Depuis des années, des millions de réfugiés se pressent aux portes de l’Europe, chassés de leurs pays par les conséquences de la crise du capitalisme et des interventions impérialistes (notamment françaises et britanniques). Face à cette crise humanitaire, les dirigeants des États européens font preuve d’un cynisme écœurant. Plusieurs pays, dont la France, ont rétabli des contrôles aux frontières, afin de limiter l’accès aux seuls citoyens européens.

Les réfugiés qui affluent à Calais espèrent atteindre le Royaume-Uni, pour rejoindre leur famille ou parce qu’ils espèrent simplement y vivre une vie décente. Mais pour nombre d’entre eux, l’étape de Calais s’avère infranchissable.

Le Royaume-Uni ne fait pas partie de l’espace Schengen. Les contrôles à la frontière se font au départ de la France. Londres se plaint de l’inefficacité des contrôles français – et Paris se lamente des sommes colossales investies pour appliquer la politique migratoire britannique. Londres a ainsi financé la construction de deux clôtures, pour un total de 35 millions d’euros. Par ailleurs, 1700 CRS sont stationnés en permanence à Calais, pour empêcher les réfugiés de quitter la « jungle » ou pour « étanchéifier le tunnel ».

La « jungle » de Calais

A cinq kilomètres du centre de Calais, la « jungle » rassemble plus de 6000 personnes, d’après les associations d’aide aux réfugiés (4000 selon la préfecture). Elle fut initialement présentée comme un espace où les réfugiés seraient « tolérés ». Mais il s’agit surtout d’un moyen de les surveiller en les parquant tous au même endroit. La préfecture a annoncé le démantèlement d’une partie du bidonville, mais assure qu’il ne s’agit que d’un « déplacement » et non d’une « évacuation ». En un sens, c’est exact : cela ne fera que déplacer le problème, aucune alternative crédible n’étant proposée aux réfugiés, à part des conteneurs insalubres baptisés « Centre d’accueil et d’orientation » – ou l’expulsion pure et simple.

Face à cette situation, la maire de Calais, Natacha Bouchart (LR), demande l’expulsion de tous les réfugiés qui ne sont pas demandeurs d’asile. Mais les demandes d’asile au Royaume-Uni ne peuvent être déposées et examinées… qu’au Royaume-Uni. Demander l’asile à Calais n’aurait de sens que pour s’installer en France. Les réfugiés de Calais sont donc coincés, avec un statut illégal, dans un pays qu’ils veulent simplement traverser. Et en attendant, ils sont exposés aux attaques racistes venant de toutes parts.

Attaques racistes et policières

Des groupes racistes se sont organisés, se présentant comme des « résistants » et des « patriotes » en lutte contre un « ennemi extérieur ». Les agressions contre les réfugiés sont de plus en plus fréquentes, le plus souvent dans une totale impunité. La police elle-même multiplie les actes de violence gratuite, sans avoir besoin de se justifier.

Les politiciens de droite utilisent cette crise pour détourner l’attention des travailleurs des véritables causes de la misère et du chômage croissants, en France. Les réfugiés sont les boucs-émissaires de la crise économique et sociale. Ils sont traités comme des criminels. Natacha Bouchart a même réclamé l’intervention de l’armée. Dans le même temps, les militants associatifs qui se mobilisent pour aider les réfugiés sont assimilés à des provocateurs responsables des protestations des réfugiés contre les mauvais traitements dont ils sont victimes. Comme si les réfugiés ne se rendaient pas compte par eux-mêmes de leurs souffrances et de ses causes !

Calais, avec sa jungle, ses groupes racistes et ses politiciens réactionnaires, symbolise un système agonisant qui traite ses victimes comme des criminels. Celles-ci, françaises ou étrangères, doivent s’unir pour se défendre et combattre pour un monde meilleur. 

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