Mercredi 6 décembre, le président américain Donald Trump a déclaré qu’il reconnaîtrait officiellement Jérusalem comme capitale d’Israël. Cela montre la nature réelle des soi-disant pourparlers de paix. Dans un discours prononcé à la Maison-Blanche, Trump a déclaré : « J’ai décidé qu’il était temps de reconnaître officiellement Jérusalem comme la capitale d’Israël. Alors que les précédents présidents en faisaient une promesse de campagne électorale, ils ont échoué à la tenir. Aujourd’hui je tiens cette promesse. Elle marque le début d’une nouvelle approche du conflit entre Israël et les Palestiniens. »

Le message de Trump a provoqué un grand tumulte dans le monde politique, un chef d’État après l’autre s’étant élevé contre lui. Même Theresa May, Première ministre britannique, a dû admettre que l’annonce de Trump était « inutile en termes de perspectives de paix dans la région ». L’Allemagne et la France ont également condamné cette décision, montrant l’écart grandissant entre les Etats-Unis et l’Europe.

Les médias libéraux du monde entier ont versé des larmes de crocodile sur les soi-disant négociations de paix. Mais Trump a simplement mis en évidence ce qui a toujours été la vérité. Ces « respectables » personnes n’ont jamais soutenu le peuple palestinien opprimé. Pendant des décennies, les guerres sanglantes contre les Palestiniens et l’expansion d’Israël ont été soutenues de facto par les puissances occidentales.

Israël a mené d’innombrables guerres et possède l’un des appareils militaires les plus avancés et les plus puissants du monde, dirigé contre les masses palestiniennes qui sont assiégées de tous les côtés. Au fil des décennies, des dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants palestiniens ont été tués dans ces guerres.

Beaucoup d’autres ont été tués par la violence quotidienne du régime israélien. Officiellement, depuis les accords d’Oslo (1993), plus de 110 000 Palestiniens ont été arrêtés et plus de 270 000 colons israéliens ont été déplacés en Cisjordanie. Le capitalisme israélien ne pourrait jamais accepter une Palestine forte et dynamique, ni arrêter son expansion, inscrite dans son ADN.

A travers tous ces événements, nos « amis » libéraux, « défenseurs de la démocratie », ont donné leur soutien tacite ou actif aux agressions de l’impérialisme israélien. Il n’y a jamais eu de paix, ni de véritable conversation d’ailleurs. Les dirigeants palestiniens et les « leaders » du monde arabe ont joué avec cette mascarade pendant des années, ce qui montre où se situent leurs véritables intérêts.

Ce que fait Trump, c’est simplement exposer cette hypocrisie. Il lève le masque de la démocratie bourgeoise à partir duquel la classe dirigeante couvre toute sa barbarie.

Il enlève la feuille de vigne derrière laquelle Mahmoud Abbas et les dirigeants de l’OLP se cachent depuis des années. Et il révèle la vérité sanglante et brutale du capitalisme. Sous le capitalisme, il n’y aura jamais de paix entre Israël et Palestine.

La raison principale de l’annonce de Trump était d’apaiser les éléments réactionnaires de droite de sa propre base dans son pays. Dans le même temps, il signale un changement par rapport à la politique d’Obama au Moyen-Orient en réaffirmant le soutien aux alliés traditionnels des États-Unis. Alors que la guerre civile syrienne s’achève, l’Arabie saoudite et Israël sont plus préoccupés que jamais par l’influence croissante de l’Iran dans la région.

Israël a essayé de se tenir à l’écart du bourbier syrien, mais la semaine dernière il a intensifié ses interventions en bombardant une base militaire iranienne juste au sud de Damas. Le prince héritier saoudien Muhammad ben Salman a également battu les tambours de guerre, d’abord en tentant de provoquer un conflit au Liban et plus tard en mettant en place une alliance militaire avec plus de 40 pays, destinée à combattre l’Iran.

Au cours des derniers mois, les intérêts convergents de l’Arabie Saoudite et d’Israël ont mené aux premières déclarations publiques de soutien de l’un à l’autre. La déclaration de Trump doit être vue de la même manière. Bien qu’ils aient protesté publiquement, derrière la scène, les Saoudiens affûtent leurs couteaux, prêts à poignarder le peuple palestinien dans le dos. Rien n’a changé ici.

Cependant, la déclaration de Trump fait remonter à la surface la profonde haine de l’impérialisme américain qui existe dans toute la région. Et il affaiblit l’influence des États-Unis et de leurs alliés, tandis que l’Iran devrait voir son influence politique augmenter davantage. Le Hamas à Gaza a appelé à une nouvelle Intifada et des affrontements devraient avoir lieu dans toute la région. L’annonce de Trump non seulement dévoile la farce des accords de paix, mais augmente également les tensions entre les dirigeants et les masses dans la région.

La véritable raison du déclin de l’Arabie saoudite et de la puissance américaine au Moyen-Orient réside dans la profonde crise du capitalisme américain et mondial. Les États-Unis sont incapables d’intervenir au Moyen-Orient comme ils le faisaient auparavant. La tentative de Trump de s’exprimer de la sorte pour sortir de cette crise est celle d’un homme coincé dans des sables mouvants essayant de s’en dégager à tout prix. Cela ne fera que conduire à une intensification de la lutte des classes qui se déroule sur le terrain. Le maillon le plus faible est le régime saoudien lui-même, enchevêtré dans un réseau de contradictions insolubles et d’opposition interne croissante, et son nouveau comportement agressif ne servira qu’à hâter son propre déclin.

Pour les masses de la région, c’est une importante leçon à retenir. Aussi longtemps que leur destin est entre les mains de la classe dirigeante et de ses politiciens, elles connaitront encore plus de carnage. 25 années d’« accords de paix » ont seulement conduit à l’écrasement complet du mouvement palestinien. Loin de résoudre quoi que ce soit, les dirigeants palestiniens, aidés par les dirigeants égyptiens et d’autres pays arabes, ont agi de plus en plus comme des gardiens de prison faisant le sale boulot de l’impérialisme israélien et asservissant son propre peuple.

Seul un mouvement révolutionnaire dans toute la région sur la base d’une alliance de tous les opprimés, contre tous les dirigeants, peut mettre fin à cette tragédie.

Mur Palestine

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