Les universités subissent durement les conséquences des contre-réformes de ces dernières années (loi LRU, Fioraso) [1]. Elles ont accru le pouvoir des présidents d’universités dans la gestion des ressources humaines, la détermination des moyens de formation – et leur financement. Conséquence : depuis plusieurs années, les facultés se retrouvent en grande difficulté financière en raison du désengagement de l’Etat dans l’enseignement supérieur et la recherche.

C’est le cas, notamment, de l’Université Toulouse III (Paul Sabatier), qui accuse un déficit budgétaire depuis plusieurs années. Or après deux années consécutives de déficit, l’Université est tenue par la loi de présenter un plan de redressement. C’est ce qu’a fait le président Jean-Pierre Vinel, qui a tenté de maquiller l’opération en dénommant ce plan « Pacte de développement de l’Université ».

Ce plan de « développement » consiste à économiser 16 millions d’euros sur les trois prochaines années, à compter de la rentrée 2017. Cela implique la suppression de 200 postes d’enseignants, doctorants, personnels techniques et administratifs, au moyen du non-remplacement des départs à la retraite et du non-renouvellement de CDD.

A Paul Sabatier, le nombre d’étudiants augmente chaque année. Cette faculté n’est déjà plus en mesure de les accueillir correctement. Dès la rentrée 2016, avant même la mise en œuvre du « plan », le constat de désorganisation est accablant :

- Des plannings inexistants, des dizaines de milliers de cours/TD/TP supprimés, des cours sans salles, des amphis et des TD surchargés, des matériels et locaux dégradés.
- Pour les personnels et enseignants, une souffrance au travail croissante, une précarisation importante des emplois, des secrétariats débordés (formations sans secrétaires… ou secrétaires sans formation !)

Le « plan de redressement » proposé par Mr Vinel ne fera qu’aggraver les conditions de travail du personnel et entrainera une formation au rabais des étudiants.

13 jours de grève

Dès l’annonce du « plan », en juin dernier, des salariés et des étudiants se sont mobilisés à travers l’intersyndicale CGT-FO-FSU-SUD-UNSA-UNEF. En plein mois de juillet, alors que la fac était largement désertée, ils sont parvenus à empêcher le vote du « plan » par le Conseil d’Administration.

Depuis la rentrée, la mobilisation continue, malgré les difficultés pour mobiliser la masse des étudiants et les personnels les plus précaires. Une grève a été votée le 26 septembre et reconduite lors des différentes Assemblées Générales organisées par l’intersyndicale. Mais le plan de redressement a finalement été voté le 28 septembre, au Rectorat, lors d’une réunion à huis clos du Conseil d’Administration – sous protection policière !

La grève a duré jusqu’au 12 octobre, date à laquelle les étudiants et personnels étaient conviés à une journée RSU (« Responsabilité Sociale et Sociétale de l’Université »), en présence de représentants du gouvernement et de la Région. Face à une telle provocation, les étudiants et les personnels mobilisés ont perturbé cette réunion, qui a dû être interrompue.

Le lendemain, l’Assemblée Générale des personnels et étudiants a voté la fin de la grève, qui a donc duré 13 jours. Mais l’opposition au plan de redressement reste intacte et des assemblées et des réunions vont continuer à être organisées sur le sujet, afin de porter les revendications des personnels et étudiants :

- retour de la masse salariale des universités dans le budget de l’Etat.
- création de postes de fonctionnaires titulaires.
- maintien du statut national des personnels.
- aucun poste gelé et titularisation des contractuels par la création de postes statutaires.
- des moyens suffisants pour assurer le fonctionnement de l’Université.
- arrêt de la mise en place de la réforme Fioraso.


[1] Voir l’article Réforme de l’université : austérité et inégalités croissantes

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