Forcée de rembourser sa dette, la Grèce se voit imposer par la Troïka (UE, BCE et FMI) des mesures d’austérité drastiques depuis l’automne 2009. En juillet dernier, le Parlement grec adoptait le neuvième plan de rigueur consécutif. Or, non seulement le déficit du pays a continué d’augmenter de manière vertigineuse, atteignant 165 % du PIB, mais les conséquences de cette politique sur la population sont dramatiques.

Des sacrifices inutiles

Officiellement, le chômage est de 27,6 % mais les syndicats estiment que la réalité est proche des 35 %. La jeunesse est touchée de plein fouet : 62 % des jeunes âgés de 18 à 24 ans sont chômeurs. On estime que le niveau de vie des travailleurs a chuté de moitié depuis janvier 2010.

Sur une population totale de 11 millions d’habitants, 4 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté. Pour plus d’un tiers du peuple grec, il n’est désormais même plus question de précarité, mais de survie. Or, plus les niveaux de vie chutent, plus la demande s’effondre et plus les déficits augmentent. Par conséquent, ces 4 années de sacrifices et de souffrance ont été vains. Pour la sixième année consécutive, l’économie du pays est en récession.

Le congrès de Syriza

Ces dernières années, l’émergence de Syriza est certainement le développement le plus important de l’expression politique de la classe ouvrière et de la jeunesse. Syriza est une coalition de 14 organisations de gauche dont la plus importante est, de loin, Synaspismos, une scission du parti communiste grec (KKE). En 2012, elle a bondi, en l’espace de quelques mois, de 4 % à près de 30 % de l’électorat grec, au détriment du PASOK, le parti socialiste grec, qui s’est effondré du fait des politiques d’austérité qu’il a mises en œuvre.

Lors du congrès de Syriza, en juillet dernier, nos camarades grecs du journal Epanastasi (« Révolution ! »), qui animent la Tendance Communiste au sein de Syriza, ont présenté un texte alternatif à celui de la direction nationale. Deux de ces camarades ont été élus par le congrès à la direction nationale. Mais malheureusement, la direction a fait en sorte de marginaliser leur texte alternatif, qu’elle a présenté comme une  simple « contribution ». Dans ce texte, nos camarades défendaient un programme communiste clair et audacieux : rompre les accords avec la Troïka et les capitalistes ; exproprier les grands moyens de production, les banques et les monopoles grecs et étrangers ; établir une planification rationnelle de la production, sous contrôle démocratique des salariés et de la population.

Dans son intervention, notre camarade Stamatis Karayannopoulos a insisté sur le fait que la Grèce ne pourra pas payer sa dette – et qu’en essayant de la payer, les gouvernements accélèrent la descente aux enfers du peuple grec. Il n’y a pas d’avenir pour les travailleurs grecs sur la base du capitalisme – que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de l’UE. C’est pour cela que les camarades de la Tendance Communiste appellent à remettre en cause le pouvoir économique et politique du capital, en posant la question de la propriété privée des grands leviers de l’économie.

Une révolution socialiste en Grèce deviendrait un exemple à suivre pour la classe ouvrière et la jeunesse de toute l’Europe. La réponse serait immédiate de la part des travailleurs espagnols, portugais et italiens, qui souffrent des mêmes attaques. Le reste de l’Europe, dont la France et l’Allemagne, ne tarderait pas à suivre. La base serait posée pour la seule alternative progressiste à l’UE : une Fédération Socialiste des Etats Européens.


Les mesures du dernier plan de rigueur :
- Salaire minimum baissé à 586 euros brut
- Hausse de la TVA de 13 à 23 %
- Hausse des taxes sur l’essence, le tabac et l’alcool de 10 %
- Retraites amputées de 7 %
- Départ à la retraite reculé à 67 ans
- Quasi-suppression des allocations de solidarité pour les chômeurs de longue durée, les salariés à faible revenu, les retraités, les paysans
- Seuil de non-imposition baissé à 5000 euros annuels
- Suppression de 30 000 fonctionnaires.  Objectif : 150 000 postes en moins d’ici à 2015
- Coupes budgétaires de  40 % dans la Santé
- Vague de privatisations massives et de fermetures dans les entreprises publiques

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