Le 20 janvier, l’armée turque a engagé une offensive contre les Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes (FDS), dans la région d’Afrin (nord-est de la Syrie).

Pendant la guerre civile syrienne, les FDS ont pris le contrôle de presque toute la frontière turco-syrienne. C’est ce que ne pouvait accepter le gouvernement turc d’Erdogan, qui livre une guerre féroce aux Kurdes de Turquie.

D’un autre côté, les Etats-Unis, alliés de la Turquie au sein de l’OTAN, ont eu besoin des FDS pour lutter contre l’Etat islamique. Ils les ont donc soutenus militairement. Le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a même annoncé vouloir pérenniser ce soutien, pour faire pression sur Bachar el-Assad. Cela a provoqué la fureur d’Erdogan – et Tillerson a dû se dédire, pour ménager son allié turc.

Par ailleurs, le 18 janvier, le chef d’Etat-major de l’armée turque s’est rendu à Moscou pour rencontrer son homologue russe et Sergueï Choïgu, le ministre de la Défense russe. Il a obtenu leur accord pour passer à l’offensive. Ce faisant, Vladimir Poutine espère contraindre les Kurdes à se plier à l’autorité d’el-Assad ; il tente aussi d’enfoncer un coin entre la Turquie et les Etats-Unis.

Hypocrisie impérialiste

Les puissances occidentales, dont la France, se sont contentées d’appeler la Turquie à plus de « retenue ». Cela s’explique aisément. Pour Washington, les FDS ne valent pas le prix d’une rupture avec la Turquie, tandis que l’UE a besoin de la coopération d’Erdogan pour endiguer le flot de réfugiés fuyant la guerre. D’ailleurs, les chancelleries occidentales ne s’émeuvent pas du fait que les troupes turques et la soi-disant « Armée Syrienne Libre » combattent aux côtés des miliciens djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (auparavant Al-Qaïda en Syrie).

L’hypocrisie des impérialistes est sans limites. Ils sont prêts à utiliser les Kurdes tant que cela sert leurs intérêts, mais les abandonnent ensuite sans hésiter. Les mouvements progressistes kurdes ne doivent pas compter sur l’aide des gouvernements occidentaux, mais seulement sur leurs propres forces et celles des travailleurs de toute la région.

Afrin