Capgemini, géant français des services numériques coté au CAC 40, possède plusieurs filiales, dont sa branche américaine, Capgemini Government Solutions. Fin 2025, cette dernière a décroché un contrat de 4 millions d’euros avec l’ICE, la police de l'immigration américaine, pour traquer des immigrés.
Selon un document officiel de l’agence fédérale des achats, le contrat prévoit de « fournir des services de recherche de personnes (skip tracing) pour les opérations d’exécution et d’expulsion ». Un document datant du mois d'octobre, émanant du département de la sécurité intérieure, précise même que l’ICE offre des « primes financières » en fonction du « taux de réussite » – autrement dit, plus Capgemini aide à arrêter et expulser des étrangers, plus l’entreprise engrange de l’argent. Le média américain The Intercept estime que, sur la durée, Capgemini Government Solutions pourrait empocher jusqu’à 365 millions de dollars dans le cadre de rafles d'immigrés perpétrés par l'ICE.
Le 20 janvier, le groupe a annoncé son intention de supprimer 2 400 postes en France, alors même qu’il a distribué plus d’un milliard d’euros aux actionnaires en 2025 : 578 millions en dividendes et 467 millions en rachats d’actions. Sur son site internet, Capgemini prétend se distinguer par « une approche éthique et son engagement autour de sept valeurs – Honnêteté, Audace, Confiance, Liberté, Plaisir, Modestie et Solidarité ». L’hypocrisie de l’entreprise atteint des sommets ridicules : traquer des immigrés pour le profit, licencier des milliers de salariés tout en enrichissant ses actionnaires… voilà le vrai visage de Capgemini.
Et ce visage-là n’est pas une exception, ni celui d’une seule entreprise : il est le parfait reflet du système capitaliste. Capgemini prouve une fois de plus qu’il n’y a qu’un programme à opposer aux entreprises capitalistes : l’expropriation, sans aucune compensation.

