Midas, c’est un peu le Fast food de la voiture : système de freinage, vidange, pneumatique, réparation de feux... On répare tout et vite. D’origine américaine, l’entreprise est devenue multinationale (détenue par le groupe Mobivia) et opère désormais sur tous les continents. Elle compte quelque 2700 points de vente dans le monde, dont 607 en Europe. En général, il y a une dizaine de salariés par garage.

Conditions de travail

Etre salarié chez Midas, c’est travailler 35 heures (quand on ne fait pas des heures supplémentaires) pour être payé au SMIC. Mais c’est aussi travailler dans le bruit perpétuel des outils : les clés, tournevis et marteaux, extensions naturelles de la main au travail, tirent et usent bras, épaule et dos. De 8 h à 19 h, il y a toujours quelqu’un pour assurer la vie de l’atelier : les heures de pause-déjeuner ne se font jamais en même temps, de façon à ce qu’il y ait toujours un salarié pour accueillir les clients et leurs voitures. On mange donc quand le travail en donne le temps.

Les nuisances sonores, des pneus qui « pètent », le bruit des moteurs et des outils ne sont pas les seules contraintes quand on travaille dans un garage. Malgré les machines pour y évacuer l’air, on respire toujours la pollution des voitures présentes. Du fait du travail, essentiellement lié à l’entretien rapide des véhicules, les salariés reproduisent souvent les mêmes tâches : faire des vidanges, remplacer des pneus, changer les ampoules des feux... Par jour, un salarié peut réparer jusqu’à sept voitures en répétant souvent les mêmes tâches. Le travail est répétitif, mais il doit être rigoureux. Les outils sont utilisés par tous les salariés. Chaque pièce doit être rangée à un endroit précis pour que chacun les retrouve.

Clients factices

Au fond, les problèmes au travail sont moins liés à l’atelier lui-même qu’à la politique de la direction. Si les dirigeants de Midas ne viennent pas souvent dans les garages, ils ne sont jamais bien loin pour contrôler les salariés. La direction embauche des personnes chargées d’appeler les garages et se faire passer pour des clients. Les garagistes sont alors enregistrés et notés sur le site interne de la boîte... Bien sûr, pour avoir une « bonne note », il faut être poli avec la clientèle, mais il faut surtout vendre les promotions et donner de « bons » conseils, histoire de faire grimper le prix de la réparation. Ce genre de manœuvre n’est pas indispensable au bon fonctionnement des voitures, mais il permet au groupe Mobivia d’augmenter son chiffre d’affaires : 1,76 milliard d’euros en 2015.

On l’a dit : les responsables du centre de Midas ne viennent pas souvent dans les garages. Mais quand la direction les envoie, ce n’est pas pour faire des compliments. Par exemple, un avertissement a été donné à un salarié pour avoir fumé une cigarette à l’extérieur du garage, sous prétexte qu’il est interdit de fumer, pour des raisons de sécurité... à l’intérieur.

Par contre, on ne peut pas reprocher à la direction de Midas de ne pas offrir des cadeaux de Noël : une journée à Disneyland pour tous ses salariés et leur famille ! Sauf que Midas a une vision plutôt étroite de la « famille » (mari, femme et enfants). Les autres vont à Disneyland seuls ou pas du tout – et pas moyen de tricher : Midas demande les cartes d’identité et remet les places en main propre, à l’entrée du parc d’attractions.

Nous écrire au sujet de cet article

Merci d'entrer votre nom
Merci d'entrer votre e-mail Adresse email non valide
Merci d'entrer votre lessage

Si vous aimez cet article, abonnez-vous ou soutenez-nous !