Dans un contexte de précarisation croissante des étudiants, la direction de l’Université Lyon 2 a jugé bon de retirer son local, sur le campus, au syndicat étudiant UNEF. Cette manœuvre antisyndicale a été réalisée d’une manière particulièrement sournoise : les membres du syndicat ont été invités à un rendez-vous avec la direction de l’université pour « discuter » de leur local. Pendant ce temps, alors que le local était inoccupé et sans surveillance, des employés de l’université y ont pénétré pour le vider complètement et changer les serrures ! La présidence de Lyon 2 se défend de tout machiavélisme et prétend, contre toute vraisemblance, qu’il s’agit là d’une pure coïncidence…

Ceci dit, la direction de l’université n’a pas laissé le syndicat sans ressources : il peut désormais accéder à un cagibi, dans un local partagé avec toutes les autres associations étudiantes de Lyon 2.

Cela pose plusieurs problèmes : premièrement, alors que le local de l’UNEF était parfaitement visible et en plein centre du campus, ce local commun est complètement excentré et très difficile à trouver. Deuxièmement, parmi les associations étudiantes qui y ont accès se trouve l’UNI, une organisation étudiante d’extrême droite, homophobe et raciste.

Les problèmes que poserait cette cohabitation forcée avec l’UNI sont évidents et nombreux. Par exemple, parmi les activités de l’UNEF, il y a le soutien aux étudiants victimes de harcèlement raciste, sexiste, homophobe, etc. Comment peut-on imaginer accueillir des étudiants issus de l’immigration sous les commentaires goguenards de militants réactionnaires présents dans le même local ? L’UNEF de Lyon 2 refuse donc à juste titre ce « déménagement » – et a lancé une campagne d’information, sur ce sujet, à destination des étudiants.

Ces dernières années, les attaques contre les conditions d’études et de vie des étudiants se sont multipliées : sélection, privatisation rampante des facs, hausse des frais d’inscription… Les dotations des universités fondent comme neige au soleil et les directions sont incitées à s’ouvrir aux partenariats privés, qui ne cherchent que la rentabilité. Les conditions de travail des salariés des universités se dégradent donc, elles aussi, comme on l’a vu à la fac de Jussieu (Paris) avec la lutte des travailleuses d’Arc-en-Ciel (nettoyage). Et comme l’a prouvé cette grève victorieuse, c’est par la lutte commune des étudiants et des salariés de l’université qu’on peut faire reculer les directions !

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