Du 17 juin au 7 juillet, le militant et théoricien marxiste Alan Woods, dirigeant de la Tendance Marxiste Internationale, a fait une tournée de réunions publiques, au Venezuela, pour y présenter son dernier livre : Réformisme ou révolution. Le marxisme et le socialisme du XXIe siècle (Réponse à Heinz Dieterich). Dans cet ouvrage, Alan critique impitoyablement les idées de Dieterich, qui, sous couvert de réviser le marxisme et de réinventer le socialisme, développe une position vulgairement réformiste – et s’aligne sur tous ceux qui, au Venezuela, implorent que la révolution ne sorte pas du cadre du capitalisme. Comme l’a dit Hugo Chavez, qui a lu le livre, Alan a définitivement « pulvérisé » les idées de Dieterich. En même temps, il en a profité pour exposer les idées fondamentales du marxisme sur une large variété de thèmes : la philosophie, l’économie, le matérialisme historique, l’Etat, le stalinisme, l’internationalisme, les révolutions cubaine et vénézuélienne, etc.

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Organisée par des camarades et des sympathisants du Courant Marxiste Révolutionnaire (CMR), au Venezuela, la tournée d’Alan Woods a reçu un accueil extrêmement enthousiaste. Sur une douzaine de réunions publiques, elle a réuni, au total, plus de 4000 jeunes et travailleurs vénézuéliens.

La tournée a commencé à Monaga, le 17 juin. Alan y a présenté son livre devant plus de 200 travailleurs de PDVSA, l’industrie pétrolière du pays. Dans son intervention, Alan a rappelé comment le peuple avait sauvé la révolution, lors du coup d’Etat d’avril 2002. Il a également souligné qu’en se prononçant pour le socialisme, Chavez avait eu le grand mérite de placer cette question au centre des débats. En même temps, Alan a expliqué qu’il désapprouvait la réunion du 11 juin, au cours de laquelle Chavez s’est adressé à un parterre de patrons vénézuéliens et leur a proposé une série d’« avantages », à condition qu’ils investissent et développent l’économie du pays. Alan a rappelé comment, après la déroute du coup d’Etat de 2002, les réformistes avaient fait pression sur Chavez pour qu’il négocie avec l’oligarchie. Mais au lieu de négocier, l’oligarchie avait organisé un lock-out patronal. « Ces appels au dialogue ne permettront pas de se concilier l’opposition, les capitalistes et l’impérialisme », a dit Alan. « Au contraire : ils les convaincront de la fragilité du gouvernement et les encourageront à tenter de le renverser. La faiblesse invite à l’agression. »

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Le 19 juin, Alan s’est adressé à 200 étudiants et professeurs de la magnifique université de Maturin. Puis, le soir même, il est allé présenter son livre à une centaine de travailleurs du champ pétrolier de Morichal, non loin de Maturin. Il a expliqué la nécessité d’étendre le contrôle ouvrier à toutes les industries et d’exproprier l’oligarchie. Alan a également appelé les travailleurs à s’organiser dans la lutte contre la bureaucratie et les éléments réformistes du mouvement bolivarien : « nous sommes beaucoup plus nombreux qu’eux », a-t-il insisté. Le lendemain, une réunion publique s’est également tenue à San Tomé, l’une des zones pétrolières les plus importantes du pays. 250 travailleurs y ont accueilli avec enthousiasme les idées du marxisme.

Le 21 juin, Alan était invité à prendre la parole à une Assemblée de salariés du secteur automobile, à laquelle ont assisté 600 travailleurs de Mitsubishi, Macusa, Vivex, Toyota, Ford et Chrysler. Alan a insisté sur l’énorme pouvoir de la classe ouvrière : « Pas une roue ne tourne, pas une lumière ne brille sans la permission de la classe ouvrière. C’est cet énorme pouvoir qu’il faut mobiliser pour transformer la société. Lors du coup d’Etat d’avril 2002, qui a sauvé la révolution ? »« Le peuple ! Les travailleurs ! », a répondu l’assistance.

La tournée s’est poursuivie jusqu’au 7 juillet, volant de succès en succès : 90 militants et travailleurs à Barcelona, 350 à Ciudad Guyana, 550 à Puerto Ordaz, 180 à Zulia, 250 à San Cristobal, 400 à Merida, 100 à Caracas, et enfin 800 dans l’Etat de Barinas. Les deux dernières réunions publiques, à Barinas, ont été organisées et présidées par le candidat du PSUV au poste de gouverneur régional, Adam Chavez, le frère du Président (photo ci-contre).

