Depuis la fin du mois d’août, les Etats-Unis sont engagés dans une escalade militaire contre le Venezuela. Ils ont déployé d’énormes moyens dans la mer des Caraïbes : des frégates, des avions de chasse, des bombardiers, des porte-avions, des navires d’assaut, un sous-marin nucléaire et 15 000 soldats. Cela représente quelque 20 % de la marine américaine.

Il ne s’agit pas d’une simple démonstration de force. Des frappes américaines contre des embarcations ont déjà fait plus de 90 morts. Washington prétend que ces petits bateaux transportaient de la drogue, mais aucun début de preuve n’a été apporté, depuis.

Le 29 novembre, Donald Trump a déclaré la fermeture de l’espace aérien du Venezuela. La plupart des compagnies aériennes étrangères ont suspendu leurs liaisons avec ce pays. Dans le même temps, des avions de chasse et des bombardiers américains survolent sans cesse les côtes vénézuéliennes. Ils violent régulièrement l’espace aérien du pays.

Les 10 décembre, l’armée américaine a saisi un navire pétrolier qui venait de quitter le Venezuela avec, à son bord, deux millions de barils de pétrole brut. Cet acte de piraterie a été formalisé le 16 décembre : Donald Trump a décrété un blocus pétrolier contre le Venezuela. Le 20 décembre, un deuxième pétrolier a été saisi au large du Venezuela.

Propagande

Ce blocus aérien et pétrolier n’a rien à voir avec la « lutte contre le narcotrafic ». Le Fentanyl – que Trump évoque sans cesse – n’est pas produit au Venezuela. La cocaïne non plus, et seule une fraction négligeable du trafic international de cette drogue passe par le Venezuela. Ce sont là des faits connus de tous les spécialistes, mais l’administration américaine n’en a cure : il lui faut un prétexte. Celui-ci est d’autant plus absurde que Trump vient d’amnistier l’ancien président du Honduras, Juan Orlando Hernandez, qui purgeait une peine de 45 ans de prison pour… trafic de drogue.

Cette agression n’est pas davantage une réponse à l’immigration illégale de Vénézuéliens aux Etats-Unis. Il y a d’ailleurs un accord, entre les deux pays, pour renvoyer des migrants vénézuéliens dans leur pays d’origine. En outre, une guerre ouverte aurait pour effet d’augmenter le nombre de Vénézuéliens qui tentent d’entrer illégalement aux Etats-Unis.

Les véritables objectifs

La question du pétrole est, de toute évidence, un élément important de l’équation. Le Venezuela possède les plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde. Les Etats-Unis les ont d’ailleurs pillées pendant des décennies, avec le concours de la bourgeoisie vénézuélienne, jusqu’à ce que le gouvernement d’Hugo Chavez, en 2007, impose de nouvelles conditions aux multinationales américaines. Ce faisant, Chavez restituait au Venezuela le contrôle de ses ressources naturelles.

Ceci dit, si l’accès aux ressources pétrolières du Venezuela était le seul objectif de Trump, il n’y aurait pas besoin d’un telle escalade militaire. Nicolas Maduro, le successeur de Chavez, s’est souvent montré ouvert aux négociations avec les Etats-Unis, sur cette question. Ce sont les Américains eux-mêmes qui ont choisi de maintenir leur politique de sanctions contre le Venezuela – et d’abord contre son pétrole, qui représente 20 % de son PIB et 50 % du budget de son Etat.

La raison fondamentale de cette nouvelle agression impérialiste réside dans la volonté des Etats-Unis de réaffirmer leur emprise sur l’ensemble du continent américain (« notre » hémisphère, disent-ils). L’impérialisme américain veut écarter d’Amérique latine tous les « acteurs non hémisphériques » – comprenez : la Chine. Pour y parvenir, ils sont prêts à recourir aux moyens diplomatiques, économiques et, si besoin, militaires.

Pas touche au Venezuela !

Trump veut la chute de Maduro. A cette heure, il n’y est pas parvenu. S’il fait marche arrière sans avoir atteint cet objectif, il risque de miner la réputation et la crédibilité de l’impérialisme américain, au moment même où il s’efforce de réaffirmer sa domination sur l’ensemble du continent. C’est pourquoi on ne peut pas exclure une intervention militaire directe sur le sol vénézuélien, dans les semaines et les mois qui viennent. Au risque, cependant, de provoquer un chaos aux conséquences très incertaines – y compris du point de vue des intérêts américains.

C’est au peuple vénézuélien, et à personne d’autre, de régler ses comptes avec le gouvernement de Nicolas Maduro. Les communistes du monde entier – en fait, tous les démocrates conséquents – doivent s’opposer fermement, résolument et activement à cette nouvelle agression impérialiste, qui vise à soumettre un pays souverain aux dictats de la première puissance mondiale.

Les jeunes et les travailleurs conscients du monde entier doivent se mobiliser sous des mots d’ordre simples et clairs : « Pas touche au Venezuela ! Pas touche à l’Amérique latine ! A bas l’impérialisme américain ! »



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