Les jeunes communistes de la Haute-Garonne, réunis en congrès fédéral, à Toulouse, ont porté une équipe entièrement renouvelée à la direction de la fédération. Elus à une large majorité des congressistes, ce sont désormais les marxistes qui se reconnaissent dans les idées de La Riposte qui dirigent la fédération.

Cet événement marque la clôture d’un chapitre difficile dans la vie de la fédération. Depuis plusieurs années, les efforts des jeunes communistes pour construire l’organisation étaient systématiquement sabordés par les manœuvres déloyales et anti-démocratiques de l’ancienne direction. Dans une déclaration signée par plusieurs camarades [1], le besoin de mettre l’organisation sur des bases plus saines a été exprimé dans les termes suivants :

« Il est absolument normal et inévitable qu’un mouvement tel que le MJC soit traversé par des sensibilités politiques différentes. Les idées politiques des signataires de ce texte coïncident avec celles que défend le journal La Riposte.Pour d’autres jeunes communistes, ce n’est pas le cas. Mais dans une organisation démocratique, il faut chercher à surmonter des divergences d’opinion au moyen d’un échange d’idées fraternel et démocratique. Il est impossible de les régler par des manœuvres organisationnelles, qui ne font que discréditer le mouvement aux yeux des jeunes et confirmer leurs pires craintes au sujet de l’engagement politique.

Tous les jeunes communistes, quelle que soit la façon dont ils envisagent la lutte contre le capitalisme, doivent pouvoir participer pleinement et démocratiquement à tous les aspects de la vie interne du MJC, et avoir une prise réelle sur ses orientations politiques. Chaque jeune communiste, sans exception, doit avoir la possibilité de présenter son point de vue et d’essayer d’en convaincre ses camarades dans le cadre d’une discussion libre et ouverte à tous.

Le comportement du secrétaire fédéral sortant, visant à discréditer des jeunes communistes qui ne partageaient pas son point de vue ou qui critiquaient ses méthodes arbitraires, est totalement inacceptable. Le MJC n’est pas la "chose" d’un individu ou d’une clique de copains. Il ne doit pas, non plus, servir de marche-pied pour accéder à des postes rémunérés dans le PCF ou ailleurs. Le MJC est un instrument de lutte militante qui appartient collectivement à tous les jeunes communistes. Des pratiques comme la tentative d’annuler des décisions collectives par un "veto" personnel, le refus de reconnaître jusqu’à l’existence de sections locales (ou "unions de ville"), la nomination arbitraire et anti-démocratique des délégations à l’Assemblée nationale des animateurs (ANA), le refus de livrer des cartes aux adhérents jugés "indésirables", et toutes les autres manœuvres du même ordre, ne devraient jamais exister dans le MJC. »

La défaite de l’ancienne direction s’explique par la frustration de plus en plus forte, chez les militants de la JC 31, face à ses agissements arbitraires. Il y a juste douze mois, les délégués élus à l’ANA par les jeunes communistes toulousains ont été refoulés aux portes de l’assemblée par les permanents nationaux du MJC, de connivence avec la direction fédérale de la Haute-Garonne, sous prétexte qu’ils n’étaient pas « dans la ligne ». La section de Toulouse, apparemment, « n’existait pas ». Le secrétaire fédéral, David Fourcade, était le représentant typique — mais malheureusement pas unique — des « petits chefs » du MJC qui voient dans le mouvement non pas une organisation agissante, militante, et ouverte à tous les jeunes qui veulent lutter contre le capitalisme, mais un simple marché-pied à des postes rémunérés et autres avantages. Sans mener la moindre activité conséquente sur le terrain, il refusait obstinément ne serait-ce que de reconnaître l’existence des sections locales, et n’y a jamais mis les pieds. Pas une seule fois les dirigeants de la fédération ont cherché à répondre aux idées politiques des camarades proches de La Riposte, tant ils manquaient de confiance en leurs propres idées — un mélange incongru de notions vaguement réformistes et « alternatives ». Ils pensaient pouvoir éliminer les marxistes du MJC au moyen de manœuvres et d’intimidations. De toute évidence, cela n’a pas marché.

