Aux présidentielles comme aux législatives, La Riposte appelle à voter PCF au premier tour, et pour le candidat de gauche le mieux placé au deuxième. Il faut barrer la route à Sarkozy, flanquer l’UMP hors des ministères. La menace est grave. Si la droite remporte les élections, elle ira à sa besogne destructrice avec une vigueur redoublée.

Mais nous devons livrer la bataille les yeux grands ouverts. Si la gauche l’emporte, le « réalisme » servile des dirigeants du PS est tel que le gouvernement de gauche ne sera que le masque temporaire d’une classe capitaliste tout aussi rapace et rétrograde qu’elle l’a été sous la droite. Les capitalistes s’efforceront de démolir ce qui reste des conquêtes sociales, de soumettre la société toute entière à la loi implacable du profit, de réduire le travailleur au rang d’être impuissant, exploitable et jetable à volonté.

Cela ne signifie pas que rien ne changera. Le changement viendra d’en bas. On le sent venir. On le voit venir. L’expérience amère de la précarité, du chômage, de la pauvreté, des fermetures, des licenciements, des privatisations, des délocalisations, des prix et loyers qui montent en flèche – tout cela est en train de modifier en profondeur la psychologie des victimes du système. Les intérêts vitaux de la classe capitaliste sont devenus incompatibles avec ceux de la vaste majorité de la population. Petit à petit, ce fait pénètre la conscience populaire. Nous l’avons dit et répété dans ce journal : aucun ordre social ne peut continuer indéfiniment sur cette pente. La société française est au bord d’une explosion sociale. Les grandes luttes, grèves, manifestations et émeutes de ces dernières années, qui ont impliqué plusieurs millions de jeunes et de travailleurs, en étaient les signes précurseurs.

Les affaires tournent. Les profits grimpent. Les entreprises du CAC 40 ont réalisé 54 milliards de bénéfices en 2006. Les riches se portent bien. Rien qu’en dividendes et intérêts financiers, ils ont touché près de 250 milliards d’euros en l’espace de 12 mois. Ils n’ont que du mépris pour les ouvriers, pour les pauvres. Ils les considèrent comme des « assistés », des feignants vivant au-dessus leurs moyens – voire de la « racaille ». Ce n’est pas par hasard qu’ils ont choisi un individu comme Sarkozy pour porter leur drapeau. Mieux que tout autre, Sarkozy incarne leur arrogance, leur instinct répressif et leur haine envers « ceux d’en dessous ».

Depuis toujours, ce mépris est le trait caractéristique des classes dominantes. Jean-Jacques Rousseau, en son temps, remarquait que pour les esclavagistes, des hommes nés dans l’esclavage semblaient être nés pour l’esclavage, puisque les esclaves se résignaient à leur sort. Mais la résignation a ses limites. La classe dirigeante française est assise sur un volcan, qu’elle veuille ou non le comprendre. Il vient un moment où les humiliations, les oppressions et toutes les souffrances enfouies dans la conscience collective remontent à la surface. Telle est la leçon de toutes les révolutions du passé – comme la révolution russe, dont nous célébrons le 90e anniversaire –, mais aussi des révolutions du présent, comme celle en cours au Venezuela. Et telle sera la leçon des années à venir, ici, en France.

Les épreuves qui nous attendent exigent le rétablissement, dans le mouvement communiste et socialiste, du programme et des idées révolutionnaires du marxisme. Devant le déclin inexorable du capitalisme, le réformisme, qui voit le salut dans une lente accumulation de petits changements allant « dans le bon sens », est réduit, dans la pratique, à de vaines protestations. Le capitalisme ne fonctionnera jamais selon « une autre logique ». Certes, le devoir des communistes est de soutenir toutes les luttes, toutes les résistances contre le capitalisme. Mais ils doivent aussi et surtout expliquer que la seule alternative à la régression sociale réside dans le renversement du capitalisme, dans la suppression de la propriété privée des banques, de l’industrie et de la grande distribution. Ce n’est que de cette façon que l’économie pourra enfin servir le bien commun.

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