Gisèle Cailloux, membre du Conseil National du PCF, a été « choquée » par l’article que nous avons publié dans notre journal, sur notre site web, et qui a pour titre : Yves Dimicoli : pour combattre le capitalisme, il faut subventionner les capitalistes ! Elle nous a envoyé un texte pour répondre à l’article (ici). Par ailleurs, le site du réseau « Action Novation Révolution » (Yves Dimicoli, Nicolas Marchand, etc.) publie l’article de Gisèle Cailloux et reproche à La Riposte d’avoir engagé « une mauvaise polémique sur des propositions révolutionnaires ». Malheureusement, Gisèle ne répond à aucun des arguments de Greg Oxley. Elle se contente de reformuler la proposition de Dimicoli. Ce dernier propose la prise en charge totale ou partielle des intérêts sur les emprunts contractés par les capitalistes, à condition que ceux-ci investissent pour créer des emplois et/ou des formations.

Que Gisèle Cailloux le veuille ou non, cette prise en charge constituerait bel et bien une subvention accordée aux capitalistes. Et comme Greg Oxley l’expliquait dans l’article en question, non seulement cette mesure n’a absolument rien de « révolutionnaire », mais elle n’apporterait strictement rien aux travailleurs, et ne devrait pas figurer dans le programme du PCF. Gisèle Cailloux déclare que ces subventions auraient pour contrepartie de « nouveaux droits » pour les salariés. Nous reviendrons sur ce point un peu plus loin. Mais une subvention est une subvention, même sous conditions, et même si on la rebaptise « bonification ».

La Riposte est tout à fait favorable à un débat ouvert, fraternel et constructif entre communistes sur des questions de théorie, de programme et de stratégie. De ce point de vue, le texte de Gisèle Cailloux est bienvenu. Cependant, il importe de ne pas faire dire aux camarades ce qu’ils n’ont jamais dit. Gisèle Cailloux écrit : « Je pourrais, comme le fait Greg Oxley, faire une page de démonstration taxant la Sécurité Sociale de mesure réformiste. » Or, dans son article, Greg Oxley ne parle pas de la Sécurité Sociale, et jamais La Riposte n’a présenté la Sécurité Sociale comme un « présent » ou une subvention accordée aux capitalistes. Inutile de polémiquer contre des idées qui ne sont pas les nôtres. L’introduction de la Sécurité Sociale était effectivement une réforme – et une réforme très importante. Actuellement, elle est menacée par les capitalistes et leur gouvernement. La Riposte soutient sans réserve la lutte pour défendre cette réforme ainsi que toutes les autres conquêtes sociales. Les travailleurs ont tout intérêt à se mobiliser massivement pour défendre la Sécurité Sociale. Par contre, on imagine difficilement un mouvement de grève ou des manifestations pour réclamer des prêts bancaires moins chers pour le patronat !

Le marxisme ne s’oppose pas à la lutte pour obtenir des réformes ou pour défendre et améliorer des réformes obtenues par le passé. Mais il se distingue du réformisme, qui lui se limite à des réformes et autres palliatifs dans le cadre du capitalisme. Tant que le capitalisme existera, les réformes obtenues dans le passé seront menacées. La lutte pour la défense des réformes sociales est donc indissociable de la nécessité d’en finir avec le capitalisme.

La camarade ouvre son argumentation par une explication du rôle des banques. Les banques ne prêtent pas à n’importe qui, dit-elle. Elles ont des critères de solvabilité. Elles veulent des garanties pour être sûres de retrouver l’argent qu’elles prêtent – plus les intérêts. Là où elles estiment que les risques sont plus importants, elles refusent les financements demandés, ou les accordent à des tarifs plus élevés. Gisele précise aussi que les banques participent à des restructurations, des délocalisations, des OPA, des fusions, etc., avec, à la clé, des suppressions d’emplois. Elle dit que les profits dégagés par de telles opérations sont souvent réinvestis dans la spéculation financière. Tout ceci est parfaitement exact. Mais Gisèle ne nous dit pas pourquoi cela changerait si les intérêts sur les crédits accordés aux capitalistes étaient pris en charge par les contribuables. Du coup, on ne voit pas en quoi cette description des pratiques bancaires milite en faveur des subventions proposées. Elle écrit : « Par exemple, Latécoère n’obtient pas, pour l’instant et dans le contexte actuel, les soutiens bancaires lui permettant l’achat des établissements EADS : l’aéronautique étant considéré comme à risque à moyen terme. » Mais le PCF est-il favorable à l’achat des usines d’EADS par Latécoère ? Espérons que non. Si Latécoère manque d’argent pour développer son empire capitaliste et poursuivre à une échelle encore plus grande sa politique rétrograde à l’égard des salariés, ce n’est pas le problème du PCF. L’agrandissement de Latécoère n’aurait rien de progressiste. Que vient faire cet exemple dans le débat ?