Le « travail » de cette équipe se caractérisait par une attitude complètement irresponsable et désinvolte. Par exemple, les congressistes ont appris avec stupéfaction que, depuis des années, aucun registre des entrées et sorties d’argent n’a été tenu. Aucune facture ni aucun reçu n’étaient disponibles. Sur ce plan comme sur tous les autres, la nouvelle direction du MJC-UEC de la Haute Garonne s’engage sur un changement radical de méthode, en conformité avec les exigences formulées dans la déclaration citée précédemment :

« 1. Un accueil chaleureux et fraternel sera accordé à tous les nouveaux adhérents du MJC, indépendamment de la façon dont ils envisagent la lutte contre le capitalisme. Chaque jeune communiste aura le droit démocratique de défendre librement son point de vue dans le mouvement, oralement ou par écrit.

2. Chaque nouvel adhérent recevra une carte du MJC lors du versement de sa première cotisation. Aucun jeune communiste ne verra la légitimité de son appartenance au MJC remise en cause (sauf, bien évidemment, pour des comportements totalement incompatibles avec nos valeurs : racisme, violences physiques, etc.).

3. Les sections locales existantes seront pleinement reconnues dans la structure du MJC. A chaque fois qu’un nombre suffisant de jeunes communistes souhaitent créer une section dans une ville, un village, un lycée, etc., ils pourront compter sur l’aide et le soutien de la direction fédérale.

4. Les délégations à l’ANA, comme à d’autres instances représentatives, seront systématiquement soumises à la décision collective, par le biais d’un vote. De la même façon, les participants aux voyages dits « de solidarité » seront déterminés par un vote démocratique impliquant l’ensemble des jeunes communistes du département, qui décideront également du véritable intérêt politique du déplacement proposé. Le MJC n’a pas vocation à fournir des vacances gratuites à ses représentants.

5. La comptabilité et la situation financière du MJC 31 feront l’objet de rapports financiers réguliers. Les comptes de l’organisation seront soumis au congrès fédéral pour validation, et pourront être consultés à tout moment et sur demande par les membres du MJC.

6. Des assemblées générales auxquelles seront conviés tous les jeunes communistes du département seront organisées régulièrement pour débattre et décider, au moyen de votes démocratiques, des orientations et des revendications politiques du MJC 31. Nos décisions seront communiquées aux instances nationales et aux autres fédérations du MJC, pour information. »

Lors du congrès fédéral, des textes relatifs aux mouvements révolutionnaires au Venezuela et au Mexique ont été votés. Nous espérons que les camarades publieront prochainement un compte-rendu des principales décisions et votes du congrès. Nous comptons sur eux pour nous communiquer leurs prises de position et actions sur le terrain au cours des années à venir. La victoire éclatante des marxistes, soutenus par 65-70% des congressistes, signifie que les jeunes communistes de la Haute-Garonne peuvent désormais se concentrer sur leur tâche principale, à savoir la construction d’une organisation de jeunesse puissante, démocratique, enracinée dans les lycées, les facultés et les quartiers.

Pour La Riposte, le fait que le congrès place la direction fédérale entre les mains de jeunes communistes qui s’identifient à ses idées ne peut que conforter son autorité politique auprès des éléments les plus militants et révolutionnaires du MJC et de l’UEC. Le résultat du congrès de la Haute-Garonne marque un tournant important dans la vie de l’organisation, au niveau national. Depuis de nombreuses années, le programme et les textes défendus par la direction du MJC ont été progressivement vidés de leur contenu communiste et révolutionnaire, à la faveur d’une sorte de « jeunisme » réformiste. Plusieurs dirigeants nationaux s’efforcent délibérément d’éliminer toute référence au marxisme – et même à la lutte des classes – dans les textes officiels du mouvement. Le congrès de la Haute-Garonne est le signe d’un inversement de tendance. C’est une victoire qui sera suivie par d’autres. Le marxisme est de retour !


[1] Hubert Prévaud, Christophe C., Naiké Caldéra, Nafis Ghazouane, Boris Campos, Lidia Campos, Pablo Dardel, Salama Mondiner, Rémi Lapeyre.

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