A l’Assemblée Nationale des Animateurs (ANA) du Mouvement des Jeunes Communistes (MJC), qui s’est tenue place Colonel Fabien, à Paris, du 11 au 13 novembre, la direction nationale du MJC a refusé d’admettre les délégués de la Haute-Garonne en raison de leur adhésion aux idées défendues par La Riposte. Ces délégués avaient été démocratiquement élus par la section de Toulouse - la seule du département - lors de sa réunion du 5 novembre dernier. Le secrétaire fédéral, David Fourcade, et les responsables nationaux en ont été dûment informés. Mais vendredi soir, lorsque les quatre délégués se sont présentés à la conférence, on leur a expliqué que leurs noms n’avaient pas été validés par le secrétaire fédéral, car ils n’étaient pas politiquement « dans la ligne ».

Une déléguée toulousaine, Salama Mondiner-Ghazouane, est néanmoins parvenue à rentrer dans la salle le temps de dénoncer cette discrimination politique devant l’assemblée. Son intervention a été applaudie par de nombreux délégués. Immédiatement, les jeunes communistes de Paris ont pris l’initiative de faire circuler une pétition de protestation. Cependant, face à l’obstination des dirigeants du MJC et les pressions exercées sur ceux qui défendaient les toulousains, ces derniers n’ont eu d’autre choix que de rédiger un tract de protestation et de le diffuser auprès des délégués de l’ANA.

Le caractère politique de l’attitude des dirigeants du MJC est parfaitement clair. Ce sont des réformistes notoirement hostiles aux idées marxistes que défend La Riposte. Le samedi matin, Jérôme Métellus, membre actif de La Riposte et délégué à l’ANA pour le MJC de Paris, s’est lui aussi vu refuser un moment l’accès à la salle de conférence. Lorsque le trésorier national du MJC, un dénommé Patrice Beloncle, lui a barré le chemin, Jérôme lui a montré le badge accroché à sa chemise. Devant plusieurs témoins, Patrice Beloncle lui a aussitôt arraché le badge. Ce n’est que grâce aux vives protestations d’autres délégués que son badge lui a été finalement rendu. Alors que plusieurs membres du MJC de Paris avaient été admis à l’assemblée en tant qu’observateurs, ceux qui étaient soupçonnés de partager les idées de La Riposte ont été systématiquement refusés. Enfin, Greg Oxley, rédacteur de La Riposte et membre du CE de la section PCF de Paris 10e, qui est venu sur place dans l’espoir de mieux comprendre pourquoi on traitait ainsi les lecteurs du journal, a lui-même été traité d’une manière scandaleuse. Alors qu’il attendait tranquillement dans le hall du rez-de-chaussée, il a subitement été saisi par le « gros bras » de service, Patrice Beloncle, puis bousculé manu militari vers la sortie et jeté dehors comme un mal-propre.

Devant l’assemblée, Clément Ortega a déclaré qu’il n’est pas acceptable que les militants du MJC « soient influencés par d’autres organisations ». Ceci est parfaitement ridicule. Le MJC n’existe pas en vase clos, sous la seule « influence » de ses propres dirigeants. Les jeunes communistes lisent, entendent et discutent. Ils ont parfaitement le droit d’être convaincus, ou non, par les idées de qui que ce soit. Ils sont assez grands pour ne pas avoir besoin d’être protégés contre de « mauvaises influences ». Le problème n’est pas de savoir d’où viennent les idées politiques des jeunes communistes, mais de savoir si elles sont valables ou non.

Certains représentants de la direction du MJC ont même laissé entendre qu’il était interdit aux membres du MJC d’appartenir à d’autres associations. Il n’y a rien, dans les statuts du MJC, qui justifie une telle affirmation. Bien au contraire : le MJC, comme le PCF, a toujours encouragé ses adhérents à participer à la vie associative. De nombreux militants du MJC sont également membres d’un syndicat, du MRAP, d’ATTAC et d’autres associations de ce genre.

La Riposte est une association déclarée sous la loi de 1901, et dont l’objectif est de défendre les idées du marxisme dans le mouvement ouvrier. Aussi, personne ne sera étonné d’apprendre que la vaste majorité des personnes qui manifestent un intérêt pour ses idées et ses activités sont de sensibilité communiste, et souvent membres du PCF, du MJC ou de la CGT. De même que certaines associations, comme par exemple SOS Racisme, ont traditionnellement soutenu le Parti Socialiste, La Riposte a décidé de soutenir activement les candidats du PCF, dans toutes les élections, et ce indépendamment des divergences que nous avons sur tel ou tel point de la politique du parti.

Le traitement réservé aux jeunes communistes de Toulouse est totalement inacceptable de tous les points de vue. Nadhia Kacel et son entourage ont bien évidemment le droit de ne pas apprécier les idées de La Riposte. Mais celles-ci ne pourront pas être combattues par des manœuvres et des discriminations organisationnelles contre les jeunes communistes qui trouvent ces idées intéressantes.

Il faudrait traiter la question politiquement. Ce qui fait que La Riposteintéresse des militants du PCF et du MJC, ce sont ses textes théoriques sur le marxisme, son programme, ses analyses et perspectives sociales, politiques et économiques, ses publications sur la révolution vénézuélienne et sur d’autres questions internationales - autant de choses qu’ils ont bien du mal à trouver dans les écrits des dirigeants du MJC. Si on cherche à diminuer l’« influence » de La Riposte, c’est sur ce terrain-là qu’il faut l’affronter. Après tout, si ses idées sont complètement insensées, il devrait être possible de le démontrer par des arguments politiques, dans le respect des droits démocratiques de chacun. A l’inverse, le recours à des méthodes arbitraires pour étouffer le débat, comme celles qui ont été utilisées contre les délégués toulousains, témoignent d’un total manque de confiance, de la part des dirigeants du MJC, sur le plan des idées politiques.

De telles méthodes vont complètement à l’encontre de l’esprit d’ouverture, de dialogue et d’échange démocratique qui fait la force du PCF et du MJC. En même temps, les détracteurs de La Riposte n’empêcheront pas les idées du marxisme de progresser dans les rangs du MJC, car elles répondent aux aspirations révolutionnaires des jeunes communistes.

Christophe C., secrétaire de la section JC de Toulouse, membre du bureau de la section PCF Toulouse Nord-Est, représentant syndical CGT aéronautique.

Hubert Prévaud, trésorier de la section JC de Toulouse, membre du bureau de la section PCF Toulouse Nord-Est, délégué du personnel Airbus.

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