Du 6 au 8 décembre prochain se tiendra à Pérouse, en Italie, le IXe congrès du Parti de la Refondation Communiste (PRC). En aucun cas il ne pourra s’agir d’un congrès « normal ». En effet, le principal parti de la « gauche radicale » italienne est plus affaibli que jamais, dans un contexte où la crise organique du capitalisme mondial a des conséquences dramatiques en Italie.

Entre les licenciements, les fermetures d’entreprises et de services publics, le gel voire la baisse des salaires et des prestations sociales, des régions entières du pays sont dévastées. La pauvreté explose et l’émigration reprend dans le Sud au même rythme que dans les années 1950. Le gouvernement d’unité nationale mène une politique d’austérité qui fait payer la crise à la classe ouvrière et aux classes moyennes. Comme le gouvernement « technique » de Mario Monti avant lui, le gouvernement actuel d’Enrico Letta est soutenu par les principaux partis politiques au Parlement, le PDL de la droite berlusconienne et le Parti Démocrate (PD) de « centre gauche », mais aussi par les directions des confédérations syndicales, dont la plus puissante, la CGIL.

Dans ce contexte, la direction du PRC a défendu un programme vaguement « keynésien », complètement inadapté à la gravité de la crise – et par ailleurs noyé dans d’interminables discussions sur des questions d’alliances électorales. La direction du PRC a multiplié les propositions électoralistes, un jour pour « refonder la gauche alternative », un autre pour « construire un front démocratique contre Berlusconi », etc. Au centre de toutes ces propositions se trouvait l’alliance avec le Parti Démocrate ou avec des forces politiques alliées au PD. Ces initiatives, qui proposaient d’unir ceux qui mènent des politiques d’austérité et ceux qui s’y opposent, étaient nécessairement vouées à l’échec.

Ne trouvant aucun écho parmi les travailleurs exaspérés par la crise, le PRC a enchaîné les revers électoraux depuis 2008. Son poids institutionnel et ses forces militantes n’ont cessé de décroître. A la veille du prochain congrès, la direction du PRC est divisée entre ceux qui s’acharnent à proposer de « nouvelles » combinaisons électoralistes et ceux qui proposent carrément de liquider de facto le PRC dans le centre gauche italien.

Au sein du PRC, nos camarades de Falce Martello , le journal affilié à la Tendance Marxiste Internationale (TMI), s’opposent depuis des années à cette liquidation. A l’occasion de ce congrès, ils défendent un texte alternatif intitulé Gauche, classe, révolution : pour un nouveau départ, qui propose un programme et une stratégie susceptibles de refaire du PRC un instrument viable dans la lutte des travailleurs italiens contre les politiques d’austérité et le système capitaliste. La gauche italienne ne pourra se reconstruire qu’à partir d’une réelle indépendance de classe, en rupture avec les partis procapitalistes, dont le Parti Démocrate. Il faut également en finir avec les illusions réformistes et électoralistes, mener un travail patient d’enracinement dans les entreprises et renouer avec un programme révolutionnaire – c’est-à-dire communiste.

Nous rendrons compte des résultats du congrès dans le prochain numéro de La Riposte, en janvier.

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