Un remaniement ministériel pourrait avoir lieu avant l’été. Dans cette perspective, plusieurs parlementaires d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV) – Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili, François de Rugy, Denis Baupin – se disent prêts à entrer au gouvernement. Le 4 avril, lors d’une grande réunion d’« écologistes » de tous bords, ils partaient à la recherche de « convergences » avec des réactionnaires notoires tels que Corinne Lepage, ex-ministre du gouvernement Juppé (1995), ou encore Jean-Luc Benhamias, passé des Verts au Modem avant de fonder son propre parti « centriste ».

En mars 2014, Cécile Duflot (EELV) est sortie d’un gouvernement dont elle avait fermement défendu la politique de rigueur. A présent, elle s’oppose au retour d’EELV au gouvernement et, avec mille précautions, propose de travailler avec le Front de Gauche. Prise entre ces deux feux, Emmanuelle Cosse, secrétaire nationale d’EELV, bat des records de langue de bois : « C’est quoi le scandale dans ce pays ? Est-ce que c’est que des écolos veuillent entrer dans le gouvernement et d’autres non ? Ou est-ce de voir ce pays s’enfoncer dans une crise sociale, démocratique, environnementale sans précédent ? » Comme s’il n’y avait aucun lien entre la politique du gouvernement et la crise en question !

Et l’écologie, dans tout ça ?

Au sommet des Verts, les ambitions et les carriérismes ont toujours donné lieu à de vastes mêlées publiques, dont les grands médias se régalent. Mais qu’en pensent les militants d’EELV ? Les médias n’en parlent jamais – ou presque.

De nombreux militants d’EELV sont écœurés par le spectacle décrit ci-dessus. Ils sont aussi un certain nombre à comprendre que les « défis environnementaux » ne pourront pas être relevés dans le cadre du « système » actuel.

Le Front de Gauche doit-il s’adresser à ces militants et tenter de les gagner à son combat ? Oui ! Mais sans faire de concessions aux idées confuses qui circulent dans les rangs des Verts. Il faut en particulier insister sur deux points :

1) La résolution des problèmes « écologiques » est indissociable de la lutte des classes. L’écologie politique planant « au-dessus des classes et des partis » n’existe pas : ceux qui la professent finissent immanquablement dans le camp de la classe dirigeante, c’est-à-dire de la petite minorité d’exploiteurs et de pollueurs.

2) La course au profit des grandes multinationales constitue la principale source de catastrophes et de menaces écologiques. L’économie de marché est incompatible avec une gestion rationnelle des ressources naturelles. La « planification écologique » doit reposer sur une planification de l’économie dans son ensemble, sous le contrôle démocratique de la population. Les militants écologistes qui prennent leur combat au sérieux, pour lesquels il ne s’agit pas d’un moyen de décrocher des postes dans les institutions, doivent en tirer toutes les conclusions et lutter à nos côtés contre les apôtres du « capitalisme vert », cette contradiction dans les termes.

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