Sous le capitalisme, les femmes sont pénalisées dans tous les domaines de la vie : à l’école, au travail, mais aussi à la retraite. En moyenne, la retraite d’un homme est supérieure de 38,8 % à celle d’une femme [1]. Même si on prend en compte les droits dérivés, comme la réversion du conjoint décédé, l’écart s'élève à près de 25 %.

D'où vient cette différence ? D’abord de l’inégalité salariale, qui avoisine les 25 %, mais aussi des différences de parcours professionnels : beaucoup de femmes arrêtent provisoirement de travailler, et donc de cotiser, après une naissance.

Jusqu'à récemment, l'écart entre les pensions des hommes et des femmes avait tendance à légèrement diminuer, notamment parce que les femmes travaillent plus qu’avant. Mais la prochaine réforme des retraites ne manquera pas d'aggraver à nouveau les inégalités.

Double peine

En janvier 2019, les hommes et femmes subiront la fin de l’indexation des pensions sur le coût de la vie : elles n'augmenteront que de 0,3 %, alors que l’inflation devrait atteindre 1,6 %. Le gouvernement continue de faire des économies sur le dos des retraités (leur CSG a déjà augmenté).

Ce n’est pas tout. La réforme des retraites que prépare le gouvernement prévoit d'en finir avec le calcul de la pension basé sur les 25 meilleures années de salaires – au profit d’un calcul sur l’ensemble des années de cotisations. Cela débouchera sur une baisse des pensions. Et particulièrement pour les femmes, qui sont en moyenne moins payées. Le gouvernement a aussi déclaré qu’il n’y aurait pas « de points gratuits » : les reversions ne seront plus automatiques. Cela signifie que dans les couples où les femmes ont arrêté de travailler pour s’occuper des enfants (ce qui est d’autant plus courant qu'il n'y a pas assez de crèches), elles ne pourront plus espérer une réversion de la retraite de leur mari décédé pour compléter leur maigre retraite.

En bref, cette réforme place l’ensemble des travailleurs, mais particulièrement les femmes, devant l’alternative suivante : travailler après l’âge du départ légal à la retraite (62 ans) – ou n’avoir qu’une pension de misère. Et ce alors que la « deuxième journée de travail », celle que les femmes réalisent dans le foyer familial, ne s’arrête pas à 62 ans ! Le slogan du capitalisme est bien : « travaille jusqu'à ce que mort s'ensuive ».


[1] Chiffre de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (DREES)

 

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