Les bibliothèques publiques ne servent pas seulement à emprunter des livres : elles proposent aussi des ateliers, des services d’aide aux personnes précaires, des événements culturels pour tous – des enfants aux personnes âgées – et tout cela gratuitement. Le ministère de la Culture les qualifie de « premier service culturel de proximité »… mais ne veut pas pour autant lui donner les moyens de fonctionner correctement. Au contraire, le gouvernement a fait de la culture une des premières cibles de l’austérité imposée pour défendre les profits des plus riches.

« Lire à Paris »

À Paris, de nombreux postes de bibliothécaires restent vacants et la ville a décidé de geler les recrutements en 2026. Pendant ce temps, 200 nouveaux postes vont être créés pour la police municipale : la Mairie (PS) préfère investir dans la répression des migrants et des SDF que dans la culture.

Les budgets alloués aux acquisitions de collections – livres, films, musique… – sont également en baisse : 20 % du budget a été coupé en plein milieu de l’année. Les collections de musique et de cinéma ont été particulièrement touchées, alors même que l’abonnement nécessaire pour les emprunter est payant.

Le plan « Lire à Paris », adopté en juillet dernier par la mairie, illustre bien la situation : mis en place sans concertation avec le personnel, il regorge d’injonctions contradictoires et privilégie la quantité au détriment de la qualité du service public.

Par exemple, le plan prévoit une « harmonisation des horaires » entre les bibliothèques, ce qui signifie en réalité une extension des horaires d’ouverture pour de nombreux établissements. Le plan précise aussi que les actions destinées aux publics éloignés des bibliothèques – écoles, centres sociaux, EHPAD et autres structures associatives – sont prioritaires. Mais ces deux objectifs sont en contradiction l’un avec l’autre. L’extension des horaires va faire peser un poids supplémentaire sur des équipes souvent déjà surchargées, en particulier pour les petites structures. Celles-ci devront en faire autant que les plus grosses avec deux à trois fois moins de personnel. Leurs équipes auront donc d’autant moins de temps à consacrer à des actions souvent effectuées en dehors des horaires d’ouverture et même hors de la bibliothèque.

Ouvrir à tout prix

La mairie de Paris veut que les bibliothèques ouvrent à tout prix, qu’importe les réalités du terrain et la fatigue du personnel. En octobre, l’une des bibliothèques du réseau parisien a même été sommée de rouvrir au public alors que des punaises de lit et des morpions y avaient été découverts ! Comble de l’irrespect, la consigne a été donnée de ne pas prévenir les usagers… pour éviter une baisse de fréquentation. Les personnels de cet établissement se sont alors mobilisés pour exiger la transparence avec le public et un nettoyage des locaux en profondeur. Ils ont tenu un piquet de mobilisation devant la bibliothèque fermée pour informer eux-mêmes les usagers des raisons de la fermeture.

Un mouvement de grève « perlée » s’est développé au mois de juillet dans les bibliothèques parisiennes. Une grève contre l’application du plan « Lire à Paris » a touché plusieurs établissements entre le 19 et le 22 novembre. Les piquets de grève ont rencontré la solidarité des usagers, mais les exécutifs municipaux parisiens continuent d’ignorer les revendications. La colère des agents continue donc de s’amplifier.

Le seul moyen pour mettre un coup d’arrêt à l’austérité et obtenir des avancées concrètes passe par une grève offensive et reconductible, qui ne reste pas cantonnée aux seules bibliothèques, mais se tourne vers les autres services de la Ville, eux aussi frappés par l’austérité !

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