La Loi de Financement de la Sécurité Sociale 2018 prévoit la suppression des cotisations maladie et de chômage prélevées sur les salaires. Les services et établissements de santé sont sommés de faire des économies. Les hôpitaux sont contraints de constituer des « Groupements Hospitaliers de Territoire ». Cela entraîne des fermetures de services, de plus en plus de déplacements pour les patients et des cadences de travail encore plus dures pour les personnels de santé, alors que la limite du supportable a été dépassée depuis longtemps.

A l’hôpital Pierre Paul Riquet (PPR) de Toulouse, suite à la fermeture de deux services sur cinq, les agents du pôle Médecine et Traumatologie ont engagé, le 15 janvier, un mouvement de grève illimitée.

D’après un communiqué de la CGT, la direction de l’hôpital a recours aux mêmes méthodes managériales que lors de la réorganisation des services d’urgence, laquelle avait entraîné de graves troubles psychosociaux chez les salariés, y compris des suicides.

La réorganisation des services à Paul Riquet impacterait gravement les conditions de travail des agents, mais aussi la qualité des soins. En effet, aucune solution de remplacement n’est prévue pour pallier les absences. Simplement, certains soins seront annulés ou reportés, sur fond de cadences infernales : vacations surchargées (avec, parfois, 24 patients pour une infirmière) ; au moins 26 week-ends travaillés par an ; aucune garantie de pouvoir prendre les congés en famille...

Grève des « transporteurs »

Ce mouvement à l’hôpital PPR s’inscrit dans la continuité de la lutte des agents du service « transports de prélèvements » du CHU de Toulouse et du 801 (logistique du pôle ressources matérielles), en grève depuis le 16 octobre. Les conditions de travail de ces personnels se dégradent d’année en année : pressions managériales, manque de moyens et de personnels...

Un transporteur rencontré sur le piquet de grève, le 15 janvier, nous a parlé de ses conditions de travail : « On manipule des restes d’opérations : fœtus, tumeurs et d’autres choses sorties de patients qui ne sont pas en bonne santé. On nous certifie que l’on ne prend aucun risque, mais pourtant d’autres services qui manipulent moins de matériel bénéficient de la prime de risque.

« Le Directeur général avait écrit qu’il “étendrait la doctrine” d’une prime si les agents arrivaient à prouver que d’autres transporteurs la touchaient au CHU de Toulouse. Malgré la preuve présentée par les agents (fiches de paye), l’engagement n’a pas été tenu.

« En plus des risques sanitaires, la carrière des transporteurs est entravée. Il y a des gens chez nous qui, après 15 à 20 ans de carrière, ont toujours les mêmes grades. »

Les agents hospitaliers sont déterminés à se battre pour regagner les moyens d’exercer dignement leur profession. Soutenons-les : Le Pot Commun

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