Sidor

La réunion publique à Puerto Ordaz était particulièrement impressionnante. Elle s’est tenue dans la grande salle de conférence de l’entreprise Sidor, la plus grande aciérie d’Amérique latine. Après 13 mois de lutte des salariés pour des conditions de travail et des salaires dignes, Chavez a fini par nationaliser l’aciérie. Les 550 travailleurs de Sidor venus écouter Alan étaient parfaitement en phase avec ses idées. Sur la question des expropriations, Alan a demandé : « Les réformistes insistent pour que la propriété privée ne soit pas touchée. Ils veulent planifier le capitalisme. Mais comment planifier ce qu’on ne possède pas ? ». Il a ajouté qu’il n’était pas nécessaire de toucher à la propriété privée de 98% des Vénézuéliens – c’est-à-dire des travailleurs, des paysans et des classes moyennes –, mais qu’il était indispensable d’exproprier les 2% restant, à savoir la classe capitaliste. Cette idée a provoqué les applaudissements nourris des travailleurs de Sidor.

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A la fin de son discours, Alan a déclaré : « il faut gagner les élections locales de novembre prochain en votant pour les candidats du PSUV. » Mais il a ajouté que la défaite du référendum constitutionnel de décembre dernier était un avertissement pour tous les révolutionnaires, « car cela a montré que le peuple et les travailleurs commencent à se fatiguer de voir que leurs problèmes ne sont pas résolus. Ils sont fatigués des discours et des élections, alors que la révolution n’a pas été menée à son terme, c’est-à-dire jusqu’à l’expropriation des capitalistes. » Cette idée, elle aussi, a été accueillie par une ovation de l’assistance.

Chavez et Alan à Nueva Esparta

La tournée d’Alan Woods a fait l’objet de plusieurs articles et interviews dans les médias vénézuéliens. Par exemple, le 2 juillet, Alan était l’invité de ContraGolpe, l’émission politique la plus appréciée des révolutionnaires vénézuéliens. C’est en regardant cette émission que Chavez a appris la présence d’Alan Woods – dont il cite souvent les livres – au Venezuela. Chavez a immédiatement demandé qu’Alan l’accompagne, le lendemain, à un sommet du « Mouvement des non-alignés », à Nueva Esparta, sur l’île Margarita (photo ci-dessous).

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Lors du sommet, Chavez a fait un discours de deux heures et demie, au cours duquel il a attaqué le capitalisme, l’impérialisme, et présenté le socialisme comme la seule voie possible pour l’humanité. Il a mentionné notre camarade Alan Woods à cinq reprises, c’est-à-dire chaque fois qu’il parlait du marxisme et des nationalisations. Il a notamment commenté l’interview de la veille, sur ContraGolpe, en disant : « Alan a formulé quelques critiques, dont j’ai pris note. Des critiques d’un point de vue marxiste – et j’ai un grand respect pour les opinions marxistes ».

De fait, Chavez semble beaucoup apprécier le dernier livre d’Alan Woods. Lors des deux dernières éditions d’Allo Presidente, une émission TV que Chavez anime lui-même, tous les dimanches, il a recommandé le livre d’Alan.

Le succès spectaculaire de la tournée d’Alan Woods a évidemment renforcé l’enthousiasme et l’optimisme de nos camarades vénézuéliens du Courant Marxiste Révolutionnaire (CMR). Au total, plus de 900 exemplaires du livre ont été vendus lors des réunions publiques, et il est prévu d’en imprimer plusieurs milliers pour faire face à la demande. Par ailleurs, des centaines de jeunes et de travailleurs ont laissé leurs coordonnées à nos camarades du CMR, qui constituent la tendance marxiste du PSUV.

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Mais surtout, ce que cette tournée a très clairement démontré, c’est que les idées et le programme du marxisme correspondent parfaitement aux aspirations des travailleurs révolutionnaires vénézuéliens. Comme l’a dit un militant, à Tachira : « Alan donne une voix à ce que pensent les travailleurs et les paysans ». Cela seul suffit à prouver que, contrairement à ce que disent les réformistes du type de Dieterich, les masses vénézuéliennes sont prêtes pour le socialisme. Et que le problème de la révolution, ce n’est pas le « faible niveau de conscience des masses », comme on l’entend trop souvent, mais la position prépondérante qu’occupent les bureaucrates et les Heinz Dieterich à la tête du mouvement bolivarien et dans l’appareil d’Etat. Il est grand temps de les écarter du chemin et d’aller jusqu’au socialisme !

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