Exonérations et « bonifications »

Gisèle explique que les 27 milliards d’exonérations de cotisations sociales dont les capitalistes bénéficient chaque année – et qui pour la plupart ont été mises en place, rappelons-le, sous le gouvernement socialiste-communiste de 1997-2002 – reviennent à augmenter les marges de profit des capitalistes, qui servent souvent à des opérations spéculatives. C’est exact, et la camarade a raison de dénoncer ces exonérations qui ont été approuvées, à l’époque, par les dirigeants du PCF.

Mais là où nous ne suivons plus Gisèle Cailloux, c’est lorsqu’elle présente comme « révolutionnaire » l’idée d’utiliser ces 27 milliards pour payer – sous certaines conditions – les intérêts que ces mêmes capitalistes doivent aux banques. Elle semble voir dans cette nouvelle forme de subvention quelque chose de radicalement différent. « Il ne s’agit pas de subventions mais bien d’une bonification d’intérêt, pas un détail ! », écrit-elle : « …d’un côté 27 milliards d’exonérations de cotisations sociales pratiquées par les gouvernements de droite et socialistes, qui gonflent d’autant les profits, de l’autre 27 milliards qui permettraient de dégager 540 milliards de prêts pour développer les entreprises et l’emploi. » Pour parvenir au chiffre de 540 milliards, Gisèle prend l’exemple d’un taux d’intérêt de 5%. Ainsi, grâce à la prise en charge, par l’Etat, des 27 milliards d’intérêts, les capitalistes n’hésiteraient pas à s’endetter à hauteur de 540 milliards – le tout en créant des emplois, des formations (correctement payées, bien sûr !), et en accordant toute une série de « nouveaux droits » aux salariés.

En fait, cette argumentation ne tient pas la route une seconde. Les emprunts contractés par les capitalistes ont un coût pour eux. Il leur faut rembourser les sommes empruntées, plus les intérêts. Or, d’où vient l’argent de ces remboursements ? De l’exploitation du travail salarié. Si, comme le propose Dimicoli, l’Etat réduit le montant que le capitaliste doit payer aux banques en transférant le fardeau sur la collectivité, ceci revient à augmenter d’autant la part de la plus-value (le travail impayé du salarié) que conserve le capitaliste. Les exonérations et les « bonifications » sont deux façons de parvenir à un résultat identique : augmenter la rentabilité du capital. La seule différence entre les deux propositions, c’est que les actuelles exonérations de cotisations sociales s’appliquent – selon divers critères – à l’ensemble des capitalistes, alors que les « bonifications » proposées par Dimicoli seraient réservées aux capitalistes ayant le double mérite d’embaucher des travailleurs à exploiter et… de plonger leurs entreprises dans la dette.

Gisèle avance l’argument selon lequel les frais financiers des capitalistes les incitent à renforcer l’exploitation des salariés et à tirer tous les coûts vers le bas : « Comme il ne faut pas que les frais financiers viennent perturber la profitabilité de l’entreprise au service des dividendes des actionnaires, c’est une pression accrue sur les salaires, et sur le réseau de sous-traitant déjà bien étranglé et sommé de baisser ses prix dans des proportions importantes. » En effet, si les capitalistes avaient à payer 27 milliards d’intérêts, ils le feraient à partir de la plus-value extraite de l’exploitation des salariés. Toutes les ressources financières des capitalistes viennent de cette exploitation, directement ou indirectement. Mais Gisèle semble oublier que ceci est vrai non seulement des intérêts, mais aussi du montant de l’emprunt – à savoir les 540 milliards que les banques auraient versés dans leurs coffres « pour investir » ! Si une charge de 27 milliards se traduisait, selon l’argumentation de Gisèle, par une pression accrue sur les salaires et les conditions de travail, que dire des 540 milliards qui restent tout de même à rembourser ? Cette somme colossale devrait elle aussi être retrouvée au moyen d’une exploitation accrue des salariés. C’est pour cette raison que La Riposte n’est pas d’accord avec la politique économique actuelle du PCF (dont Yves Dimicoli est l’un des principaux inspirateurs) dans laquelle le crédit, c’est-à-dire l’endettement, occupe la place centrale, et est manifestement considéré comme un moyen d’annuler ou de contourner les mécanismes de l’économie capitaliste, tout en laissant le système intact.

