Le gouvernement soi-disant « socialiste » de George Papandreou, en Grèce, était en réalité l’esclave volontaire des intérêts capitalistes. Il était décidé à poursuivre son œuvre destructrice, quelles qu’en soient les conséquences sociales. Ce n’était pas un gouvernement mais une machine de guerre dressée contre la masse de la population. Ses méthodes ont creusé un immense gouffre entre l’appareil d’Etat et le peuple. Lors de la grève générale de 48 heures, les 19 et 20 octobre, les travailleurs et les jeunes ont dû mener une bataille rangée contre les forces de l’ordre et des provocateurs. Le gouvernement suivant mènera exactement la même politique. La Grèce connaît une intensification de la lutte des classes à une échelle inconnue depuis le renversement de la dictature militaire, en 1974.

Les mesures de rigueur draconiennes mises en œuvre ne suffisent pas pour les dirigeants de l’Europe capitaliste et du FMI. Ils veulent saigner le peuple à blanc. 30 000 emplois supplémentaires seront effacés dans le secteur public d’ici à la fin de l’année. Les représentants de la « Troïka » – FMI, BCE et Commission Européenne – exigent une baisse importante du salaire minimum, actuellement de 750 euros par mois, ainsi que la suppression de pratiquement toutes les conventions collectives et accords salariaux existants.

Récession

Selon ses exécutants, cette politique se justifie par la nécessité d’assainir les comptes de l’Etat et de faire redémarrer l’économie. Mais il n’en est rien. L’économie s’effondre. La politique d’austérité a aggravé la récession au point que le recul des recettes fiscales est supérieur à la réduction des dépenses. D’où un déficit budgétaire qui ne cesse de s’aggraver. Le PIB s’est contracté de 4,5 % en l’espace de 12 mois. Les hôpitaux et les écoles manquent de tout. L’ensemble de la population grecque s’appauvrit – à l’exception de la petite minorité capitaliste qui, elle, ne perd rien. Quand les profits sont menacés dans une branche d’activité donnée, les capitalistes placent leur argent ailleurs.

Le troisième « plan de sauvetage » n’aura pas plus de succès que les deux premiers. La Grèce avait été « sauvée » une première fois, rappelons-le, par Dominique Strauss-Kahn, sans doute entre deux « parties fines » dans les locaux du FMI. Ensuite, il y a eu le « plan » du 21 juillet dernier, qui n’a jamais été appliqué. Nous voilà donc face à la troisième tentative de sauver non pas « la Grèce », comme ils le prétendent, mais uniquement la rentabilité des banques et des affaires capitalistes en général. Il est absolument impossible de satisfaire les exigences de la « Troïka » et du gouvernement grec sans miner davantage l’économie nationale. Quand on coupe dans le vif du secteur public, quand on réduit les revenus des travailleurs, quand on augmente les taxes et qu’on détruit des centaines de milliers d’emplois, la demande et donc nécessairement la production et l’activité économique en général ne peuvent que chuter. Une cessation de paiements de la part de l’Etat grec est donc toujours une possibilité. C’est une hypothèse que le gouvernement allemand et la BCE n’écartent pas. Ils aimeraient l’éviter, mais derrière une façade de déclarations rassurantes, ils s’y préparent sérieusement, dans l’espoir de limiter les pertes et les répercussions internationales, le cas échéant.

Révolution socialiste

Malgré les divergences qui existent entre Merkel, Sarkozy, la BCE et le FMI concernant la Grèce, les représentants du capitalisme sont unanimes sur un point : il faudrait au moins une décennie d’austérité implacable pour commencer à rétablir l’« équilibre » du capitalisme grec. Mais lorsque les intérêts d’une classe dominante deviennent à ce point incompatibles avec ceux de la masse de la population, alors commence une période de révolution. Et c’est précisément une révolution qui est à l’ordre du jour en Grèce. Les travailleurs ont le dos au mur. Ils n’ont d’autre choix que de se battre. Ils tenteront de résister au système. Cependant, tant que la classe capitaliste conservera sa mainmise sur l’économie et l’Etat, ni la colère, ni les manifestations, ni mêmes les grèves ne permettront d’inverser le cours des choses. C’est pour cette raison que les travailleurs grecs seront contraints, par la force des choses, à emprunter la seule voie qui puisse les arracher à cet enfer : la voie de la révolution socialiste.

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