Une nouvelle polémique a frappé le monde pharmaceutique et les autorités de santé, ces derniers mois. Elle concerne le Lévothyrox, un médicament utilisé au quotidien par près de trois millions de personnes, en France, pour pallier à une carence en hormones thyroïdiennes. Poussé par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), le laboratoire Merck a pris la décision, en mars dernier, de changer la formule de ce médicament, indispensable et vital, sans même en informer les patients concernés. Rapidement, la colère s’est répandue parmi les millions de malades de la thyroïde. 15 000 signalements d’effets indésirables ont déjà été recueillis. Fatigue, vertiges, crampes, maux de tête, perte de cheveux : des symptômes peu spécifiques, mais qui perturbent la vie au quotidien – et dont la plupart ne sont pas expliqués par les autorités de santé.

Quelle réponse du gouvernement ?

A la suite d’une pétition sur les réseaux sociaux et de multiples plaintes déposées contre l’ANSM et le laboratoire (le seul à commercialiser ce traitement), la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, a reconnu un vrai problème de communication. Elle a indiqué vouloir lancer une « mission de réflexion » pour définir comment mieux informer les patients à l’avenir. Pour tenter de mettre un terme à ce scandale, l’ancienne formule est de nouveau provisoirement commercialisée depuis mi-octobre. Par ailleurs, le monopole de Merck France sur le traitement hormonal thyroïdien va prendre fin avec la commercialisation d’une nouvelle spécialité par le laboratoire Sanofi. Est-ce tout, madame la ministre ? Ces mesures palliatives et dérisoires sont loin de répondre aux besoins, aux attentes et aux aspirations des patients qui prennent le Lévothyrox. Il faut réagir à la colère en s’attaquant à la racine du problème.

Comment en finir avec ces pratiques scandaleuses

Les patients ont été pris en otage, contraints par la firme pharmaceutique et l’ANSM (qui était déjà aux abonnés absents lors de l’affaire du Médiator, en 2012) de subir une décision arbitraire. Car l’industrie pharmaceutique ne fonctionne pas pour servir les besoins (souvent vitaux) de la population, mais pour remplir les poches de quelques grandes familles de spéculateurs. La santé est une affaire trop grave pour être laissée entre les mains de quelques capitalistes et hauts fonctionnaires irresponsables. Pour éviter que de tels épisodes ne se reproduisent, il faut nationaliser les laboratoires pharmaceutiques et les placer, en même temps que les autorités de santé, sous le contrôle de leurs salariés et des patients organisés en associations. Les richesses, qui sont aujourd’hui accaparées par une poignée d’actionnaires, devraient être utilisées pour développer un service public de la recherche médicale et permettre à tous d’accéder à des médicaments et des soins gratuits.

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