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Sept dirigeants étudiants et syndicalistes ont été enlevés le dimanche 22 avril 2018 par l’armée et les forces de sécurité du Pakistan. Ces étudiants voyageaient de Karachi à Lahore en train, avec d’autres étudiants et travailleurs. Ils ont récemment assisté à une manifestation de solidarité à Karachi pour montrer leur soutien aux Pachtounes opprimés et pour condamner la brutalité de l’Etat dans les régions du nord du Pakistan. Les personnes disparues sont : Attaullah Afridi (organisateur étudiant et jeunesse) ; Umer Riaz (organisateur étudiant et jeunesse) ; Zain ul Abideen (organisateur étudiant et jeunesse) ; Karim Parhar (syndicaliste) ; Aftab Ashraf (syndicaliste) ; Muhammad Gulbaz (syndicaliste) ; Bilawal Baloch (organisateur étudiant et jeunesse).

Pendant de nombreuses années, les travailleurs et les jeunes de la région pachtoune ont été brutalisés au nom de la « sécurité ». Les habitants des régions pachtounes voient leurs vies menacées par l’armée, les drones militaires et les fondamentalistes islamistes. Plus tôt cette année, le Pahstun Tahafuz Movement (« mouvement de protection pachtoune » – PTM) a vu le jour lorsqu’un jeune pachtoune, Naqeeb Ullah Mehsud, a été tué à Karachi par un policier, Rao Anwar, le 13 janvier 2018. Naqeeb Ullah Mehsud appartenait à la tribu Mehsud au nord de la région du Waziristan et était commerçant à Karachi lorsqu’il a été enlevé et tué dans des circonstances mystérieuses. Rao Anwar est célèbre pour l’accaparement des terres et le recours à l’extorsion et au meurtre pour régler des différends personnels. Selon les rapports, il aurait tué au moins 400 personnes entre 2011 et 2018, mais aucune enquête n’a été menée contre lui. Un étudiant, Mashaal Khan, a également été tué par lynchage par des fondamentalistes islamiques parrainés par l’Etat dans la région Pachtoune après qu’il ait lancé une campagne contre les frais élevés, les loyers élevés et la corruption du vice-chancelier.

Jusqu’à présent, tous les rassemblements du PTM se sont déroulés dans le calme, les orateurs montrant leurs doléances et demandant justice par les voies légales. Cependant, les institutions étatiques et les services secrets ciblent les personnes, y compris les étudiants et les travailleurs, qui ont fait preuve de solidarité avec le PTM. Dans ce contexte, un rassemblement s’est tenu à Karachi le 22 avril 2018. Différents syndicalistes et responsables de la jeunesse ont fait des discours pendant le rassemblement. Lorsque ces travailleurs sont rentrés chez eux, les agences de sécurité de l’État et l’armée ont intercepté leurs trains et leurs autobus et, sans montrer aucun mandat ou ordre d’arrestation, les ont emmenés dans des endroits inconnus. Jusqu’à présent, personne n’a été informé de l’endroit où se trouvent les personnes enlevées et aucune charge n’a été enregistrée à leur encontre. C’est la pratique habituelle de la police et de l’armée au Pakistan. Le PTM exprime un énorme mouvement de masses qui a éclaté au Pakistan contre ces injustices.

Nous estimons que le peuple pakistanais, et en particulier le peuple pachtoune, a pleinement le droit d’exprimer ses préoccupations par la liberté d’expression, d’organiser des rassemblements et d’exprimer ses griefs dans tout le pays de manière pacifique. L’enlèvement illégal d’étudiants par les autorités de l’Etat devrait être immédiatement arrêté. Le Pakistan doit être libéré du fondamentalisme islamiste, de l’exploitation des travailleurs et de l’oppression des minorités.

Nous exigeons :

- Que le Premier ministre du Pakistan, Shahid K. Abbasi, et le ministre de l’Intérieur Ahsan Iqbal, libèrent immédiatement Karim, Aftab, Gulbaz, Attaullah, Umer, Zain et Baloch de leur détention par l’armée et les forces de sécurité.

- Que le gouvernement pakistanais cesse les brutalités à l’encontre des travailleurs et des syndicalistes.

Par ailleurs, nous sommes totalement solidaires des travailleurs et des syndicalistes en difficulté au Pakistan, et nous soutenons la campagne de solidarité syndicale au Pakistan.

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