Par ailleurs, si l’on admet que les frais financiers des employeurs sont nuisibles aux intérêts des salariés, parce que l’employeur s’acharne davantage contre les conditions de travail et les salaires afin d’en extraire plus de profit, ce schéma ne s’applique-t-il pas aux employeurs que sont les « collectivités locales » et l’Etat ? Le fait que la dette publique ait atteint des niveaux historiques est l’argument principal du gouvernement pour accroître le degré d’exploitation et de précarité des travailleurs dans les administrations et les services publics. Même si on acceptait l’argument – complètement fallacieux, en l’occurrence – selon lequel des employeurs n’ayant pas d’intérêts à payer seraient moins implacables à l’égard des salariés, la proposition de Dimicoli reviendrait à transférer la charge aux salariés du secteur public. Par la générosité d’un Etat lui-même massivement dans le rouge (1200 milliards d’euros de dette), Dimicoli et Cailloux invitent la classe capitaliste à s’endetter à hauteur de 540 milliards d’euros – soit cinq fois les bénéfices annuels des entreprises du CAC 40 ! – « pour créer des emplois ». Ainsi va le programme « communiste » de ces camarades !

Usine à gaz

La politique économique actuelle du PCF est un ensemble de mesures fiscales en faveur des capitalistes qui « favorisent l’emploi », assorties de taxes sur les profits, sur les opérations de spéculation financière, d’amendes et des sanctions contre les capitalistes qui font des choses répréhensibles, etc. L’Humanité et L’Humanité Dimanche ont publié plusieurs textes estimant à 80 milliards d’euros la somme que pourrait récolter l’Etat par l’application des taxes proposées par le parti. Ce système de « bonus-malus », pour reprendre l’expression employée dans le programme du parti, est tout ce que la direction actuelle a trouvé pour remplacer l’expropriation des capitalistes, désormais bannie des textes officiels.

Ici, Gisèle proteste : Dimicoli, dit-elle, a évoqué une éventuelle renationalisation des banques. Mais, en tant que membre du CN, elle doit savoir que cette mesure n’est pas clairement formulée dans les textes du parti – et, surtout, qu’elle est totalement absente de sa propagande publique. Dans le domaine industriel, même dans le cas d’entreprises directement menacées de fermeture ou de délocalisation, la direction nationale du parti n’a jamais milité pour leur nationalisation sous le contrôle des salariés. La vérité, c’est que le programme du PCF est entièrement fondé, d’un bout à l’autre, sur le maintien de la propriété privée des banques et des moyens de production.

Mais, objectera-t-on peut-être, les dirigeants du parti ne se déclarent-ils pas favorables à la « réappropriation sociale » des entreprises ? Il est vrai qu’on trouve cette expression, ici et là, dans les textes du parti. Mais ce qu’il faut entendre par là est plutôt vague. Cette formule permet avant tout d’éviter de parler de nationalisation ou d’expropriation des capitalistes. Prenons le cas précis des travailleurs d’Air France. Cette entreprise a été privatisée sous l’autorité directe d’un ministre communiste. Pour « faire passer la pilule », le ministre en question, Jean-Claude Gayssot, a distribué des actions aux salariés à hauteur de 11% du capital de l’entreprise, et ne s’est pas privé de présenter cette manœuvre comme une « conquête » en matière d’« appropriation sociale ». Gisèle mentionne cette notion dans son texte. Les propositions de Dimicoli, dit-elle, « ne s’opposent pas bien sûr à la réappropriation sociale d’entreprises privatisées (et d’autres) ». Mais l’exemple d’Air France (et d’autres) nous oblige, à notre grand regret, à interpréter cette affirmation dans le sens inverse, à savoir que de toute évidence, dans l’esprit des dirigeants du parti, les propositions de Dimicoli et la « réappropriation sociale » ne sont  pas incompatibles avec la privatisation ! Mais peut-être que Dimicoli et Cailloux reconnaissent que la privatisation d’Air France – entre autres – était une erreur ? Dans ce cas, qu’ils le disent publiquement et en réclament la re-nationalisation.

