Le gouvernement redoute les élections municipales des 15 et 22 mars prochains car sa politique est rejetée par une très nette majorité de la population. De nombreux candidats LREM prennent soin de ne pas afficher leur soutien à la politique gouvernementale. Ils font profil bas, parlent surtout de « politique locale ». Ils s’efforcent de tromper les électeurs.

Les Républicains espèrent profiter de cette situation. Mais comme ils sont d’accord, au fond, avec la politique pro-capitaliste du gouvernement, ils ont du mal à s’« opposer » à lui d’une façon crédible. Alors ils tentent d’exister en multipliant les déclarations racistes, nationalistes et « sécuritaires », ce qui pourrait surtout bénéficier au… Rassemblement National.

Le rejet massif du gouvernement, dans la population, aurait pu profiter à la France insoumise (FI), qui a émergé en 2017 comme la force dominante de la « gauche radicale ». La FI aurait dû lancer une campagne offensive, anti-capitaliste, sur des thèmes municipaux et nationaux. Elle aurait dû proposer publiquement à toute la gauche radicale (PCF, NPA, etc.) de s’unir, à l’échelle nationale, dans une alliance cohérente et lisible. L’idée d’une campagne commune de toute la gauche radicale – liée aux luttes sociales – aurait rencontré un écho important dans la jeunesse et le salariat. Les directions du PCF et du NPA auraient eu le plus grand mal à rejeter une telle proposition de la FI – ou, du moins, à justifier ce rejet.

Tambouilles « citoyennes »

Au lieu d’une stratégie de cet ordre, les dirigeants de la FI ont choisi de faire profil bas. La FI, comme mouvement national, s’est enterrée dans une multitude de « listes citoyennes ». Or celles-ci n’ont de « citoyennes » que le nom, car dans les faits leur constitution a été strictement contrôlée par des militants politiques chevronnés – et venus, hélas, de tous horizons.

Sous couvert de démarche « citoyenne », les candidats de la FI se trouvent parfois engagés, dès le premier tour, sur des listes communes avec des cadres du PS et des Verts. C’est une grave erreur. Le PS est discrédité dans les couches les plus radicalisées de la population. Quant aux Verts, ils défendent un « capitalisme vert », ce qui est une contradiction dans les termes. La FI devrait l’expliquer systématiquement, au lieu de s’allier avec les Verts.

Il est clair que la direction de la FI a été déstabilisée par son revers aux élections européennes de juin dernier (6,3 %). Craignant d’exposer son mouvement à un nouveau revers électoral, elle a préféré « enjamber » les élections municipales. Mais au passage, la FI est tombée dans des alliances complètement opportunistes. Fatalement, cela renforce la division et la démobilisation dans ses rangs.

Dans le contexte économique et social actuel, la FI conserve toujours un grand potentiel. Mais si elle ne veut pas le gâcher complètement, elle doit rapidement opérer un net virage à gauche.

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