Laurent Wauquiez a été élu le 10 décembre dernier à la tête des Républicains (LR), dès le premier tour et très largement (74,6 %). La faible participation (42 % des cotisants) montre que l'enjeu était limité : le nouvel ancrage « à droite toute » était déjà acté, à la base du parti.

Les médias bourgeois ont cherché à créer un intérêt artificiel autour de cette élection. En vain. Comme politicien, Wauquiez n'est qu'une médiocre copie de Sarkozy – lequel, déjà, n'était pas un génie. Mais au-delà de ce problème de charisme (ou d'absence totale de charisme), c'est la droite traditionnelle qui est dans une crise profonde.

Nombre de journalistes (de droite) nous présentent Wauquiez comme le « chef de l'opposition ». Problème : pour « s'opposer » au gouvernement, il faut avoir des idées et un programme sensiblement différents de ce dernier. Or Marcon applique peu ou prou le programme que défendait François Fillon à la présidentielle. Le gouvernement mène la politique de droite que demande la bourgeoisie française. En conséquence, beaucoup de dirigeants LR gravitent vers le parti Macron, à des degrés divers.

Polarisation

Wauquiez lui-même n'a pas de divergence fondamentale avec la politique économique et sociale de Macron. Mais le nouveau chef des Républicains fait le calcul que Macron sera discrédité, tôt ou tard – et qu'alors la faillite du « centre » ouvrira de nouveaux espaces sur l'extrême droite de l'échiquier politique. Il a pris acte de la polarisation croissante de la vie politique française, sur fond de discrédit des partis traditionnels. Compte tenu du rôle joué par le FN dans la polarisation à droite, ces dernières années, Wauquiez multiplie les politesses à l'égard de Marine Le Pen. Il vise non seulement l'électorat du FN, mais aussi des alliances électorales, à l'avenir.

De son côté, la direction du FN fait le même pari. Elle aura besoin des Républicains pour accéder au pouvoir. C'est pour cela que le FN a débarqué Philippot et sa démagogie « sociale ». Le Pen ne remet plus en cause l'UE et l'euro, lesquels restent, malgré tout, des acquis fondamentaux pour la classe dirigeante française. Bref, Marine Le Pen renvoie ses politesses à Wauquiez – même si, dans l'immédiat, les deux se disputent le leadership de la droite « radicale ».

Tels sont les plans de ces réactionnaires endurcis. Mais la dynamique politique générale ne leur est pas favorable. Leur programme antisocial détourne d'eux une fraction croissante des classes exploitées. En effet, la polarisation se développe aussi sur la gauche de l'échiquier politique. Et elle s'y développe plus vite : en avril 2017, Mélenchon a fait 3 millions de voix de plus qu'en 2012 ; Marine Le Pen « seulement » 1,3 million de voix de plus. Si la France insoumise ne commet pas trop d'erreurs et parvient à exprimer l'aspiration des masses à un changement radical, elle supplantera Wauquiez, Le Pen et leur misérable démagogie raciste.

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