La condamnation des anciens salariés de l’usine Goodyear à Amiens-Nord (Somme) s’inscrit dans une campagne systématique de criminalisation des mouvements sociaux et de l’action syndicale. Les autres cas les plus connus sont Air-France et les Contis. Mais de nombreux salariés impliqués dans des luttes moins connues subissent des tentatives de criminalisation.

En voici quelques exemples. A Montauban, Christophe Couderc, Secrétaire Général CGT de la clinique des Ponts de Chaume, a été convoqué au commissariat sur la base d’une commission rogatoire délivrée par le juge dans le but d’intimider la CGT, suite à la lutte victorieuse des soignants de la clinique. A Port-Saint-Louis-du-Rhône, dans les Bouches-du-Rhône, neuf caissières d’un supermarché du groupe Casino ont été convoquées à la gendarmerie pour le vol supposé d’un paquet de bonbons, lorsqu’elles ont fait grève avec occupation des locaux. Dans le Gers, ce sont deux représentants de la CGT (le secrétaire de l’UD et le responsable départemental CGT Santé) qui ont été auditionnés au commissariat après un conflit avec la direction de la polyclinique de Gascogne.

Dans l’affaire Goodyear, c’est le procureur de la République qui a choisi de poursuivre les 8 ouvriers, alors que les « victimes » et la direction de l’entreprise avaient retiré leur plainte. La condamnation de ces salariés est donc in fine le résultat de poursuites judiciaires engagées par l’Etat à travers le procureur de la République. Comme il est dit dans l’appel international ci-dessous, « il s’agit d’une décision politique, assumée et défendue au plus haut niveau de l’Etat » dans le but « d’intimider l’ensemble de la classe ouvrière française ».

Comités de soutien

Dans ce contexte, les 8 ouvriers de Goodyear ont décidé de créer des comités de soutien pour dénoncer cette criminalisation du syndicalisme et organiser la contre-attaque militante.

Le 16 février dernier, à la Bourse du travail de Paris, la première réunion des comités de soutien aux 8 de Goodyear s’est tenue en présence de 300 personnes. Les orateurs se sont succédé pour dénoncer la chasse juridique aux syndicalistes dans différents secteurs de l’économie. Le constat était unanime.

L’intervention de Mickaël Wamen (CGT), l’un des 8 condamnés, était très combative. Il a expliqué la nécessité d’étendre l’action des comités à la lutte contre toute la politique anti-sociale du gouvernement et du MEDEF. Anticipant l’annonce de la loi El Khomri, Mickaël a souligné les limites des journées d’action ponctuelles et insisté sur la nécessité de construire un mouvement de grève interprofessionnelle reconductible, seul à même de faire reculer le gouvernement.

Convergence des luttes

D’autres intervenants ont insisté sur la nécessité d’organiser la convergence des luttes, pour en finir avec la dispersion des mobilisations (un jour les enseignants, un autre jour les retraités, etc.). Il s’agissait donc de critiques implicites – et parfois explicites – de la direction confédérale de la CGT, qui, ces dernières années, se contente d’organiser des journées d’action ponctuelles et ne favorise pas la convergence des luttes.

Beaucoup d’autres thèmes ont été abordés, et notamment le besoin de renouer avec un syndicalisme offensif, révolutionnaire, qui vise à transférer aux travailleurs le contrôle des moyens de production.

Pour défendre leur point de vue, Mickaël Wamen et d’autres camarades vont participer à des meetings dans toute la France, à l’attention des travailleurs et des étudiants. Des rendez-vous dans des universités sont déjà pris.

Un fonds de lutte est mis en place auquel vous pouvez contribuer en envoyant vos dons à : Comité de soutien des 8 de Goodyear – 74 rue Pierre Corneille – 80080 Amiens.

Pour plus d’infos : blog.cgt-goodyear-nord.com

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