Pour mémoire, rappelons que le gouvernement de 1997-2002 a massivement privatisé. La valeur des biens publics transférés au secteur capitaliste était de 31 milliards d’euros, sans que les dirigeants du PCF ne lèvent le petit doigt pour l’empêcher – et, dans biens des cas, avec leur participation active. Gisèle nous conjure de « tout lire ». Oui, il faut tout lire. Mais il faut surtout juger de la fiabilité politique des dirigeants du parti à leurs actes. C’est en tout cas ce que font les travailleurs. Et ceci explique largement l’effondrement des bases militante, sociale et électorale du parti au cours de la dernière période.

Le programme de La Riposte comprend des revendications dans le domaine de l’emploi, des conditions de travail, de la santé, du logement, de l’éducation, de la lutte contre le racisme, etc. Notre démarche n’est pas, comme le suggère Gisèle Cailloux, d’« attendre d’avoir tous les pouvoirs et surtout celui de l’Etat (sans les réformistes du PS bien sûr !) pour commencer à avancer et agir pour expérimenter sur ces questions ». Non, bien sûr, nous sommes favorables à toutes les avancées qui pourront améliorer les conditions des travailleurs ou mieux les défendre contre les ravages du capitalisme. Par contre, cela ne veut pas dire avancer n’importe quelle « expérimentation ». De notre point de vue, subventionner les capitalistes est une fausse réforme, un leurre, qui a déjà été maintes fois « expérimenté » sous diverses formes et sans le moindre résultat.

Les capitalistes ne s’intéressent ni au développement des entreprises, ni à l’emploi. Ils s’intéressent uniquement au profit. Et si la préservation de leurs profits passe par la destruction d’entreprises, ils n’hésitent pas une seconde. Parfois, il est vrai, ils embauchent. Il arrive que les maîtres aient besoin de quelques esclaves supplémentaires. Mais comme Greg Oxley l’expliquait dans l’article auquel répond Gisèle, « quand un capitaliste lance un projet comme, par exemple, l’ouverture d’un supermarché, il fera étudier de très près ses besoins en matière d’embauche. Chaque poste de travail, les heures de travail qui sont à effectuer, le type de contrat à proposer, etc., sont étudiés et réduits au strict minimum nécessaire au fonctionnement du magasin. Le but du capitaliste, en toute circonstance, c’est d’embaucher le moins possible, d’une part, et d’autre part d’extraire le maximum de plus-value possible de chaque heure de travail effectuée, en tirant tous les coûts vers le bas, à commencer par les coûts salariaux. Ensuite, effectivement, le capitaliste s’intéressera aux aides et ristournes que l’Etat lui proposera. Ces aides augmenteront la rentabilité de son entreprise. Mais aucun capitaliste, absolument aucun, ne va embaucher un travailleur dont il n’a pas l’utilité, avec ou sans les subventions publiques. La mesure que propose Dimicoli ne favoriserait en aucune manière l’embauche. Elle ne ferait qu’augmenter les profits encaissés par le capitaliste à partir de l’exploitation des salariés dont il a besoin. »

