois plus que lorsque Macron a été élu. L’année dernière, environ 700 personnes sont mortes dans la rue. Le nombre de demandeurs de logements sociaux a doublé en 20 ans, et le nombre de personnes expulsées de leur domicile ne cesse d’augmenter.

Le mal-logement est devenu une norme à laquelle des millions de ménages ont dû s’habituer : appartements trop petits, chauffage obsolète, pièces humides, mauvaise isolation – et souvent tout cela à la fois – pour un loyer indécent. Le logement est devenu un problème majeur pour la majorité des jeunes et des travailleurs de ce pays.

Pas assez de construction ?

La classe dirigeante explique cette crise par un « défaut de l’offre » : le secteur du BTP ne construirait pas assez de logements au regard de la demande. Ce secteur a pourtant connu une forte expansion ces dernières décennies. Il suffit de regarder le nombre de chantiers de construction dans les grandes villes pour s’en convaincre.

Comment expliquer alors la pénurie actuelle ? Les immeubles sortis de terre ces dernières décennies n’avaient pas pour vocation de loger les classes populaires. Propriétaires fonciers, banques et promoteurs immobiliers orientent leurs investissements vers les opérations les plus rentables. À leurs yeux, il est bien plus profitable de bâtir des bureaux ou des logements haut de gamme que des appartements populaires.

Aveuglés par la course au profit dans laquelle ils se sont engagés, les principaux acteurs du secteur ont construit massivement des bureaux : depuis les années 2000, on est passé de 23 mètres carrés de bureaux construits pour chaque nouvel emploi créé à 44 mètres carrés aujourd’hui. La majorité de ces bâtiments ont été construits « en blanc », c’est-à-dire sans entreprise destinataire identifiée au démarrage des travaux. La production dépasse largement la demande réelle, laissant une part conséquente de bâtiments inoccupés. Mais la part croissante des bureaux dans les bâtiments réduit mécaniquement le nombre de logements disponibles et fait monter les loyers.

En parallèle, les investisseurs et les ménages les plus aisés ont profité, durant les années 2000 et 2010, de politiques de crédit très favorables, qui ont nourri une hausse vertigineuse des prix au mètre carré : là où la spéculation est la plus forte, dans les métropoles, les logements destinés aux couches populaires ont quasiment disparu.

Une part toujours croissante des ménages rencontre de grandes difficultés pour se loger, alors que des bâtiments de bureaux restent inutilisés. À Nanterre, près du centre d’affaires de La Défense, un immense complexe de neuf hectares composé de jardins privatisés et de 120 000 m² de bureaux a été construit. Seuls 10 % d’entre eux sont occupés ! Au total, on trouve en région parisienne l’équivalent de 80 000 logements de 70 m² sous la forme de bureaux vides.

Réquisition et nationalisation

Face à l’urgence, les gouvernements successifs font semblant de se préoccuper du problème. En réalité, ils aident surtout les riches investisseurs à transformer leurs bureaux vides en logements. La loi Daubié, votée l’été dernier, facilite les aides aux entreprises qui réalisent de tels projets de reconversion. Alors que les grandes entreprises du secteur ont engrangé des bénéfices records pendant des années, l’Etat les arrose maintenant d’argent public !

Les récentes déclarations du Premier ministre Lecornu, sur la volonté de construire 400 000 logements en un an et deux millions d’ici 2030, s’inscrivent dans la continuité de ces politiques : simplification pour les entreprises du secteur de la construction et exonérations fiscales destinées aux ménages les plus riches. Aucun plan de construction à grande échelle n’est prévu pour le logement social. Les jeunes et les classes populaires devront continuer à se contenter de logements inadaptés et trop chers.

Pour régler le problème du logement, il faudrait d’une part réquisitionner immédiatement les bâtiments inoccupés pour les attribuer aux personnes qui en ont besoin, mais aussi nationaliser les grandes entreprises du secteur, sous le contrôle des travailleurs et des usagers, pour construire massivement des logements dignes et de qualité.

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