Gisèle Cailloux ne répond pas à ces arguments. Elle préfère caricaturer notre point de vue en écrivant : « Autant suivre le mot d’ordre d’Arlette Laguiller : réquisitionnons les usines ! C’est beau comme du Verlaine mais on n’est pas prêt d’en voir le bout ! » C’est bien la première fois qu’on aura comparé la prose de Lutte Ouvrière à l’œuvre de Verlaine. Mais plus sérieusement, la camarade Cailloux s’attaque une fois de plus à une idée qui n’est pas la nôtre. La Riposte n’a jamais réclamé la « réquisition » des entreprises. Par contre, il est vrai que nous nous efforçons d’expliquer – en lien avec les luttes défensives ou pour des avancées plus immédiates – la nécessité d’en finir avec la propriété capitaliste de toutes les banques, des compagnies d’assurances et des organismes de crédit, de toutes les industries importantes, des entreprises de la grande distribution – et la nécessité de placer tous ces grands leviers de l’économie sous le contrôle et la gestion démocratiques des travailleurs eux-mêmes. Cet objectif forme l’axe central de notre propagande, et il devrait aussi, à notre avis, former l’axe central du programme du PCF. Au lieu de quoi nous avons affaire à une usine à gaz de mesures fiscales complètement incohérentes et irréalistes, qui visent à imprimer une « logique anti-capitaliste » au capitalisme !

Pour Dimicoli et la direction actuelle du parti, la lutte pour l’expropriation des capitalistes n’est plus à l’ordre du jour. Elle ne trouve, en tout cas, absolument aucune expression dans le programme du parti. Leur démarche revient à inciter par-ci, à dissuader par-là, à récompenser ou à pénaliser les capitalistes selon leur comportement, mais en aucun cas à remettre en cause la source de leur pouvoir, à savoir la propriété capitaliste.

Résumons. Dans le programme économique du parti – qui, répétons-le, s’inspire largement des idées de Dimicoli – on trouve le prélèvement de 80 milliards d’euros dans les caisses des capitalistes (l’équivalent de 80% des bénéfices du CAC40). Ensuite, au moins 27 milliards seraient reversés aux capitalistes qui s’endettent, à condition qu’ils aient la gentillesse de faire des profits par le biais de l’exploitation directe des travailleurs, et non par la « spéculation ». Le tout forme une vaste panoplie de mécanismes de « bonus-malus », selon le comportement des capitalistes concernés. Le parti réclame aussi des nouveaux droits pour les salariés. Comme le dit Gisèle, « cela doit s’accompagner d’une augmentation considérable des droits d’intervention réels des salariés et de leurs organisations syndicales, des droits des collectivités locales, départementales, régionales et nationales tant la question du développement de l’emploi sur nos territoires concerne aussi toutes les collectivités et les citoyens. »

Le problème, c’est que les capitalistes à qui on inflige des taxes massives et à qui on impose toutes sortes de contrôles et contraintes ne vont pas rester passifs. En 1981, face aux réformes mises en œuvre par le gouvernement de l’époque, ils ont riposté au moyen d’une fuite massive de capitaux et d’une « grève d’investissement ». Si les capitalistes estiment que leurs profits sont sérieusement menacés, ils procéderont à des fermetures et des délocalisations, ou encore se tourneront davantage vers la « spéculation financière » que les mesures proposées par le parti sont censées combattre.

Or, que propose le programme du PCF pour empêcher ces fermetures et délocalisations ? Absolument rien. Dimicoli non plus. Sous le capitalisme, les « droits » des salariés ne peuvent jamais être davantage que les droits des exploités, que les droits des gens à la merci de la classe qui possède les moyens de production et d’échange. Oui, il faut lutter pour défendre et étendre les droits des salariés, mais il faut expliquer, en même temps, que tant que les capitalistes conservent la propriété des entreprises, ces acquis se retourneront tôt ou tard contre les travailleurs. Il faut donc lier la lutte pour la défense des droits et des conditions de travail à la nécessité d’exproprier les capitalistes. C’est ce que fait La Riposte, et c’est ce que ne font pas Dimicoli et la direction actuelle du parti. C’est toute la différence entre le marxisme et le réformisme.

A l’heure où l’économie américaine plonge dans la récession et où les économies européennes s’engagent sur la même pente, les capitalistes redoublent leur offensive contre toutes les conquêtes sociales du passé. Les réformes fiscales, les subventions, les « bonifications » et autres dispositifs de « bonus-malus », qui forment l’ossature de la politique économique du parti, s’avéreront complètement impuissants face à la férocité de cette offensive. Le Parti Communiste a besoin d’un programme authentiquement révolutionnaire. Il est grand temps de tourner le dos aux notions farfelues du réformisme « anti-libéral » et de rétablir les idées, la théorie et le programme du marxisme au sein du PCF.

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